Charles BAUDELAIRE tradotto da Gianni CELATI

I testi delle traduzioni sono tratti da http://www.zibaldoni.it III serie, 9 febbraio 2006.

*

Il viaggio

Charles Baudelaire tradotto da Gianni Celati

A Maxim du Camp

I

Pour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes,
L’univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :

Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D’autres, l’horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d’une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.

Pour n’être pas changés en bêtes, ils s’enivrent
D’espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Ceux-là, dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu’un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l’esprit humain n’a jamais su le nom !

I

Per il bimbo innamorato di carte e di stampe
l’universo è in tutto uguale a un vasto appetito.
Com’è grande il mondo alla luce delle lampe,
e agli occhi del ricordo com’è rattrappito!

Un bel mattino si parte, le menti infiammate,
il cuore pieno di livori e struggimenti amari,
e si segue il ritmo dei marosi alle murate
che culla il nostro infinito sul finito dei mari.

Lieti alcuni di fuggire da una patria trista,
altri con l’orrore dei natali ingloriosi,
altri ancora, astrologhi stregati alla vista
di tiranne Circi dai vezzi pericolosi,

per non farsi tramutare in bestie, con fiducia
s’inebriano di spazi, luce e cieli infuocati,
e il gelo che li morde e il caldo che li brucia
cancellano infine i baci che li han marchiati.

Ma il vero viaggiatore è chi parte per partire,
chi dice soltanto: “Andiamo” e non sa perché
come gli aerostati, a cuor leggero, senza mire,
e accetta il sortilegio che incombe su di sé.

Sono in forma di nuvole i suoi desideri,
e tanto il soldato sogna il fucile come
costui sogna ignoti e mutevoli piaceri,
voluttà di cui la mente non sa il nome.

*

II

Nous imitons, horreur ! la toupie et la boule
Dans leur valse et leurs bonds ; même dans nos sommeils
La Curiosité nous tourmente et nous roule,
Comme un Ange cruel qui fouette des soleils.

Singulière fortune où le but se déplace,
Et, n’étant nulle part, peut être n’importe où !
Où l’Homme, dont jamais l’espérance n’est lasse,
Pour trouver le repos court toujours comme un fou !

Notre âme est un trois-mâts cherchant son Icarie ;
Une voix retentit sur le pont : « Ouvre l’oeil ! »
Une voix de la hune, ardente et folle, crie :
« Amour… gloire… bonheur ! » Enfer ! c’est un écueil !

Chaque îlot signalé par l’homme de vigie
Est un Eldorado promis par le Destin ;
L’Imagination qui dresse son orgie
Ne trouve qu’un récif aux clartés du matin.

Ô le pauvre amoureux des pays chimériques !
Faut-il le mettre aux fers, le jeter à la mer,
Ce matelot ivrogne, inventeur d’Amériques
Dont le mirage rend le gouffre plus amer ?

Tel le vieux vagabond, piétinant dans la boue,
Rêve, le nez en l’air, de brillants paradis ;
Son oeil ensorcelé découvre une Capoue
Partout où la chandelle illumine un taudis.

II

Noi imitiamo le bocce e trottole (tremendo!)
nei lor balzi e danze, ché la Curiosità vuole
tormentarci e farci correre anche dormendo,
come un angelo truce che frusti i cavalli del sole.

Strana sorte, la cui meta si sposta sempre altrove,
e non avendo luogo può essere dovunque;
così mai stanco di sperar l’Uomo si muove,
senza trovare mai riposo e sempre al dunque.

La nostra anima è un veliero che cercando va
il paese d’Icaro; e dal ponte si grida: “Laggiù!”
e dalla coffa: “Amore! Gloria! Felicità!”,
in deliro. L’inferno? Uno scoglio, niente più.

Ogni isolotto indicato dall’uomo di vedetta
è un Eldorado offerto dal nostro Destino;
l’Immaginazione inizia la sua orgia in fretta,
e scopre un nudo scoglio alla luce del mattino.

Povero innamorato di terre chimeriche!
bisogna metterlo ai ferri, gettarlo in mare
quel marinaio ubriaco, inventore di Americhe,
il cui miraggio rende le cadute più amare?

Come un vecchio randagio, tra fango e sporcizie,
sogna lucenti Elisi, fiutando il buon augurio;
e con l’occhio stregato vede luoghi di delizie
appena una candela illumina un tugurio.

*

III

Étonnants voyageurs ! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d’astres et d’éthers.

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile !
Faites, pour égayer l’ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
Vos souvenirs avec leurs cadres d’horizons.

Dites, qu’avez-vous vu ?

