Emergenze-Risorgenze (VI)

Henri Michaux

Henri Michaux

Henri Michaux
Emergences-Résurgences
Genève, Editions d’Art Albert Skira
“Les sentiers de la création”, 1972

Né, élevé, instruit dans un milieu et une
culture uniquement du «verbal» [1]
je peins pour me déconditionner.

[1] et avant l’époque de l’invasion des images

 

Henri Michaux, Dessin de réagrégation, 1969

[da qui…]

     Et l’intensité des couleurs? Aperçues en visions intérieures (ou en vues directes), elles allaient tenter des peintres, pris d’un nouveau désir inassouvissable.
     Ils ne pouvaient plus comme auparavant se contenter d’effets mesurés, ceux qui les avaient vues ces couleurs, libérées, à part, de feu, dans un état privilégié, vraiment fulgurantes, lorsque par exemple de la première page d’un journal elles se détachaient, ficelles embrasées, plaques sur les lettres capitales ou chenilles luisantes, tremblantes contre les lignes (violation de la vue, pas du tout le genre impressionniste).

     Les mouvantes lignes aussi qu’ils avaient aperçues, qui se ployaient, se déployaient, s’enroulaient, se déroulaient; qui partaient en boucles, en déhanchements, enlacements ou désenlacements, en spirales, serpentins, éventails, en ombelles, en queue de paon, formes dévergondées, en appels au secours, en sarabandes, en étoiles rayonnantes, en anneaux, en astéries, en roses des vents, en segments tombants, se dédoublant, se dédoublant sans fin… ils tentaient maintenant de les reprendre et de les rendre par une prodigalité d’entrelacs, de zébrures, de franges, d’ornements sur ornements, lignes que bien à tort on prenait pour décoratives et superflues alors qu’elles n’étaient que le rendu affaibli de ce qu’ils avaient subi, expression d’une incoercible, infernale répétition.

     A l’exprimer, le cinéma – doué de mouvements – mieux y réussissait.

     De nouveaux créateurs s’y employèrent aussi: des créateurs d’environnements. Traversées d’éclats et en tous sens de lignes sinusoïdales, des pièces au plancher et plafond mobiles, savamment désagrègent et «enchantent» la conscience de ceux qui y sont entrés.

     Un type de dessins, en forme de mandala celui-ci, fut exposé, qui semblait n’avoir rien de commun avec les précédents, et pourtant avait la même origine.
     Il rappelait et rendait le niveau plus profond, quand toute variation, toute hiérarchie, tout problème mineur ayant disparu, l’être embrassait d’un coup un extrêmement grand ensemble.
     Le sujet avait, alors, ou plutôt «ressentait», une connaissance du monde totale.

     Si une certaine vision l’accompagnait dans ces moments, elle montrait quelque chose comme ceci: un cercle, dedans un carré, un carré devenu magique, comprenant tout, comprenant un cercle, lequel contenait un autre carré, qui lui-même contenait un cercle, qui contenait un carré, lequel contenait un cercle, lequel contenait un carré et ainsi sans jamais finir, avec à chaque plan un ou plusieurs attributs de significations premières ou secondes, à lire, à déchiffrer sans jamais perdre de vue la vérité ultime, dans laquelle on s’enfonçait, on s’enfonçait, hypnotiquement engagé, drainé, entraîné, vers le fond toujours reculant de l’indéfiniment différencié, mais toujours dans l’unité, par la répétition régulière, rythme unique.

     Dans, et vers l’immuable.
     Avec de l’indéfiniment, périodiquement, étrangement muable, l’Immuable, par une étrange homéostasie, se maintenait. Même son caractère d’immuabilité se trouvait renforcé.
     Construction d’Infini. A son défaut, Constitution. Résumé graphique d’une situation d’ensemble, de la plus métaphysique.

     Peinture par oubli de soi, et de ce qu’on voit ou qu’on pourrait voir, peinture de ce qu’on sait, expression de sa place dans le Monde.

