Emergenze-Risorgenze (V)

Henri Michaux

Henri Michaux

Henri Michaux
Emergences-Résurgences
Genève, Editions d’Art Albert Skira
“Les sentiers de la création”, 1972

 

Né, élevé, instruit dans un milieu et une
culture uniquement du «verbal» [1]
je peins pour me déconditionner.

[1] et avant l’époque de l’invasion des images

Henri Michaux, Arborescences intérieures, vers 1962-1964

[da qui…]

     Un écrivain cherchait, pour essayer la mescaline qui lui avait été remise, un lieu convenable où personne ne le dérangerait. Chez moi peut-être… Je participerais.
     Gêné, ne voyant pas comment me dérober, j’acceptai.
     Guère envie. Ne m’attendais à rien. Ce serait un échec. Ça n’agirait pas sur moi.
     Au jour dit, dans la pénombre, près d’une heure était déjà passée…

     Tout à coup, formidable coup de gong, le coup de gong de la couleur, de quantité de couleurs, fortes, fortes, qui me tapaient dessus, pressées, perçantes, dissonantes comme des bruits. Martyrisantes.

     Et je n’en voyais encore que le plus superficial.
     Cet impacte ne rassemblait à rien de connu.

     S’il y eut jamais spectacle pour peintre, c’était celui-ci, qui, les premiers temps, presque continûment, ensuite par périodes, huit heures durant, me fut donné comme il a été donné à quantité d’autres.
     Véritable, formidable spectacle optique. Mais infligé plus qu’offert.
     J’étais débordé, inondé.

     Phénoménal rassemblement aigu, exalté, de couleurs distinctes, se pressant l’une contre l’autre, point à point, sans jamais se confondre, sans ralentir leur zigzaguant mouvement sans fin, sans qu’on en pût deviner l’échelle de grandeur, soit microscopique, soit «metropolis», soit cosmique ou même située peut-être dans un autre monde…

     Cette inondation, cette invasion, cette dynamique qui n’était pas comme un tableau, ou une surface couverte, ou même un aspect coloré qu’on veut contempler, était une réponse, la réaction d’un nerf en profondeur dans les voies optiques agressées, martyrisées (le spectacle coloré est secondaire)…
     L’impression était qu’on m’arrachait des couleurs, de moi, de ma tête, d’un certain endroit en arrière dans mon cerveau.
     Sans doute il y avait envahissement coloré (lequel, comme une inondation, avait déjà un côté excessif, à faire peur, à faire qu’on voulait plutôt s’en débarrasser de cette chenillante couverture de couleurs qui vous recouvrait) mais je ne pouvais oublier que c’étaient des couleurs par violation de mon intégrité. C’est moi qui sans le vouloir étais occupé à la colorofabrication.

     Irritation extrême comme celle d’une peau chaude et fiévreuse qui fait qu’on se gratte, mais irritation purement en brillances, en pétillements lumineux, punctiformes, terrible infini de photons, mais sans lumière… et… sans photons.
     Sauvage titillation d’un nerf dans l’obscurité.
     Images comme réponse. Images comme énergie. Images comme des piqûres.

     La journée, la journée presque entière passait en visualisations.
     Constamment en ces heures étirées je recevais, les yeux fermés, la preuve que l’image est un certain immédiat que le langage ne peut traduire que de très loin, et qu’elle a dans l’esprit une place vraiment à part, matière première pour la pensée.
     Le passage de l’une à l’autre, la disparition de l’une dans l’autre (où elle s’achève), ici (souvent) on pouvait le voir, on l’avait en spectacle.

     J’avais aussi des visions.
     Je croyais voir des apparitions.
     J’assistais – exaltée et dérangée – à ma fonction imaginogène.