III

Strabilianti viaggiatori, quante nobili storie
si leggono nei vostri occhi fondi come i mari!
Mostrateci lo scrigno delle vostre memorie,
fulgide gemme fatte d’aria e spazi stellari!

Noi vogliam viaggiare senza vapore né vela;
alleviate un po’ la noia delle nostre prigioni,
mostrando ai nostri spiriti, tesi come una tela,
squarci d’orizzonte delle vostre evocazioni.

Dite, che avete visto?

*

IV

« Nous avons vu des astres
Et des flots ; nous avons vu des sables aussi ;
Et, malgré bien des chocs et d’imprévus désastres,
Nous nous sommes souvent ennuyés, comme ici.

La gloire du soleil sur la mer violette,
La gloire des cités dans le soleil couchant,
Allumaient dans nos coeurs une ardeur inquiète
De plonger dans un ciel au reflet alléchant.

Les plus riches cités, les plus beaux paysages,
Jamais ne contenaient l’attrait mystérieux
De ceux que le hasard fait avec les nuages.
Et toujours le désir nous rendait soucieux !

– La jouissance ajoute au désir de la force.
Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d’engrais,
Cependant que grossit et durcit ton écorce,
Tes branches veulent voir le soleil de plus près !

Grandiras-tu toujours, grand arbre plus vivace
Que le cyprès ? – Pourtant nous avons, avec soin,
Cueilli quelques croquis pour votre album vorace,
Frères qui trouvez beau tout ce qui vient de loin !

Nous avons salué des idoles à trompe ;
Des trônes constellés de joyaux lumineux ;
Des palais ouvragés dont la féerique pompe
Serait pour vos banquiers un rêve ruineux ;

Des costumes qui sont pour les yeux une ivresse ;
Des femmes dont les dents et les ongles sont teints,
Et des jongleurs savants que le serpent caresse. »

IV

“Vedemmo degli astri
e dei flutti, anche deserti di sabbia, sì,
ma pur tra emozioni e improvvisi disastri,
ci siamo annoiati spesso come accade qui.

Sul mare porpora il sole nel suo fulgore,
nelle città al tramonto le luci calanti,
accendevano in noi un inquieto ardore
d’affondar nei riflessi di cieli appassionanti.

Le città più ricche, i paesaggi più imponenti,
non contenevano mai gli incanti misteriosi
che le nuvole creano a caso tra i venti,
e sempre il desiderio ci rendeva ansiosi.

La gioia dà forza al desiderio: vecchia pianta
delle brame a cui il piacere fa da concime,
cui indurisce la scorza e di rami l’ammanta,
rami tesi a toccare il sole con le cime;

crescerai sempre, grand’albero più vivace
del cipresso? Pur qualche schizzo a mano
l’abbiam tracciato, per il vostr’album vorace,
fratelli che amate tutto quanto vien di lontano.

Fummo al cospetto di idoli proboscidati,
di troni con pietre sfavillanti e manieri
di tal favolosa pompa che, se sognati,
sarebbero la rovina dei nostri banchieri;

vedemmo costumi che danno stordimenti,
donne con unghie e denti tinti in strani stili,
e dotti giocolieri che carezzano i serpenti”.

*

V

Et puis, et puis encore ?

V

E cos’altro ancora?

*

VI

« Ô cerveaux enfantins !

Pour ne pas oublier la chose capitale,
Nous avons vu partout, et sans l’avoir cherché,
Du haut jusques en bas de l’échelle fatale,
Le spectacle ennuyeux de l’immortel péché :

La femme, esclave vile, orgueilleuse et stupide,
Sans rire s’adorant et s’aimant sans dégoût ;
L’homme, tyran goulu, paillard, dur et cupide,
Esclave de l’esclave et ruisseau dans l’égout ;

Le bourreau qui jouit, le martyr qui sanglote ;
La fête qu’assaisonne et parfume le sang ;
Le poison du pouvoir énervant le despote,
Et le peuple amoureux du fouet abrutissant ;

Plusieurs religions semblables à la nôtre,
Toutes escaladant le ciel ; la Sainteté,
Comme en un lit de plume un délicat se vautre,
Dans les clous et le crin cherchant la volupté ;

L’Humanité bavarde, ivre de son génie,
Et, folle maintenant comme elle était jadis,
Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie :
“Ô mon semblable, ô mon maître, je te maudis !”

