D’en haut / Dall’alto (prima parte)

Mont Aiguille

Mohamed Mbougar Sarr

On ne lutte pas contre la montagne, on ne rivalise pas avec elle. C’est sot. On la comprend. On l’accueille. C’est-à-dire on l’accompagne. Il faut que tu arrives à marcher à la cadence de la montagne, en l’écoutant te dire comment marcher. C’est ça, avoir l’expérience de la montagne: écouter, et exprimer dans son pas ce qu’on écoute, ce qu’on voit, ce qu’on sent. Marcher dans la montagne, c’est lire son espace, ce qui y fut, et ce qui y fut bâti, écrit, posé…

D’en haut
(Août 2014)

Dall’alto
(Agosto 2014)

Pour Yves
(Per Yves
)

Le théâtre

Ils avaient fini de prendre le petit déjeuner et, comme chaque matin depuis quelques jours qu’ils allaient désormais dans la montagne, le vieil homme commença à prendre le sac à dos. Le jeune homme bondit alors, et commença à le lui enlever des épaules.

– Mais tu l’as déjà porté hier, et avant-hier, et avant encore. Tu le portes depuis le début! protesta le vieil homme.

– Et je le porterai jusqu’à la fin, un point c’est tout. De quoi aurai-je l’air, si je te laissais le porter. Imagine qu’on rencontre des gens. Que penseraient-ils de moi? répliqua alors le jeune homme en s’emparant définitivement du sac.

– Tu es exaspérant quand tu es ainsi. Tu veux toujours prendre le sac. Que fais-tu de ma dignité?

– Quelle dignité? Tout de suite de grands mots terribles.?

– Tu me vieillis!

– Arrête de dire n’importe quoi, répondit le jeune homme sans plus même le regarder. Je prends le sac, c’est tout. Cette discussion est finie. On part dans cinq minutes?

Le vieil homme demeura debout quelques secondes, en fixant ses yeux bleus sur le jeune homme. Il savait toujours prendre, dans ces moments-là, une expression faussement indignée, qui amusait beaucoup le jeune homme.

– Tu me vieillis! répéta-t-il.

Mais déjà tous deux souriaient. Ils aimaient jouer cette petite comédie chaque matin avant de partir, et chacun d’eux excellait désormais dans son rôle, le perfectionnait, l’agrémentait de petites variations, le préparait, le répétait. Le vieil homme savait très bien, à chaque fois qu’il faisait mine de prendre le sac, que le jeune homme ne le laisserait pas le porter. Le jeune homme, lui, guettait chaque matin le moment –c’était toujours quelques minutes après qu’ils avaient mangé- où le vieil homme irait vers le coin, près de la chaudière, où le sac, préparé la veille, reposait, pour essayer de le mettre sur ses épaules; il se levait alors théâtralement, et s’empressait d’interpréter au mieux son personnage. Lui aussi, savait faire semblant de s’indigner. Ils ne se lassaient pas de ce petit jeu dont ils maîtrisaient désormais tous les ressorts comiques et dramatiques (quand le vieil homme disait, pour la première fois, «tu me vieillis!», il prenait une voix et un air absolument tragiques), toutes les didascalies, tous les actes. Cette saynète lançait leur journée. Et pour rien au monde ils n’auraient manqué de la jouer. C’était leur rituel.

Quelques minutes plus tard, ils partirent. Il faisait chaud, et la marche s’annonçait éprouvante, c’est-à-dire belle aussi. La montagne, qui les entourait et qu’ils commençaient déjà à regarder avec envie et respect, les attendait. Ils marchaient d’un pas rapide, profitant de ce que quelques habitants seuls fussent déjà réveillés pour traverser la ville sans être arrêtés tous les trente pas. Le vieil homme connaissait beaucoup de monde, et ne refusait à personne quelques mots. La veille, ils avaient mis plus d’une demi-heure à traverser la ville. On les avait arrêtés, salués, interrogés, encouragés, retardés. Ce matin-là, ils ne rencontrèrent qu’Emmanuelle, une amie du vieil homme, à l’air toujours mélancolique, qui avait de longs cheveux blonds qui lui arrivaient à la taille. Le jeune garçon appréciait Emmanuelle. Par chance pour eux, Emmanuelle ne parlait pas beaucoup. Ils réussirent à quitter la ville après dix minutes.

La montagne s’offrit bientôt, et ils s’engagèrent sur une piste que le vieil homme connaissait bien. Les premiers hectomètres les remplirent d’un bonheur qu’ils croyaient avoir éprouvé la vieille déjà, mais qu’ils savaient être différent. Ce furent les premiers vrais silences, les premiers souffles, les premiers signes de l’effort qui commençait. Le jeune homme savait que le vieil homme était content qu’il ait pris le sac. Et cette idée le remplissait aussi d’une secrète joie, non parce qu’il aimait cette vanité imbécile qu’on ressent d’habitude lorsqu’on rend service, mais simplement parce qu’il aimait que le vieil homme soit content.