     Si pendant les heures suivantes, où je me sentais ou me croyais libéré, si quoique las, et quoiqu’il m’en coutât un effort souvent peu récompensé, je me mettais à dessiner, alors aux premiers traits esquissés j’en voyais d’autres se superposer, zigzaguants, minuscules, nombreux, bien plus rapides que ceux que j’eusse pu tracer, présences ininvitées, personnages, ou petites bêtes, avant-garde d’une considérable et pressante foule en marche vers moi ou vers la page ou vers le lieu du dessin. La page blanche ne restait pas blanche longtemps; même si d’abord par l’effet d’une rapide lassitude je ne pouvais tracer plus d’une demi-douzaine de traits, ils suffisaient pour que de toutes parts – afflux soudain – bientôt toute une masse se mît à bouger.
     Espace occupé, suroccupé, d’une occupation incessamment renouvelée, espace pullulant de nouveaux venus.
     C’est inouï alors comme de toutes parts ils abordaient dans l’espace blanc et je n’aurais pu, même très actif, suffire à les suivre au crayon, fût-ce dans le moindre coin de la page.

     Plus d’une fois, avant la séance, pour m’engager en atmosphère orientale je m’étais mis à lire des textes sur l’Inde, l’Indonésie, la Chine, illustrés de quelques motifs d’architecture et de décoration et de dessins explicatifs.
     Tandis que j’attendais sagement, sans rien faire, l’effet de l’hallucinogène absorbé, soudain sur des objets quelconques devant moi, sur des vases, des tables, des fauteuils, ou sur la cheminée Louis XV, ces mêmes motifs se posaient, mais agrandis, multipliés, en lignes innombrables, non plus statiques, immortelles, mais agitées, actives, courantes, animées d’une vie propre, zigzaguant à grande vitesse et sur les surfaces réelles comme si elles y avaient été projetées cinématographiquement.
     Aucune ligne n’allait à part, indépendante, toutes au contraire prises, où qu’elles fussent, dans le même rythme général, comme des pièces mécaniques commandées par un moteur unique qui les faisait toutes aller d’un même mouvement.
     Elles rappelaient un faible marmonnement chuchoté, et c’en était un, non en paroles, seulement en traits légers.  Phénomène de la répétition – atténuée, incoercible – comme celui qui s’observe chez des malades, des personnes très âgées, ici pareillement présent, mais au mouvement précipité. Répétition que je ne pouvais m’empêcher d’opérer, par radoteuse, active, inconsciente remémoration, où à tort je ne me sentais avoir aucune part et qui en images apparemment détachées dansait pour personne, en spectacle gratuit se refaisant infatigablement sur toutes les surfaces présentes de la pièce silencieuse capables de servir d’écran…
     Phénomènes du visuel, toujours nombreux.

     Dépassant la visualisation, restant en deçà, en dedans, faisant partie de l’être, combien plus important était le sentiment de présence.
     Présences autour de soi, pas tellement vues qu’évidentes, que je sentais, que je savais être là, prêtes à approcher, en groupes ou isolées dans ma chambre ou dans un espace à part qui par moments coexistait avec celui de la chambre, et à d’autres la dissipait, s’y substituant avec la plus grande aisance… Il s’en fallait d’un rien qu’elles apparussent réellement, presque des présences, des pénéprésences.
     L’impression en était plus forte que celle des hallucinations, plus ambiante.

Michaux, La plume du peintre

     Après beaucoup de ratages, je pus donner en noir à la plume une sorte de traduction graphique du vibratoire auquel j’avais assisté, dont j’avais été autant victime et sujet qu’observateur et voyeur.
     Les couleurs? non. Impossible.
     Et pourtant les couleurs, les lumineuses, scintillantes, sauvages images colorées, elles étaient bien entrées en moi, et brutalement et carrément, comme gros pouce d’ouvrier dans une argile tendre, et m’avaient par moments assez fait souffrir, iridescentes, brillantes, éblouissantes, outrageusement appuyées…

     Et les brisements? Partiellement je les rendais (peut-être par ce qu’ils m’avaient tellement frappé, ou bien par mes vains efforts réitérés pour lutter contre et pour en triompher) les brisements: lié aux interruptions incessantes, aux changements de sens, à une inversion spasmodique régulière, d’une régularité comme l’alternance dans le courant électrique alternatif, régularité inflexible et indéfiniment répétée, ce stupéfiant caractère m’amena à la symétrie, dont jusque-là j’étais adversaire décidé, toujours prêt à partir en guerre contre elle.
     En dessinant je faisais maintenant tout naturellement de petits alignements égaux et parallèles.