     Ce type de dessins depuis toujours pratiqué en Inde est réalisé en plus pauvre, mais en non moins rigoureux par certains aliénés.
     Ceux-là ont besoin d’avoir une vue pensée de la situation, de celle, inexplicable aux autres, où ils se trouvent… et qui remet tout en question.

     Plus que tout autre, plus qu’aucun philosophe, tout le temps et sans repos, ils ont besoin de repères essentiels, de repères qui répondent à tout. (Qu’ils n’en aient pas tout à fait les moyens est autre chose. Mais leur visée seule fait extraordinaire leur tableau.)
     Celui qui a connu les états dévastateurs et illuminants de l’expérience psychédélique sait, à voir ces peintures «réfléchies», de quel espace elles partent et parlent, sans en pouvoir ou sans en vouloir sortir.
     Celui dont spectaculairement, en moins d’une heure, par une seule métamorphosante secousse, sa «Weltanschauung» a changé totalement, sait et reconnaît.
     Ce qu’il avait ressenti alors, cette alienation vis-à-vis du limité, du divers, et généralement des buts mesurés de la vie, et des institution shumaines, la voilà, faite oeuvre.

Henri Michaux, Dessin de réagrégation, 1966

     Après des années, sans prendre aucune substance hallucinogène, il reste un appel à la fragmentation.
     Les dessins que je commence je les vois parfois se décomposer, se diviser, se diviser sans fin.
     Le nom de «dessins de désagrégation» leur fut donné. Malgré l’analogie, ils sont plutôt de ré-agrégation.
     Finie la chimie intervenant à contre-courant en processus brisants et annihilateurs dans la machine de l’esprit. Fini le voltage atroce.
     Le massacre péremptoire, ou délicieux ou terrible de l’ego et de ses unités constructives, c’est du passé.
     Cependant lorsque je reprends la plume fine conduisant au linéaire grêle, après quelque temps, sollicité aussi par un léger vertige qui fait sentir tremblantes les lignes légères et l’espace qu’elles suscitent, je me retrouve (non plus il est vrai forcé, mais seulement invité) dans un monde fuyant, bien connu, immense et immensément percé, où tout est à la fois et n’est pas, montre et ne montre pas, contient et ne contient pas, dessins de l’essentielle indétermination, où se glissent des faces entr’aperçues, tantôt avec une expression, tantôt avec une autre, en aspects indéfiniment indéterminés non définitifs.

     Revenu aux gestes, à des masses d’un bloc, à une certaine ampleur.

     A cela, je vois que c’est fini; le gestuel, dans ce cas, c’est un test.

     Néanmoins une certaine mouvance, pas morte, rappelant un bouillonnement connu qui n’a pu être entièrement, définitivement recouvert.
     Un transport, un soulèvement venu d’une tout autre cause et même de la simple découverte d’une certaine technique nouvelle pourra rouvrir la porte à ce dont je ne voulais plus, et qui semblait disparu.

     Le nombre des personnages en mouvement a grandi. Il règne une multiplicité nouvelle. Ce n’est pas sans rapport – que les témoins remarquent mieux que moi – avec les experiences psychiques précédentes. Résurgences, longues à venir. Inattendues, puis pour longtemps de nouveau disparaissant.

     Je désire plus que des gestes-mouvements. Je les voudrais non pas seulement faits de rage et d’emportement, ou d’espoirs d’en sortir, mais représentatifs de mouvements réels, et de toutes sortes de mouvements encore inimaginés.

     Certains regardant ces peintures, croient y voir des batailles. Mais des batailles d’un désorganisé, d’un désordonné comme on n’en vit jamais, d’une dislocation indéfiniment continuée, différentes, en toutes directions et toutes plausibles.  Des batailles et des traversées de fleuves encore torrentueux.
     Des naufrages aussi, naufrages multiples, dans des vagues dressées, rageuses, soudaines, déferlantes. En les regardant, on va vers un étourdissement.
     Démantèlement généralisé qui rappelle un essentiel dérèglement.