Il teatro

Avevano finito di consumare la colazione e, come avveniva ormai ogni mattina da quando avevano iniziato ad andare in montagna, il vecchio cominciò a sistemarsi lo zaino. Il giovane allora si alzò di scatto e prese a levarglielo dalle spalle.

– Ma tu l’hai già portato ieri, e l’altro ieri, e prima ancora. E’ dal primo giorno che lo porti! protestò il vecchio.

– E lo porterò fino alla fine, punto e basta. Che figura ci farei, se lo lasciassi a te? Immagina che incontriamo delle persone. Cosa penserebbero di me? replicò allora il giovane impadronendosi definitivamente dello zaino.

– Sei esasperante quando fai così. Vuoi sempre prenderlo tu quello zaino. Dove la metti la mia dignità?

– Quale dignità? Siamo subito ai paroloni terribili?

– Tu mi fai sentire vecchio!

– Basta con queste sciocchezze, rispose il giovane senza nemmeno più guardarlo. Prendo io lo zaino, è tutto. La discussione finisce qui. Si parte tra cinque minuti?

Il vecchio rimase in piedi qualche secondo, fissandolo intensamente con i suoi occhi azzurri. In quei momenti sapeva sempre assumere quell’espressione falsamente indignata che divertiva tanto il giovane.

– Mi fai sentire vecchio! ripeté.

Ma già entrambi erano scoppiati a ridere. Gli piaceva recitare quella piccola commedia ogni mattina prima di partire, e ormai ognuno di loro eccelleva nel suo ruolo, lo perfezionava, lo abbelliva con piccole variazioni, lo preparava, lo ripeteva. Il vecchio sapeva molto bene, ogni volta che faceva finta di prendere lo zaino, che il giovane non gli avrebbe permesso di portarlo. Il giovane, da parte sua, aspettava ogni mattina il momento – succedeva sempre qualche minuto dopo che avevano finito di mangiare – in cui il vecchio andava verso l’angolo, vicino alla caldaia, dove lo zaino, preparato in precedenza, giaceva, per cercare di caricarselo sulle spalle; allora si alzava in modo teatrale e si sforzava di interpretare al meglio il suo personaggio. Anche lui sapeva fingere di indignarsi. Non si stancavano di quella piccola recita di cui ormai padroneggiavano tutti i risvolti comici e drammatici (quando il vecchio diceva, in prima battuta, «tu mi fai sentire vecchio!», assumeva un tono e un aspetto assolutamente tragici), tutte le sfumature, tutte le sequenze. Quella scenetta rappresentava l’inizio della loro giornata. E per niente al mondo avrebbero rinunciato a recitarla. Era il loro rituale.

Nel giro di qualche minuto erano già partiti. Faceva caldo, e il cammino si annunciava di quelli che mettono a dura prova, vale a dire magnifico. La montagna, che si estendeva intorno a loro e che già cominciavano a guardare con desiderio e rispetto, li attendeva. Marciavano con andatura spedita, approfittando del fatto che solo pochi abitanti fossero già svegli, per attraversare la città senza essere fermati ogni trenta passi. Il vecchio conosceva molta gente e non rifiutava a nessuno lo scambio di qualche parola. Il giorno precedente avevano impiegato più di mezzora in quel tragitto: chi li fermava, chi li salutava, chi li interrogava, chi li incoraggiava, chi gli faceva perdere tempo. Quel mattino, invece, incrociarono solo Emmanuelle, un’amica del vecchio, dall’aria sempre malinconica e con lunghi capelli biondi che le arrivavano alla schiena. Il ragazzo la apprezzava. Per loro fortuna, Emmanuelle era di poche parole. Riuscirono a lasciare il paese dopo dieci minuti.

La montagna gli si offrì in breve tempo, ed essi si inoltrarono per un sentiero che il vecchio conosceva bene. I primi tratti gli trasmisero una felicità che credevano di aver già provato alla vigilia, ma sapevano che si trattava di qualcosa di diverso. Vennero i primi veri silenzi, i primi respiri, i primi segni della fatica che cominciava. Il giovane sapeva che il vecchio era contento che fosse lui ad aver preso lo zaino. E questa idea lo colmava anche di una gioia segreta, non perché amasse quella vanità imbecille che di solito si prova quando ci si rende utili, ma semplicemente perché gli piaceva che il vecchio fosse felice.

***

La surdité

Le vieil homme était de petite taille, robuste et trapu. Le jeune homme était très grand, et plutôt fin. Le vieil homme disait pourtant qu’ils étaient tous les deux physiquement bâtis pour la marche en montagne. Le garçon avait eu quelques appréhensions avant leur première ballade. Athlétique, il se savait endurant: il pratiquait régulièrement la course de fond et avait une grande maîtrise de sa respiration et de son corps pendant l’effort. A la vue de la montagne, pourtant, il avait eu un doute; celle-ci l’avait impressionné, et son propre corps lui avait soudain paru sans force devant celui de la montagne.

– Ne t’inquiète pas, lui avait alors dit le vieil homme.