     Et la perte du lieu?
     Tant d’autres aspects et de structurations… je ne pouvais pas suivre.
     Tant d’événements du visuel… et tout ce qu’ils englobent, comment y faire face? Comment les revoir? Comment les faire venir en peinture?

     D’autres que moi mieux préparés le pourraient et déjà l’entreprenaient.
     Tableaux psychédéliques «cinétiques, vibrants, animés d’un bouillonnement incessant».(1)
     Au moins ils tendaient à l’être, avaient besoin de l’être.
     Mais il s’agissait toujours de l’impossible, de rendre le lieu sans lieu, la matière sans matérialité, l’espace sans limitation.
     L’objet, comment le présenter quand il avait cessé d’être pesant, cessé d’être impénétrable, cessé d’être objectif, cessé d’être fixe; intact et pourtant ruiné.

(1) Comme un présentateur les décrit.

     Là où auparavant régnait fixité, il n’y avait plus que flux, flux traversant indifféremment le plus dur comme le plus souple, flux comme ces particules cosmiques qui traversent la terre sans s’arrêter, sans même ralentir.
     Et toute mesure perdue, toute dimension, tout définitif annulé.

     Et le temps?
     Temps pareillement atteint, la durée devenue élastique, soudain anormalement longue, toutes dimensions à présent flottantes, incertaines. Si l’étalon en platine iridié du metre s’était trouvé là, ce modèle des modèles de la fixité aurait été trop long, dépassant de beaucoup le mètre qu’il devait représenter et dont il serait devenu l’agent incapable qui n’offre plus de valeur de mesure, comme la gravité n’est plus sensible dans l’apesanteur. Aucun objet long ne s’arrêtait plus à sa longueur naturelle, un allongement nouveau s’emparait de lui.

     Dans l’écriture, certains jambages s’élançaient démesurés, faussant le mot, sortant du mot, leur graphie emportée à part par leur élan propre, et aussi par l’appel pressant à la représentation et à la figuration de ce dont il était question et dont, maladroites et insuffisantes, perçaient les soudaines, rapides tentations, les ébauches trop tôt interrompues.

[…]

 

Emergenze-Risorgenze

Nato, cresciuto, educato in un ambiente e una
cultura esclusivamente «verbali», [1]
dipingo per decondizionarmi.

[1] e prima dell’epoca dell’invasione delle immagini

Henri Michaux, Arborescences intérieures, vers 1962-1964

     Per provare la mescalina che gli era stata procurata, uno scrittore cercava un luogo adatto dove nessuno potesse disturbarlo. Poteva essere casa mia… e avrei partecipato anch’io. Pur imbarazzato, non sapendo come sottrarmi, accettai.
     Non ne ero molto convinto e non mi aspettavo nulla: sarebbe stato un fallimento, su di me non avrebbe avuto nessun effetto.
     Il giorno convenuto, nella penombra, già un’ora buona se n’era andata… Poi, tutto ad un tratto, un formidabile colpo di gong, l’esplosione sonora del colore, una miriade di colori talmente intensi che mi colpiscono da ogni parte, rapidissimi, penetranti, dissonanti come rumori. Un vero martirio.
     E non era che l’inizio, un impatto che non somigliava a niente di conosciuto.

     Se mai vi fu uno spettacolo da dipingere, era proprio quello, che mi si offrì, così come era stato per tanti altri, le prime volte quasi senza interruzione e, in seguito, a periodi della durata di otto ore.
     Un autentico, straordinario spettacolo ottico, ma subìto più che ricevuto in dono.
     Ne ero sopraffatto, sommerso.