     Plus qu’avant, il y a des chocs, des montées, des traversées, des dégringolades et comme des courses, faisant par là même un espace différent, un espace éparpillé, inconnu, un espace à espaces, à perspectives superposées, intercalées, polyphoniques, espaces que depuis longtemps, autant que les formes, j’avais espéré voir un jour, voir disloquer, défaire, diviser, mettre en lambeaux, soulever, enivrer…

………………

Henri Michaux, Gouache, 1950

     Je retrouve certains de mes problèmes.
     Plus que m’exprimer davantage, grâce au dessin, je voulais, je crois, imprimer le monde en moi. Autrement et plus fortement.
     Pour faire contrepoids à une transcendence qui ne s’accomplissait pas. En partie, par provocation.

     J’ai peint afin de rendre le monde plus «marquant», tout en refusant le «réalisme» des conduites, et des idées. J’ouvrais ainsi d’un côté, tenant fermé l’autre.
     Des signes, ma première recherche.
     C’est le monde réduit, au maximum.
     Certains réduisent le monde à l’intelligibilité, ce qui est le rejeter en partie, comme on le voit dans les esprits abstraits, de plus en plus abstraits, de plus en plus refoulants.
     Lourd, épais, embarrassant en effet est le monde.
     Pour le tolérer, il faut en rejeter beaucoup d’une façon ou d’une autre. Ils le font tous.
     Je le fis particulièrement tôt, trop tôt. A ma manière. Aspirant à plus de transréel, à y vivre toujours.

     Pour m’être trop souvent plus tard retrouvé penaud, je sentis le grand danger à demeurer ainsi. La peinture tout à coup à vingt-six ans me parut propre à saper mon état et mon univers.
     En même temps je tenais à montrer du monde concret son peu de réalité.
     A la longue, ce fameux monde s’imprima-t-il tellement plus? Progrès, mais pas spectaculaires.
     Je ne rencontrais pas, semble-t-il, le concret sur «son» terrain.
     Même dans les visages, un des endroits les plus réels pour moi, objet qui devenait sujet si facilement, réalité encore manquait, passait.
     Plutôt que les traits, leur évanescence venait à ma rencontre, fantômes qu’une émotion éponge. Ou bien j’allais à eux, comme à des aires de circulation, à des cours, à des fontaines, des jardins. Si peu fermé. C’est tout traversé, partagé, dissous et dissolvant, un visage; ou c’est sur l’invisible que l’on bute. Et toujours restent les yeux chargés d’un autre monde.

     Cependant même là, quelque chose n’est plus pareil. Visages moins défoncés. Un certain abandonnisme m’a lâché.

     Quelque chose vient qui n’est pas encore solide, mais déjà impérieux, qui cherche plutôt le combat, et surtout à focaliser davantage. Où? Comment?
     Tôt ou tard, sans doute, la peinture va le montrer… par ses sentiers à elle.

 

Emergenze-Risorgenze

Nato, cresciuto, educato in un ambiente e una
cultura esclusivamente «verbali», [1]
dipingo per decondizionarmi.

[1] e prima dell’epoca dell’invasione delle immagini

 

Henri Michaux, Dessin de réagrégation, 1969

 

     E l’intensità dei colori? Averli percepiti in visioni interiori, oppure osservati direttamente, faceva sì che i pittori ne fossero sempre più attratti, rapiti da un nuovo, inappagabile desiderio.
     Essi non potevano più accontentarsi, come avveniva prima, di effetti conosciuti e controllati, dal momento in cui avevano avuto modo di sperimentare la visione di quei colori liberi da ogni vincolo, distinti, fiammeggianti, in una condizione privilegiata, sfolgoranti; dopo averli visti, per esempio, quando si staccavano dalla prima pagina di un giornale simili a filamenti ardenti, o quando si appiccicavano alle lettere maiuscole come larve rilucenti, tremolanti contro le linee, in violazione del campo visivo, e niente affatto di natura impressionistica.