– Je ne suis pas inquiet, avait-il menti

Le vieil homme savait qu’il mentait, mais n’en avait pas rajouté. Il s’était simplement contenté de dire: «elle est plus forte que nous tous, mais il ne faut pas essayer de rivaliser avec elle. Il faut la comprendre, c’est tout.»

Le jeune n’avait alors pas immédiatement compris ce qu’il avait voulu dire. Ce n’est que lors de sa première marche que le sens des paroles du vieil homme avait semblé lui apparaître. Au début, pendant les premiers hectomètres, il avait marché avec énergie, d’un pas vigoureux et décidé. Il attaquait les montées avec entrain et puissance. La fatigue l’avait très vite gagné, mais il n’avait pas voulu ralentir le pas, de peur que le vieil homme ne le considérât comme un petit citadin incapable de soutenir le moindre effort, et dont le plus grand exploit physique avait été l’ascension des quatre étages de son immeuble, vers son studio du 14e arrondissement, un jour que l’ascenseur ne marchait pas. Terrorisé à l’idée qu’on le prît pour un faible, il avait alors effectué la montée à ce qui lui avait semblé être une vitesse folle. Son rythme, malgré le rapide essoufflement qu’il avait ressenti, lui avait paru régulier. Mais en dépit de tous ses efforts, il n’avait jamais pu distancer le vieil homme, qui marchait pourtant d’un pas nettement moins dynamique. Le jeune homme accélérait, et prenait quelques mètres d’avance. Mais à chaque fois qu’il se retournait pour voir où en était le vieil homme, celui-ci était seulement quelques mètres derrière lui, franchissant d’un pas léger, presque allègre, une portion de l’ascension qu’il avait eu toutes les difficultés à gravir. Le jeune homme regardait alors le vieil homme. Son visage était éprouvé, marqué par la fatigue, recouvert par la sueur, mais à chaque fois qu’il levait la tête, son regard bleu dégageait une joie et une énergie nouvelles. Il marchait. Ni vite, ni lentement, ni même moyennement, mais à une allure mystérieuse, qui n’appartenait qu’à lui, et qu’une voix que le jeune homme n’entendait pas semblait cadencer. Le jeune homme, lors de cette première ballade, avait eu l’impression qu’il avait déployé deux fois plus d’énergie que le vieil homme sans parvenir à le distancer. Il faisait pourtant de grands pas, usait de ses grandes jambes pour marquer de considérables écarts, accélérait, mais avait toujours eu le sentiment de n’avoir pas avancé à la mesure de ses efforts. En réalité, il ne cherchait pas tant à impressionner le vieil homme qu’à éviter que la montagne ne le dominât. Elle était là, narquoise, rieuse, moqueuse, presque arrogante, et elle le mettait au défi. Il avait marché aussi vite qu’il avait pu…

Et le soir, à la fin de la ballade, alors qu’ils redescendaient par un versant que le soleil éclairait, et sur la pente duquel ils voyaient, au fond du vallon, la petite ville où ils retournaient, le vieil homme lui avait parlé.

– Tu m’as impressionné aujourd’hui, tu sais, pendant la marche, lui avait-il dit.

– Tu m’as impressionné aussi, et beaucoup. Ca se voit que tu as l’expérience de la montagne.

– C’est vrai. C’est vrai que je l’ai. Mais tu sais, l’expérience de la montagne ne signifie pas toujours avoir longtemps marché dans la montagne. Il y a des gens qui marchent des milliers de kilomètres en montagne, qui y passent toute leur vie, sans en avoir l’expérience.

Le jeune homme avait réfléchi quelques instants, puis avait dit au vieil homme qu’il n’était pas sûr de comprendre ce qu’il cherchait à lui dire.

– Tu marches beaucoup trop vite. Tu luttes contre la montagne. C’est pourquoi tu es fatigué. Ne nie pas, poursuivit le vieil homme alors que le jeune homme allait protester. Je t’ai observé. Tu étais essoufflé, et tu aurais eu du mal à continuer, si tu n’étais pas si athlétique.

– Est-ce que tu veux dire qu’avoir l’expérience de la montagne, c’est ne pas être essoufflé?

– Pas du tout. D’ailleurs, c’est impossible. Il faut être essoufflé, mais pour ce qui en vaut la peine. Tu n’as pas levé les yeux une seule fois pendant la marche. Tu étais toujours penché vers le sol, à tenter de gravir et de lutter. Tu n’es pas Sisyphe. On ne lutte pas contre la montagne, on ne rivalise pas avec elle. C’est sot. On la comprend. On l’accueille. C’est-à-dire on l’accompagne. Il faut que tu arrives à marcher à la cadence de la montagne, en l’écoutant te dire comment marcher. C’est ça, avoir l’expérience de la montagne: écouter, et exprimer dans son pas ce qu’on écoute, ce qu’on voit, ce qu’on sent. Marcher dans la montagne, c’est lire son espace, ce qui y fut, et ce qui y fut bâti, écrit, posé…

Le jeune homme n’avait pas répondu, et le vieil homme n’attendait pas de réponse. Ils étaient restés silencieux tout le reste de la descente. Le jeune homme avait enfin écouté.