     Una fenomenale concentrazione, lancinante e intensissima, di colori distinti che si riversavano l’uno contro l’altro, completamente, senza tuttavia mai mescolarsi, senza mai rallentare il loro incessante movimento zigzagante, senza che se ne potesse intuire lo spettro di ampiezza, microscopico o gigantesco, cosmico o, più probabilmente, collocato in un altro mondo…

     Una inondazione, un’invasione, una tensione dinamica imparagonabile a un quadro o a una superficie ricoperta, tanto meno a un fenomeno cromatico da contemplare: era una risposta, la reazione di un nervo ottico aggredito in profondità, straziato – e lo spettacolo variopinto, solo una cosa secondaria.
     L’impressione era che mi strappassero i colori di dosso, dalla testa, da un certo punto nella parte posteriore del cervello.
     Senza dubbio era in atto un’invasione cromatica (che, come un’inondazione, era già di per sé qualcosa di eccessivo, da far paura, al punto da spingermi a sbarazzarmi di questa coperta colorata che mi avvolgeva), ma non potevo dimenticare che si trattava di colori nati da una violazione della mia integrità: ero io che, contro la mia volontà, mi ritrovavo ad essere la fonte da cui scaturivano.

     L’irritazione era estrema, come quella di una pelle calda e febbricitante che costringe a grattarsi, ma fatta esclusivamente di brillamenti, di bagliori crepitanti, puntiformi, una fantastica infinità di fotoni, ma senza luce e… senza fotoni.
     Lo sfregamento selvaggio di un nervo nell’oscurità. Immagini come risposta, energia, trafitture.

     La giornata trascorreva quasi interamente in visualizzazioni.
     In quelle ore dilatate, mentre ero ad occhi chiusi, ogni volta avevo la prova che l’immagine è qualcosa di una tale immediatezza che il linguaggio non può tradurla se non in modo approssimativo, e che essa ha un posto veramente esclusivo nello spirito, è la sostanza primigenia del pensiero.
     Il passaggio dall’una all’altro, il dissolversi dell’una nell’altro, laddove il processo si compie davvero, era spesso davanti ai miei occhi, era lo spettacolo a cui assistevo.

     Avevo anche delle visioni.
     Credevo di vedere delle apparizioni.
     Assistevo al dispiegarsi della mia capacità immaginifica, esaltata e sconvolta.

     Se durante le ore successive, quando mi sentivo o mi credevo libero dagli effetti della droga, mi mettevo a disegnare, sebbene fossi stanco e il mio sforzo sovente non andasse ad effetto, succedeva che ai primi tratti che abbozzavo ne vedevo sovrapporsi altri, zigzaganti, minuscoli, numerosi, molto più veloci di quanti ne avrei potuto tracciare, presenze impreviste, figure umane o piccoli animali, avanguardia di una considerevole e insistente schiera che avanzava verso di me o verso la pagina o verso lo spazio del disegno. Il foglio non restava bianco a lungo: anche se all’inizio, per effetto di una subitanea stanchezza, non potevo tracciare più di una mezza dozzina di linee, queste erano sufficienti perché da ogni parte, con un afflusso improvviso, una massa enorme immediatamente cominciasse a muoversi.
     Tutto lo spazio della pagina risultava occupato, sovraffollato, un’occupazione incessantemente rinnovata, un pullulare di nuovi venuti.
     E’ davvero incredibile come da ogni parte si impadronissero di quello spazio bianco, e io non ero in grado, sebbene provassi in tutti i modi a farlo, di seguirli con la matita fin negli angoli più riposti del foglio.