     Tentavano ora di riprendere e di riprodurre le linee mobili che avevano potuto cogliere nel loro incessante piegarsi e dispiegarsi, arrotolarsi e districarsi; quelle linee che iniziavano arricciate, ondulate, e poi si attorcigliavano e si slacciavano, a spirali, serpentine, a ventaglio, a forma di ombrello, a coda di pavone; quelle forme sregolate simili a invocazioni di aiuto, a sarabande, astri radianti, anelli, stelle marine, rose dei venti, segmenti cadenti che si moltiplicavano all’infinito… Tentavano di rappresentarle con un profluvio di intrecci, striature, frange, ornamenti su ornamenti – linee che a torto sarebbero state considerate decorative e superflue, mentre invece non erano altro che l’effetto affievolito di tutto quello che essi avevano subìto, l’espressione di una irrefrenabile, terrificante coazione a ripetere.
     Per esprimerla compiutamente, sarebbe stata di sicuro più adatta l’arte cinematografica, proprio perché tutta incentrata sul movimento.

     Vi si cimentarono anche nuovi artisti, dei creatori di ambienti: locali dal pavimento e dal soffitto mobili, attraversati in ogni direzione da schegge di luce e da linee sinusoidali, fatti apposta per disaggregare e “avvincere” la coscienza dei visitatori.

     Fu esposto pure un tipo di disegno, simile a un mandala, che apparentemente non aveva niente in comune con i precedenti ma che tuttavia ne condivideva l’origine.
     Ricordava ed esprimeva un livello più profondo della percezione, quello in cui, messi da parte ogni variazione, ogni ordine gerarchico e ogni problema secondario, l’essere diventa capace di abbracciare, in un colpo solo, un insieme estremamente grande e complesso.
     Il soggetto allora possedeva o, per meglio dire, “sperimentava”, una conoscenza assoluta del mondo.

     Se in quei momenti una qualche visione lo accompagnava, essa mostrava qualcosa di simile a una figura di questo genere: un cerchio dentro un quadrato, un quadrato divenuto magico che conteneva tutto, conteneva un cerchio che conteneva un altro quadrato che, a sua volta, conteneva un cerchio con un altro quadrato, con un altro cerchio, con un altro quadrato… e così all’infinito. A ogni sequenza, ci si imbatteva in uno o più elementi di significazione primaria o secondaria, simboli da leggere e decifrare senza mai perdere di vista la verità ultima nella quale ci si inoltrava e si affondava, ipnotizzati, attratti e trascinati verso il fondo sempre sfuggente dell’infinitamente differenziato, ma sempre all’interno dell’unità, in una serie di ripetizioni regolari e secondo un unico ritmo.
     Dentro e verso l’immutabile.
     Attraverso ciò che senza alcun termine, periodicamente e straordinariamente muta, l’Immutabile permaneva tale grazie a una particolare forma di omeostasi, che ne rafforzava altresì la natura e le qualità… Una vera e propria struttura dell’Infinito; o, in qualche misura, il suo processo di formazione: il resoconto grafico di una totalità di ordine metafisico.

     Una pittura ottenuta attraverso l’oblio di sé, di quello che si vede o che si potrebbe vedere; una pittura di ciò che si sa, espressione della propria posizione nel Mondo.

     Disegni del genere, da sempre realizzati in India, somigliano a quelli prodotti, in modo più elementare ma non meno rigoroso, da certi malati mentali: questi ultimi hanno bisogno di avere una visione meditata della situazione, di quella, inspiegabile agli altri, in cui si trovano… e che rimette tutto in discussione.

     Più di chiunque altro, più di qualunque filosofo, essi hanno bisogno, incessantemente, di riferimenti essenziali, capaci di dare una risposta ad ogni cosa. Che poi siano più o meno privi di mezzi, è tutta un’altra faccenda; ma le loro intenzioni, per sé sole, rendono straordinari i loro quadri.
     Chi ha avuto modo di sperimentare gli stati devastanti e insieme illuminanti dell’esperienza psichedelica, riconosce subito, guardando queste pitture “riflesse”, il luogo da cui si originano e parlano, e dal quale non possono o non vogliono uscire.
     Chi in meno di un’ora, in modo spettacolare, in seguito a una sola scossa metamorfosante, ha visto rovesciarsi totalmente la sua visione del mondo, sa e riconosce tutto questo: quella totale estraneità che aveva sentito allora, mentre si trovava faccia a faccia con il limite e la diversità, nei confronti degli scopi generalmente già definiti della vita e delle istituzioni umane, era ormai diventata un’opera.