La descente s’était terminée dans ce silence convenu. Le garçon avait été surpris lorsqu’ils étaient arrivés en bas. Il voulait écouter encore, rattraper tout ce qu’il avait manqué dans la fureur désordonnée de son ascension.

Le vieil homme savait ce qu’il ressentait; il savait que le jeune homme voulait remonter et rester là-haut. Il apprenait vite.

– Patience, lui dit-il. On y retournera demain. Mais maintenant, il faut se reposer. Je ne suis plus tout jeune.

Ils s’étaient dirigés vers la petite ville. Le soir tombait, et le jeune homme avait encore la tête remplie du murmure mystérieux de la grande montagne. Il n’était plus sourd, et tout dès lors lui avait semblé léger et beau.

La sordità

Il vecchio era di piccola statura, robusto e tarchiato; il giovane molto alto, e abbastanza snello. Eppure il vecchio diceva che entrambi erano fisicamente portati per la marcia in montagna. Il ragazzo aveva nutrito qualche apprensione in vista della loro prima escursione. Dotato di un fisico atletico, conosceva bene la sua resistenza: praticava regolarmente la corsa di fondo ed aveva una grande padronanza della sua respirazione e del suo corpo durante lo sforzo. Eppure, di fronte alla montagna, aveva avuto un tentennamento, tanto ne era rimasto impressionato, e il suo stesso corpo subito gli era sembrato inerme davanti ad essa.

– Non essere apprensivo, gli aveva allora detto il vecchio.

– Non sono affatto preoccupato, aveva risposto mentendo.

Il vecchio sapeva che stava mentendo, ma non aveva rincarato la dose. Si era semplicemente limitato ad aggiungere: «la montagna è più forte di tutti noi, ma bisogna evitare di rivaleggiare con lei. Bisogna capirla, tutto qua.»

Il giovane in quel momento non aveva immediatamente afferrato quello che aveva voluto dirgli. Fu solo dopo la sua prima escursione che il senso di quelle parole aveva cominciato a sembrargli evidente. All’inizio, durante i primi tratti, aveva camminato con energia, con passo vigoroso e deciso. Attaccava le salite con buona lena e con forza. La fatica l’aveva ben presto vinto, ma egli non aveva voluto rallentare il passo, per paura che il vecchio lo considerasse come un piccolo uomo di città incapace di reggere il minimo sforzo, e il cui più grande risultato, sul piano fisico, era stato farsi quattro piani di scale del suo palazzo per raggiungere il suo studio nel quattordicesimo distretto il giorno in cui l’ascensore era fuori servizio. Terrorizzato dall’idea di essere considerato un debole, aveva allora effettuato l’ascesa a una velocità che gli era sembrata folle. Il suo ritmo, malgrado il respiro affannato che aveva presto avvertito, gli era parso regolare. Eppure, a dispetto di tutti i suoi sforzi, non aveva mai potuto distanziare il vecchio, che pure camminava con un passo nettamente meno sostenuto. Il giovane accelerava, e prendeva qualche metro di vantaggio. Ma ogni volta che si girava per vedere dov’era il vecchio, se lo ritrovava appena più indietro, mentre superava con passo leggero, quasi spensierato, un tratto di salita che egli aveva avuto parecchie difficoltà a scalare. Il giovane allora osservò il vecchio. Il suo viso era provato, segnato dalla fatica, ricoperto di sudore, ma ogni volta che rialzava la testa il suo sguardo illividito sprigionava  una gioia e una energia nuove. Camminava. Con un passo che non era né veloce né lento, e nemmeno moderato, ma con un’andatura misteriosa che apparteneva solo a lui e che una voce che il giovane non sentiva sembrava cadenzare. Durante quella prima escursione, aveva avuto l’impressione di impiegare il doppio delle energie del vecchio senza riuscire a distanziarlo. Eppure si produceva in grandi passi, usava le sue lunghe gambe per marcare considerevoli distanze, accelerava, ma aveva provato sempre la sensazione di essere avanzato ben poco rispetto ai suoi sforzi. In realtà, egli non cercava tanto di impressionare il vecchio, quanto piuttosto di evitare che la montagna lo dominasse. Essa era là, beffarda, sorridente, irridente, quasi arrogante, in atteggiamento di sfida. Egli aveva camminato più velocemente di quanto potesse…

E verso sera, alla fine della passeggiata, mentre ridiscendevano per un versante rischiarato dal sole, sul pendio dal quale vedevano, in fondo alla valle, la cittadina dove stavano facendo ritorno, il vecchio gli aveva parlato.

– Sai, oggi mi hai veramente impressionato durante la marcia, gli aveva detto.

– Anche tu mi hai impressionato, e molto. Si vede che sei esperto della montagna.

– Sì, è vero, lo sono. Ma sappi che l’esperienza della montagna non sempre deriva dall’averla lungamente praticata. Ci sono delle persone che percorrono migliaia di chilometri in montagna, che vi passano tutta la loro vita, senza acquisirne nessuna conoscenza.