Et les moins sots, hardis amants de la Démence,
Fuyant le grand troupeau parqué par le Destin,
Et se réfugiant dans l’opium immense !
– Tel est du globe entier l’éternel bulletin. »

VI

“O cervelli infantili,
non va scordata la cosa fondamentale:
dovunque abbiamo visto, senz’averlo cercato,
dalla cima fino in fondo alla scala fatale,
il tedioso spettacolo dell’immortal peccato:

la donna, schiava vile, essere fiero e stupido,
che idoleggia se stessa senza riso o vergogna;
l’uomo, tiranno ingordo, fatuo, duro e cupido,
e schiavo dello schiavo, risucchio di fogna;

e il boia che gioisce e il martire che langue,
e il veleno del potere che il despota stordisce,
la festa che infiora e dà profumo al sangue,
e il popolo avido della frusta che l’abbrutisce;

molte religioni come la nostra, di costume,
danno la scalata ai cieli; mentre la Santità,
come un mondano che si rivolti tra le piume,
su chiodi e crine va cercando la voluttà;

l’Umanità becera, ebbra del proprio genio,
e il folle, ancora folle come al tempo antico,
che grida a Dio, nell’agonia senza ritegno:
– O mio simile e padrone, io ti maledico! –

E i meno stolti, arditi amici della Demenza,
fuggono i grandi greggi ammassati dal Destino,
rifugiandosi nell’oppio d’immensa potenza.
Ecco, del globo intero, l’eterno bollettino”.

*

VII

Amer savoir, celui qu’on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :
Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !

Faut-il partir ? rester ? Si tu peux rester, reste ;
Pars, s’il le faut. L’un court, et l’autre se tapit
Pour tromper l’ennemi vigilant et funeste,
Le Temps ! Il est, hélas ! des coureurs sans répit,

Comme le Juif errant et comme les apôtres,
À qui rien ne suffit, ni wagon ni vaisseau,
Pour fuir ce rétiaire infâme : il en est d’autres
Qui savent le tuer sans quitter leur berceau.

Lorsque enfin il mettra le pied sur notre échine,
Nous pourrons espérer et crier : En avant !
De même qu’autrefois nous partions pour la Chine,
Les yeux fixés au large et les cheveux au vent,

Nous nous embarquerons sur la mer des Ténèbres
Avec le coeur joyeux d’un jeune passager.
Entendez-vous ces voix, charmantes et funèbres,
Qui chantent : « Par ici ! vous qui voulez manger

Le Lotus parfumé ! c’est ici qu’on vendange
Les fruits miraculeux dont votre coeur a faim ;
Venez vous enivrer de la douceur étrange
De cette après-midi qui n’a jamais de fin ! »

À l’accent familier nous devinons le spectre ;
Nos Pylades là-bas tendent leurs bras vers nous.
« Pour rafraîchir ton coeur nage vers ton Électre ! »
Dit celle dont jadis nous baisions les genoux.

VII

Viaggiando si acquistano ben amari saperi!
Il mondo, piccolo e monotono senza rimedio,
ci mostra la nostra immagine, oggi come ieri:
un’oasi d’orrore in un deserto di tedio.

Bisogna partire? Restare? Se puoi, resta.
Parti, se devi. Uno corre, l’altro s’intana,
per ingannar la sorveglianza vigile e funesta
del Tempo ostile. Altri prendono un’andana

senza soste, come gli Apostoli o l’Ebreo errante,
a cui non basta mai carrozza né vascello
per fuggire il martirio; altri, ciò nonostante,
sanno ucciderli senza uscir dal proprio ostello.

Ma quando ci schiacceranno, a testa china,
potremo sperare e dire: “Avanti fratelli!”.
Come si partiva un tempo per la Cina,
con gli occhi fissi al largo e il vento nei capelli.

Sul mare di Tenebre così ci imbarcheremo,
con l’animo d’un passeggero acerbo e ilare,
e le voci ammalianti e funebri che udremo,
canteranno: “Per di qua, se volete gustare

il profumato Loto; è qui che si prepara,
il prodigioso frutto cui il vostro cuore è incline;
venite a stordirvi della sua dolcezza rara,
in questo pomeriggio che non avrà mai fine!”.

Riconosciamo il fantasma dal tono familiare;
gli amici là ci tendono le braccia, mentre agli occhi
ci appare la sorella: “Vieni da Elettra a rinfrescare
il cuor tuo”, fa colei cui baciammo i ginocchi.

*

VIII

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l’ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre,
Nos coeurs que tu connais sont remplis de rayons !

Verse-nous ton poison pour qu’il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?
Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau !

VIII

Morte, vecchio capitano, è tempo di andare!
Questo paese ci annoia, affrontiamo i marosi!
Se neri come l’inchiostro sono cielo e mare,
i nostri cuori che tu conosci son radiosi.

Morte, versaci il tuo veleno, ci conforta.
Vogliamo scender nell’abisso, giù nel covo,
fino a bruciarci il cranio: Inferno o Ciel, che importa?
Fino in fondo all’ignoto per trovare del nuovo.

*

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