Henri Michaux, Dessin de réagrégation, 1966

     Dopo vari anni passati senza assumere nessuna sostanza allucinogena, ciò che mi rimane di quell’esperienza è un richiamo alla frammentazione.
     I disegni che inizio, li vedo talvolta scomporsi, dividersi, continuare a dividersi senza fine.
     Furono definiti “disegni della disaggregazione”; ma, a parte l’analogia, essi sono piuttosto di “riaggregazione”.
     Finiti gli effetti chimici che spingevano contro corrente la macchina dello spirito, ingenerando processi di dissociazione e di annichilimento, esauritasi la loro carica atroce, quel massacro perentorio della coscienza, piacevole o terribile che fosse, apparteneva oramai al passato.
     Tuttavia, quando riprendo il pennino sottile, in cerca di un segno di esile linearità, dopo un po’ di tempo, sollecitato anche da una lieve vertigine che mi fa sembrare tremanti le linee leggere che tratteggio e lo spazio che esse definiscono, mi ritrovo, di certo non forzato ma solamente invitato, in un universo fuggevole, immenso e immensamente aperto, dove tutto è e allo stesso tempo non è, appare e non appare, è pieno ed è vuoto: nascono dei disegni di una indeterminatezza sostanziale, dove trascorrono dei profili appena intravisti, talvolta con un’espressione, talvolta con un’altra, con lineamenti indeterminati, mai definitivi.

     Sono tornato a riprodurre gesti, masse unitarie di una certa ampiezza.
     A questo punto, mi accorgo che il lavoro è finito: la gestualità, in questo caso, è servita da prova.

    Eppure ancora resiste, mai estinta del tutto, una certa movenza che mi ricorda un fermento conosciuto, che non mi è stato possibile eliminare del tutto.
     Un impeto, un sollevamento conseguente a tutt’altra causa o anche alla semplice scoperta di una particolare nuova tecnica, finirà per riaprire le porte a ciò che avevo cacciato e che sembrava scomparso.

     Il numero delle figure in movimento è cresciuto parecchio, regna una inedita molteplicità. Tutto questo ha sicuramente dei legami, che i testimoni rilevano meglio di me, con le precedenti esperienze psichiche: risorgenze che tardano a manifestarsi; inattese, e poi per molto tempo ancora sparite.

     Ma io desidero qualcosa in più di quei gesti-movimenti: li vorrei fatti non solo di rabbia e collera, o della speranza di uscirne, ma rappresentativi di movimenti reali, e di ogni genere di movimenti non ancora immaginati.

     Alcuni, osservando queste pitture, credono di scorgervi delle battaglie, ma battaglie così disorganizzate e caotiche come non se ne sono mai viste, in continua, indefinita, diversificata dislocazione in ogni direzione, e tutte plausibili. Battaglie e attraversamenti di fiumi ancora impetuosi.
     Altri credono di vedervi anche dei naufragi, molteplici naufragi, con onde altissime, rabbiose, improvvise, dilaganti – e sono colti da un senso di stordimento.
     Una sorta di dissoluzione generalizzata, che ricorda una sostanziale mancanza di regole.

     Più che in precedenza, adesso si evidenziano degli scontri, delle arrampicate, delle traversate, dei ruzzoloni, qualcosa di simile a delle corse, effetti che creano all’istante uno spazio differente, frammentato, sconosciuto, uno spazio che apre ad altri spazi, a prospettive sovrapposte, intercalate, polifoniche: spazi che, al pari delle forme, da lungo tempo speravo di rivedere prima o poi – vederli dislocarsi, disfarsi, dividersi, ridursi a brandelli, sollevarsi, inebriarsi.