Il giovane aveva riflettuto per qualche istante, poi gli aveva risposto di non essere sicuro di aver compreso quello che aveva voluto dirgli.

– Tu cammini troppo velocemente. Tu lotti contro la montagna. E’ per questo che sei spossato. Non negarlo, proseguì il vecchio quando il giovane fu sul punto di controbattere. Ti ho osservato. Eri praticamente senza fiato, e ti saresti sentito male a continuare se tu non fossi stato così atletico.

– Vuoi forse dire che essere esperti della montagna significa non avere mai il fiato corto?

– Niente affatto. D’altronde, è impossibile. Bisogna arrancare, ma per ciò che ne vale veramente la pena. Tu non hai alzato gli occhi una sola volta durante la marcia. Eri sempre proteso verso il suolo, nel tentativo di salire e di lottare. Tu non sei Sisifo. Non si lotta contro la montagna, con lei non si rivaleggia. E’ una cosa sciocca. La si comprende. La si accoglie. In poche parole, la si accompagna. E’ necessario che tu arrivi a camminare alla cadenza della montagna, ascoltandola mentre ti dice come. Avere esperienza della montagna è questo: ascoltare, ed esprimere nel proprio passo ciò che si ascolta, ciò che si vede, ciò che si sente. Camminare in montagna è leggere il suo spazio, ciò che vi è stato, e ciò che vi fu costruito, scritto, posato…

Il giovane non aveva risposto, e il vecchio non si aspettava che lo facesse. Erano rimasti in silenzio per tutto il resto della discesa. Il giovane si era infine disposto all’ascolto.

La discesa si era conclusa in quel silenzio convenuto. Il ragazzo era rimasto sorpreso quando erano arrivati in basso. Avrebbe voluto ascoltare ancora, riprendersi tutto quello che gli era sfuggito nel furore scomposto della sua ascesa.

Il vecchio sapeva ciò che stava provando; sapeva che il giovane avrebbe voluto risalire e restare lassù. Imparava velocemente.

– Porta pazienza, gli disse. Ci ritorneremo domani. Ora è necessario riposarsi. Io non sono più un giovanotto.

Si erano diretti verso la cittadina. La sera calava, e il giovane aveva ancora la testa colma del mormorio misterioso della grande montagna. Non era più sordo, e da quel momento tutto gli era sembrato leggero e bello.

Mont Aiguille

Le corps

Il faisait chaud, et cela faisait une heure maintenant qu’ils étaient dans la montagne. Le vieil homme ouvrait la marche. Le jeune homme voyait son dos nu sur lequel perlaient de grosses gouttes de sueur. Le vieil homme ne craignait cependant pas le soleil. Il en avait l’habitude, et disait que le soleil faisait partie de la montagne.

Derrière lui, le jeune homme voyait son corps se mouvoir. Il en devinait la puissance, et songeait qu’autrefois, le vieil homme avait dû être d’une force et d’une robustesse colossales. Les épaules du vieil homme étaient larges, et il les bougeait très peu en marchant. Une grande partie de sa force, et le jeune homme s’en rendit bientôt compte, résidait dans ses jambes, courtes mais musclées. Ses mollets étaient parfaitement dessinés, et dans son pas régulier, le jeune homme sentait une profonde sérénité, mais aussi une puissance contenue. Chaque pas que le vieil homme faisait laissait une empreinte nette sur le sol; et sur la pierre même, le jeune homme croyait parfois voir, furtivement, le dessin, le signe d’un pas. Le jeune homme aimait le sillage du vieil homme. C’était un sillage léger: ses empreintes n’étaient pas lourdes; elles ne s’enfonçaient pas dans le sol, mais se contentaient de l’embrasser doucement. Les buis, pourtant si inflexibles, semblaient s’écarter lorsqu’arrivait le vieil homme, et les gentianes, comme si elles le saluaient, éclataient d’un bleu vif qui était presque mauve.

C’était un mage de la montagne; et son corps tout entier, dans lequel la montagne avait inscrit toutes ses stigmates, toutes ses prophéties depuis quarante ans qu’il y marchait, inscrivait à son tour, dans chaque sentier, sur chaque mont, sur chaque cairne, sur chaque haut plateau sommital, la parole de la montagne. C’était le prophète d’un dieu silencieux que tous entendaient, mais que bien peu parvenaient à écouter; et son corps, après avoir reçu puis absorbé la parole de ce dieu, la répandait, la semait, la divulguait.

Le jeune comprit à ce moment-là que le corps du vieil homme, malgré l’âge, était fort parce que le désir de la montagne l’animait. Désir de la montagne, aux deux sens de l’expression. Désir de la montagne : l’envie physique de s’unir à la montagne, de ne plus simplement l’attendre, de sortir du corps passif, de quitter la stase du corps pour rejoindre la montagne, par la marche, dans l’ex-tase. Désir de la montagne: volonté de la montagne, volonté de parole, que le corps humain doit saisir et exprimer. Chaque frémissement du plus petit muscle du corps du vieil homme était tendu vers la montagne.