     Più di una volta, prima della seduta, per immergermi in un’atmosfera orientale, mi ero messo a leggere dei libri sull’India, sull’Indonesia, sulla Cina, di quelli illustrati da qualche motivo architettonico e decorativo e da disegni esplicativi.
     Mentre aspettavo con tranquillità, senza fare niente, che l’allucinogeno assorbito facesse effetto, non di rado questi stessi motivi si riversavano su qualunque oggetto avessi davanti, vasi, tavoli, poltrone, o sul camino stile Luigi XV: ne risultavano ingigantiti, moltiplicati in un numero incalcolabile di linee, non più statiche, immutabili, ma agitate, attive, mobilissime, animate da una vita propria, zigzaganti a grande velocità sopra superfici reali, come fossero proiettate su uno schermo cinematografico.
     Nessuna linea procedeva a parte, distinta dalle altre, anzi, ovunque fossero, erano costrette a uno stesso ritmo generale, come parti meccaniche guidate da un motore unico che le faceva andare tutte con un eguale movimento.
     Ricordavano tutte un flebile mormorio bisbigliato, che in effetti era tale, ma non a parole, esclusivamente a tratti leggeri. Un fenomeno di ripetizione, attenuata e incoercibile, come quello che si può osservare in certi malati e in persone molto anziane, presente anche in questo frangente, ma con un movimento accelerato. Ripetizione che non potevo impedirmi di produrre, in forza di una farneticante, attiva, inconscia rimembranza, nella quale a torto sentivo di non avere parte alcuna e che, in immagini apparentemente distaccate, danzava per nessuno, in uno spettacolo gratuito che si rinnovava instancabilmente su tutte le superfici presenti nell’appartamento silenzioso, che servivano da schermo…
     Fenomeni visivi, sempre più numerosi: superando lo spazio della visione, restandone fuori e dentro contemporaneamente, entravano a far parte dell’essere, ingeneravano un sostanziale senso della presenza.
     Presenze tutte intorno a me, non tanto viste quanto evidenti, che io sentivo, sapevo essere là, pronte ad avvicinarsi, in gruppo o isolate, nella mia camera o in uno spazio distinto che a momenti coesisteva con quello della stanza, e successivamente la cancellava, sostituendosi ad essa con estrema facilità… Bastava un niente perché apparissero realmente, quasi presenze concrete, penetranti.
     L’impressione era più forte di quella provocata dalle allucinazioni, più circostanziata.

Michaux, La plume du peintre

     Dopo parecchi tentativi andati a vuoto, riuscii a realizzare, a penna e inchiostro nero, una sorta di traduzione grafica di quel fenomeno vibratorio al quale avevo assistito, che avevo subìto passivamente e di cui ero stato, allo stesso tempo, osservatore particolarmente interessato.

     Impossibile, invece, riprodurre i colori.
     E tuttavia quei colori, quelle luminose, scintillanti, irrefrenabili immagini colorate, erano penetrati dentro me, brutalmente, con decisione, come il pollice indurito di un operaio nella molle argilla, e a tratti, così iridescenti, brillanti, abbaglianti, così oltraggiosamente insistiti, mi avevano procurato non poche sofferenze…

     Ero comunque riuscito a rendere, sia pure parzialmente, le spezzettature, forse perché mi avevano particolarmente colpito o forse in ragione dei miei vani e reiterati tentativi di arginarle e di superarle: costretto a seguire le continue interruzioni, i cambiamenti di direzione, la spasmodica regolarità delle inversioni simile al flusso della corrente elettrica alternata, inflessibile e infinitamente ripetuto, questo aspetto stupefacente del fenomeno aveva finito per spingermi verso la simmetria, di cui ero stato, fino ad allora, un feroce avversario, sempre pronto ad avversarla in ogni modo.
     E infatti ora, disegnando, eseguivo con molta naturalezza dei piccoli allineamenti, uguali e paralleli.

     Niente da fare, invece, in merito alla perdita della dimensione spaziale… Ma tanti altri erano gli aspetti e le strutture che mi era impossibile seguire. Come far fronte, del resto, a tanti eventi visivi, con tutto il carico che inglobano e comportano? Come riuscire ad averli sempre presenti e a darne una versione pittorica?

     Altri, molto più preparati di me, avrebbero potuto farlo e già si muovevano in questa direzione: quadri psichedelici, “cinetici, vibranti, animati da un incessante rimescolìo”, come li aveva definiti un critico; o almeno cercavano di esserlo, avevano necessità di essere tali.
     Ma si trattava ad ogni modo di realizzare l’impossibile, di rappresentare un luogo senza luogo, una materia immateriale, uno spazio senza limiti. Si trattava di restituire sulla tela un oggetto ridotto alla totale assenza di peso, che aveva cessato di essere impenetrabile, concreto, rigido: un oggetto intatto, e tuttavia inutilizzabile come tale.