………

Henri Michaux, Gouache, 1950

     Ritorna anche qualcuno dei miei problemi.
     Credo di aver sempre voluto, attraverso il disegno, non tanto potermi esprimere più compiutamente, quanto invece imprimere il mondo dentro di me, in maniera diversa e con maggiore energia: un po’ per fare da contrappeso a un’ansia di trascendenza che non si appagava, un po’ per il gusto della provocazione.

     Ho dipinto con lo scopo di mettere il mondo maggiormente “in rilievo”, pur rifiutando il “realismo” dei comportamenti e delle idee. Con la mia opera, aprivo da una parte tenendo chiusa l’altra
     La mia prima ricerca ha riguardato i segni: si trattava di un mondo ridotto – al massimo.
     Alcuni riducono il mondo all’intelligibilità, che è come rifiutarlo in parte, come fanno gli spiriti contemplativi, sempre più astratti, che finiscono per rimuoverlo del tutto.
     E, in verità, il mondo è pesante, impenetrabile, ingombrante.
     Per sopportarlo, bisogna rifiutarne molti aspetti, in un modo o nell’altro. E’ quello che fanno tutti.
     Io lo feci presto, molto presto, alla mia maniera: aspirando a una dimensione transreale, per poterci vivere sempre.

     Quando, più tardi, mi sono ritrovato troppo spesso a disagio, ho avvertito il grande pericolo insito in un comportamento simile. A ventisei anni, tutto a un tratto, la pittura mi era sembrata il modo migliore per minare la mia condizione e il mio universo.
     Allo stesso tempo, ero tutto preso a mostrare quanto poco reale fosse il mondo concreto.
     Ma, alla lunga, questo mondo sperato s’imprimeva davvero così tanto dentro di me? Facevo dei progressi in questo senso, ma non particolarmente significativi.
     Mi sembrava di non incontrare il concreto sul “suo” terreno.
     Anche nei volti, luoghi per me tra i più reali, “oggetti” che facilmente si trasformavano in soggetti, la realtà non era presente, non si fermava.
     Più che nei loro tratti, mi imbattevo nella loro evanescenza, come in fantasmi che un’emozione cancella. Oppure ero io ad andare verso di loro, come ci si reca in zone di passaggio, nei cortili, alle fontane, nei giardini. Un volto è uno spazio aperto, tutto attraversato, suddiviso, dissolto ed evanescente; oppure è sull’invisibile che si regge. Quello che rimane, sempre, sono gli occhi colmi della visione di un altro mondo.

     Tuttavia, anche a questo riguardo qualcosa è cambiato rispetto a prima: i volti sono meno scavati, come se una certa rilassatezza mi avesse fiaccato.

     Qualcosa non ancora ben definito, ma già imperioso, si profila, qualcosa che sembra cercare lo scontro e, soprattutto, di fissarsi più a lungo. Ma dove? Come?
     Presto o tardi, senza nessun dubbio, la pittura lo mostrerà… attraverso strade che solo lei conosce.

(Traduzione di fm)

***

2 pensieri riguardo “Emergenze-Risorgenze (VI)”

  1. Bisogna de-condizionarsi dai giudizi degli altri. E gli altri sono solo proiezioni di noi stessi e quindi quando sentiamo gli altri che ci giudicano in realtà siamo noi stessi che lo stiamo facendo. Perché “gli altri” vivono solo nelle nostre idee quando siamo soli.

Rispondi

Inserisci i tuoi dati qui sotto o clicca su un'icona per effettuare l'accesso:

Logo di WordPress.com

Stai commentando usando il tuo account WordPress.com. Chiudi sessione /  Modifica )

Google photo

Stai commentando usando il tuo account Google. Chiudi sessione /  Modifica )

Foto Twitter

Stai commentando usando il tuo account Twitter. Chiudi sessione /  Modifica )

Foto di Facebook

Stai commentando usando il tuo account Facebook. Chiudi sessione /  Modifica )

Connessione a %s...

Questo sito utilizza Akismet per ridurre lo spam. Scopri come vengono elaborati i dati derivati dai commenti.