L’effort du corps du vieil homme, dans la montagne, était sans cesse un effort de traduction et d’inscription. Sa marche était l’écriture de son amour. Chaque pas était un geste de dévotion.

Le jeune homme ne quittait pas le vieil homme des yeux. Il était beau ainsi, torse nu, habité par son amour pour son dieu, sa maîtresse, son épouse. Le jeune homme savait que le vieil homme était le seul à posséder ce don d’amour. Le lien qu’il avait, que son corps avait avec cette montagne, personne, aucun autre corps ne l’avait. Il aimait le sillage du vieil homme. Il le suivait avec un entier sentiment de confiance. Et l’initiation continuait ainsi.

Il corpo

Faceva caldo, ed era passata un’ora da quando erano in montagna. Il vecchio apriva la marcia. Il giovane guardava la sua schiena nuda imperlata di grosse gocce di sudore. Il vecchio, tuttavia, non aveva alcun timore a stare al sole. Vi era abituato, e diceva che il sole era parte della montagna.

Stando dietro di lui, il giovane vedeva il suo corpo muoversi. Ne percepiva la potenza, e pensava che un tempo il vecchio aveva dovuto possedere una forza e una resistenza ragguardevoli. Le sue spalle erano larghe, e le muoveva pochissimo camminando. Gran parte della sua forza, e il giovane se ne rese ben presto conto, risiedeva nelle sue gambe, corte ma muscolose. I suoi polpacci erano perfettamente disegnati, e nel suo passo regolare il giovane avvertiva una profonda serenità, ma anche il vigore contenuto. Ad ogni passo il vecchio lasciava un’impronta netta sul terreno; e, anche sulla pietra, il giovane credeva talvolta di scorgere, fugacemente, il disegno della sua orma. Egli amava rimanersene nella sua scia. Era una traccia leggera: le sue impronte non erano pesanti, non si infossavano nel suolo ma si contentavano di accarezzarlo dolcemente. I bossi, in genere poco flessuosi, sembravano aprirsi al passaggio del vecchio, e le genziane, quasi in segno di saluto, si illuminavano di un blu così vivido che sembrava quasi malva.

Era un uomo in perfetta sintonia con la montagna; e il suo corpo, nel quale essa aveva impresso tutte le sue stimmate, tutte le sue profezie nel corso dei quarant’anni da quando aveva iniziato a percorrerla, incideva a sua volta, su ogni sentiero, su ogni altura, su ogni tumulo, su ogni altopiano sommitale, la parola della montagna. Era il profeta di un dio silenzioso di cui tutti sapevano, ma che ben pochi arrivavano ad ascoltare, e il suo corpo, dopo aver ricevuto e poi assorbito la parola di quel dio, la spargeva, la seminava, la divulgava.

Il giovane capì in quel momento che il corpo del vecchio, malgrado l’età, era forte perché il desiderio della montagna lo vivificava. Desiderio della montagna nel duplice senso dell’espressione: desiderio fisico di unirsi alla montagna, di non limitarsi all’attesa, di uscire dalla passività del corpo, abbandonarne l’immobilità per ricongiungersi ad essa attraverso il cammino, nel rapimento estatico; e desiderio come volontà della montagna, volontà di parola, che il corpo dell’uomo deve fare sua ed esprimere. Ogni fremito del più piccolo muscolo del corpo del vecchio era proteso verso la montagna.

Lo sforzo del suo corpo, in montagna, era un’opera incessante di traduzione e di iscrizione. Il suo cammino era la scrittura del suo amore. Ogni passo era un gesto di devozione.

Il giovane non distoglieva gli occhi dal vecchio. Era bello così, a torso nudo, pervaso dall’amore per il suo dio, la sua amante, la sua sposa. Egli sapeva che il vecchio era il solo a possedere questo dono d’amore. Il legame che aveva, che il suo corpo aveva stretto con quella montagna, nessuno, nessun altro corpo poteva vantarlo. E a lui piaceva seguirne la scia. Lo seguiva con un sentimento di totale abbandono. E in questo modo la sua iniziazione continuava.

***

Le miroir

Ils arrivèrent, au bout de deux heures de marche, dans un endroit merveilleux, d’où ils avaient l’impression que l’un des sommets de cette chaîne de montagnes les regardait dans les yeux. C’était un col boisé que le vieil homme aimait beaucoup, et dont il voulait faire profiter le jeune homme. Celui-ci regardait le sommet avec des yeux emplis de rêves, et émus. Il avait simplement dit, dans un murmure, «c’est beau…». Le vieil homme avait fait oui de la tête, puis ils s’étaient tus tous les deux, et regardaient la montagne.