     Laddove prima regnava la fissità, non c’era altro che un flusso, un flusso capace di trapassare, indifferentemente, tanto l’estremamente duro che l’estremamente malleabile, un flusso come quello delle particelle cosmiche che attraversano la terra senza fermarsi, senza nemmeno rallentare. Andata persa ormai ogni misura, ogni dimensione; cancellata ogni coordinata.

     E il tempo?
     In un quadro temporale così configurato, la durata diventava elastica, si dilatava repentinamente in modo abnorme, e tutte le dimensioni adesso fluttuavano indeterminate.
     Se avessi avuto a disposizione un metro in platino-iridio, anche questo precisissimo strumento sarebbe risultato inadeguato alla sua funzione di rilevamento, troppo grande per una misura che oltrepassava abbondantemente, un po’ come avviene per la gravità, che non è più percepibile in assenza di peso. Nessun oggetto esteso rimaneva entro i suoi limiti naturali, perché subito era sottoposto a un nuovo allungamento.

     Nella scrittura avveniva che le gambe di certe lettere si allargassero a dismisura deformando la parola, fuoruscendone; la grafia veniva trascinata via dal loro stesso slancio, e anche dalla sollecitazione insistente a rappresentare e raffigurare il referente, di cui finivano per cogliere, in modi maldestri e insufficienti, soltanto certi improvvisi, rapidi accenni, gli abbozzi troppo presto interrotti.

***

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6 pensieri riguardo “Emergenze-Risorgenze (V)”

  1. Molto interessante. Conosco quelle configurazioni cangianti e zigzaganti in virtù delle auree emicraniche che, qualche volta all’anno, mi vengono a visitare, di solito poco dopo il risveglio. Allora mi accorgo (con un certo orrore) che non riesco a riportarmi alla normale compattezza del campo visivo, il quale di lì a poco viene lentamente attraversato, in circa venti minuti. So che dopo mi aspetta un duro mal di testa, piuttosto refrattario agli analgesici, però so anche che non si tratta di nulla di particolarmente grave, perché ne avevo estesamente letto -diversi anni prima di averne la prima esperienza- su “Emicrania”, di Oliver Sacks. Santa Ildegarda di Bingen in quelle configurazioni ci vedeva gli spalti della Gerusalemme celeste, io ci vedo la precarietà del complicato processo che ci costituisce, ed il nulla elettrico che vi sta dietro.

  2. Se durante le ore successive, quando mi sentivo o mi credevo libero dagli effetti della droga, mi mettevo a disegnare, sebbene fossi stanco e il mio sforzo sovente non andasse ad effetto, succedeva che ai primi tratti che abbozzavo ne vedevo sovrapporsi altri, zigzaganti, minuscoli, numerosi, molto più veloci di quanti ne avrei potuto tracciare, presenze impreviste, figure umane o piccoli animali, avanguardia di una considerevole e insistente schiera che avanzava verso di me o verso la pagina o verso lo spazio del disegno. Il foglio non restava bianco a lungo: anche se all’inizio, per effetto di una subitanea stanchezza, non potevo tracciare più di una mezza dozzina di linee, queste erano sufficienti perché da ogni parte, con un afflusso improvviso, una massa enorme immediatamente cominciasse a muoversi.
    Tutto lo spazio della pagina risultava occupato, sovraffollato, un’occupazione incessantemente rinnovata, un pullulare di nuovi venuti.
    E’ davvero incredibile come da ogni parte si impadronissero di quello spazio bianco, e io non ero in grado, sebbene provassi in tutti i modi a farlo, di seguirli con la matita fin negli angoli più riposti del foglio.

    NON FACCIO USO DI DROGHE E QUANTO LEGGO QUI E’ L’ESATTA FIGURAZIONE DI QUANTO HO CERCATO DI TRACCIARE NEL FOGLIO SEGUENDO LE IMMAGINI CHE VI GALLEGGIAVANO ed è diventato un articolo di LUCANIART: https://lucaniart.wordpress.com/2010/10/06/autoritratto-poetico-di-fernanda-ferraressa/

    Non avevo mai letto queste memorie di Henri Michaux ma sarà mia cura cercarle. Grazie. ferni

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