Le jeune homme savait désormais se taire. Au début de son séjour, lors de leurs premières excursions, il n’avait eu de cesse, à chacune de leurs haltes, d’essayer de commenter la majesté du spectacle qui s’offrait à leurs yeux. Puis, peu à peu, il s’était contenté de dire, simplement, devant le tableau de la montagne: «c’est beau…» avant de se taire. Il ne faisait pas cela parce qu’il croyait que la beauté de la montagne était indescriptible ou indicible; simplement, il commençait à comprendre qu’après avoir dit d’une chose qu’elle était belle, l’on n’en pouvait plus rien dire d’autre qui fût plus haut. Certes, par réflexe ou par lâcheté, le langage humain, devant le spectacle de la beauté, coule: il devient informe, ne se tient pas, se répand en éloges et abuse des superlatifs; le garçon n’était pas certain toutefois que tout cet effort du langage de l’extase ajoutât essentiellement au constat initial de la beauté –si on la constatait. C’est la raison pour laquelle, depuis quelques jours, il se refusait à céder au vertige des métaphores, des images et des paraphrases éclatantes, pour ne plus seulement dire désormais, comme il venait de le faire: «c’est beau…». Tout alors pour lui était dit, et il se taisait avec le vieil homme.

Il n’était pourtant pas un mystique du silence. Il ne pensait pas que la seule attitude vraie devant la beauté soit le silence. Non, la beauté pour lui n’était pas ce qui rendait inutile ou superflu le langage humain; elle était bien plutôt ce qui l’obligeait à son expression la plus juste. Le langage est l’obligé de la beauté: il lui doit tout ce qu’il peut offrir de justesse. Il est vrai que devant le spectacle de la beauté, des hommes jugent sage, ou noble, ou même naturel de se taire. Dans la grâce de l’éblouissement, grande est la tentation de l’aphasie sublime, du silence grandiose, du ravissement interloqué; mais céder à cette tentation n’est pas élever la beauté par l’impossibilité de la parole: c’est au contraire alourdir la beauté, la charger de la pesanteur d’un mystère sans issue, incommunicable car impossible à connaître. Lorsque le langage ne peut élever la beauté, la célébrer en la disant, la soulever, c’est alors que la beauté est lourde. Mais qu’est-ce qu’une beauté si lourde qu’elle écrase le langage? La beauté peut être un mystère, mais alors c’est un mystère que l’homme peut approcher, puisqu’il la sent et la reconnaît lorsqu’il la voit dans le monde. Alors il doit la dire, essayer de la dire, sans tomber ni dans l’excès sans précision de la parole, ni dans le néant du silence. Parler de la beauté, ce n’est peut-être rien trouver que ce difficile équilibre entre l’effusion désordonnée et le silence du ravissement. C’est trouver le langage de la grâce et de la légèreté. En disant: «c’est beau», le jeune homme croyait échapper à la lourdeur des mots et à la lourdeur du silence. Dire «c’est beau..» peut paraître banal, simple, sans éclat, mais cette impression n’est vraie que pour ceux qui ont perdu la mesure de la beauté; elle n’est vraie que pour ceux qui ont dévoyé la beauté en la prostituant à tout, en la rendant facile et vulgaire finalement. Mais la beauté n’est pas aisée; et peu de choses la contiennent, et peu de choses la méritent.

Le jeune homme refusait donc de se laisser noyer dans la beauté (par l’excès) et de se laisser écraser par elle (par la lourdeur silencieuse).

Sur le chemin de Damas, Saul est bouleversé par l’apparition du Christ, qui est lumière et beauté. Mais dans cette expérience de beauté radicale même, Saul résiste au poids du silence comme il se refuse au désordre de la parole: dans le mystère et la grandeur de son éblouissement, il répond. Il parle. Le langage le sauve, et c’est lorsqu’il se tait après avoir parlé qu’il est devenu Paul. Celui qui a parlé à la Beauté par la parole et par le silence.

C’est ça, en réalité: il s’agit moins de parler de la beauté que de lui parler. Et parler à la beauté de la montagne, pour le garçon, c’était lui murmurer «c’est beau…». Car tout discours fait à la beauté est une glace que le langage lui présente. Ce « c’est beau… » était le miroir que le jeune homme tendait à la beauté.

Le vieil homme fut le premier à détacher son regard de la montagne. Il demanda au jeune homme de lui donner le sac à dos. Ils ne firent cette fois-ci aucune comédie. Ils devaient manger, et, ensuite seulement, le travail pourrait commencer. Ils commencèrent à sortir leurs provisions. La montagne était belle.

Lo specchio

Al termine di due ore di cammino, arrivarono in un luogo meraviglioso, da dove avevano l’impressione che una cima di quella catena montuosa li guardasse dritto negli occhi. Era una collina boscosa che il vecchio amava molto, e il cui incanto voleva partecipare anche al giovane. Costui osservava la sommità con sguardo trasognato e pieno di commozione. Era riuscito semplicemente a dire, in un soffio, «è bello …». Il vecchio aveva fatto un cenno di assenso con la testa, poi entrambi, nel più assoluto silenzio, erano rimasti ad ammirare la montagna.

Il giovane aveva ormai imparato a tacere. All’inizio del suo soggiorno, durante le loro prime escursioni, egli non aveva mai smesso, ogni volta che si fermavano, di provare a commentare la maestosità dello spettacolo che si offriva ai loro occhi. Poi, gradualmente, si era limitato a dire, con semplicità, davanti al quadro della montagna: «è bello…», prima di rimanere in silenzio. Non lo faceva perché convinto che la bellezza della montagna fosse indescrivibile o indicibile; solamente, cominciava a rendersi conto che, dopo aver detto di una cosa che essa era bella, non si potesse aggiungere nulla di più elevato. Si sa che il linguaggio umano, per riflesso o per inadeguatezza, davanti allo spettacolo della bellezza trabocca: diventa spropositato, non si trattiene più, profluvia in elogi e abusa di superlativi; tuttavia il ragazzo era convinto che nessuna risorsa del linguaggio estatico potesse aggiungere qualcosa di essenziale all’osservazione iniziale della bellezza – se la si coglieva. E’ questa la ragione per la quale, dopo qualche giorno, egli si rifiutava di cedere alla vertigine delle metafore, delle immagini e delle parafrasi scintillanti, limitandosi a dire soltanto, come aveva appena fatto: «è bello…». In quel momento per lui tutto era stato detto, e se ne rimaneva in silenzio insieme al vecchio.

Eppure non era un mistico del silenzio. Non pensava affatto che l’unica reazione adeguata davanti alla bellezza fosse il silenzio. No, la bellezza per lui non era ciò che rendeva inutile o superfluo il linguaggio umano; essa era, al contrario, ciò che lo obbligava alla sua espressione più giusta. Il linguaggio è condizionato dalla bellezza, alla quale è debitore di tutto ciò che può offrire in fatto di esattezza. E’ pur vero che davanti allo spettacolo della bellezza gli uomini giudicano saggio, o nobile, o anche naturale tacere. Nella grazia dello stupore, grande è la tentazione della sublime afasia, del silenzio profondo, del rapimento incredulo; ma cedere a questa tentazione non significa elevare la bellezza attraverso l’impossibilità di dire: è, al contrario, renderla greve, caricarla del peso di un mistero senza rivelazione, incomunicabile perché impossibile da conoscere. Quando il linguaggio non riesce a elevare la bellezza, a celebrarla con la parola, a innalzarla, è proprio allora che essa diventa pesante. Ma che cos’è una bellezza così gravosa da inibire il linguaggio? La bellezza può essere un mistero, ma in quel caso è un mistero che l’uomo può avvicinare, perché la sente e la riconosce quando la vede nel mondo. Allora deve esprimerla, cercare di dirla, senza cadere né nell’eccesso senza precisione della parola, né nel nulla del silenzio. Parlare della bellezza forse non è nient’altro che trovare quel difficile punto di equilibrio tra l’effusione disordinata e il silenzio del rapimento. E’ trovare la lingua della grazia e della leggerezza. Dicendo «è bello…», il giovane credeva di evitare tanto la pesantezza delle parole quanto quella del silenzio. Dire «è bello…» può sembrare banale, semplice, incolore, ma questa impressione è vera solo per quelli che hanno perduto la misura della bellezza; è vera solo per quelli che l’hanno traviata prostituendola a ogni cosa, fino a renderla usuale e volgare. Ma la bellezza non è agevole; poche cose la contengono, e poche cose la meritano.

Il giovane rifiutava dunque di lasciarsi sommergere dalla bellezza (attraverso l’eccesso) e di lasciarsene schiacciare (attraverso la pesantezza del silenzio).

Sulla via di Damasco, Saul è sconvolto dall’apparizione di Cristo, che è luce e bellezza. Ma in quella stessa esperienza di bellezza radicale, Saul resiste al peso del silenzio così come si rifiuta al disordine della parola: nel mistero e nella grandezza del suo sconvolgimento, egli risponde. Parla. Il linguaggio lo salva, ed è tacendo dopo aver parlato che egli è diventato Paolo. Colui che ha parlato alla bellezza con la parola e con il silenzio.

Si tratta proprio di questo, in realtà: parlare meno della bellezza, piuttosto che parlarne tanto per dire. E parlare alla bellezza della montagna, per il ragazzo, era mormorarle: «è bello…». Perché ogni discorso rivolto alla bellezza è una superficie trasparente che il linguaggio le offre. «E’ bello…» era lo specchio che il giovane tendeva alla bellezza.

Il vecchio fu il primo a distogliere lo sguardo dalla montagna. Chiese al ragazzo di passargli lo zaino. Quella volta non inscenarono nessuna commedia. Era l’ora del pranzo e, solo dopo, il loro lavoro avrebbe avuto inizio. Cominciarono a tirare fuori le provviste. La montagna era bella.
Mohamed Mbougar Sarr

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Il testo originale di Mohamed Mbougar Sarr, nato in Senegal
nel 1990 e recente vincitore del prestigioso Prix Kourouma,
è tratto da qui.
Traduzione di Francesco Marotta.
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2 pensieri riguardo “D’en haut / Dall’alto (prima parte)”

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