Cavallo Prua

Battistero di San Giovanni a Poitiers

Yves Bergeret

 

Cheval Proue
(Poitiers / travail en cours)

Cavallo Prua
(Poitiers / opera in fieri)

(Traduzione di Francesco Marotta)

 

Du 3 au 5 octobre 2015 a eu lieu la première phase d’un nouveau travail de création à Poitiers; dialogue du poète lecteur d’espace, Yves Bergeret, avec un lieu, cette fois clos, le Baptistère Saint Jean, plus vieux monument chrétien d’Europe, chargé de multiples signes sculptés ou peints; et en même temps dialogue avec un musicien contemporain, le saxophoniste Nicolas Mizen (Centre d’Études Supérieures Musique et Danse).

Pendant ces trois jours les deux créateurs ont réalisé les premières phases d’un dialogue entre les trois premiers poèmes peints et calligraphiés ces jours mêmes en très grand format (75 cm x 200) sur papier, inspirés par le lieu, et des improvisations du saxophoniste sur canevas.
Les étapes de ce travail de création aboutiront en mars 2016, pour le Printemps des Poètes, à une «installation» d’une dizaine de poèmes-peintures, dits par le poète et lus-joués (comme des partitions) par le musicien.

A cette première étape de réflexion et de dialogue de création a pris activement part Floriane Sanfilippo (ENS Ulm, Histoire de l’Antiquité); elle témoigne ici – par son article qu’on peut lire un peu plus loin – de la recherche menée à bien lors de cette première étape.

Cheval Proue est le titre provisoire, ce début octobre, de l’«installation» à venir; celle-ci pourrait être présentée dans le Baptistère lui-même.

*

Dal 3 al 5 ottobre 2015 si è svolta la prima fase di un nuovo lavoro creativo, a Poitiers; dialogo del poeta lettore di spazio, Yves Bergeret, con un luogo, questa volta chiuso, il Battistero di San Giovanni, il più antico monumento cristiano d’Europa, ricco di molteplici segni scolpiti o dipinti; e, nello stesso tempo, dialogo con un musicista contemporaneo, il sassofonista Nicolas Mizen (Centro Studi Superiori di musica e Danza).

Nel corso di questi tre giorni, i due artisti hanno portato a termine le prime fasi di un dialogo tra i primi tre poemi dipinti e calligrafati negli stessi giorni su tre grandissimi supporti cartacei (75 cm x 200), ispirati dal luogo, e alcune improvvisazioni del sassofonista su canovaccio.
Le varie tappe di questo lavoro creativo confluiranno nel marzo 2016, in occasione della Primavera dei Poeti, in una «installazione» di una decina di poemi-pitture recitati dal poeta e letti-rivisitati (come delle partiture) dal musicista.

A questo primo stadio di riflessione e di dialogo creativo ha preso attivamente parte Floriane Sanfilippo (ENS Ulm, Storia Antica), che testimonia qui, col suo articolo che si può leggere più avanti, il buon esito della ricerca in questa prima fase.

Cavallo prua è il titolo provvisorio, in questo inizio di ottobre, dell’«installazione» che sarà realizzata, e che potrebbe essere presentata nel Battistero stesso.

 

Cavallo Prua

 

Cheval Proue, 1

 

1.

Les rouleaux de l’océan
projettent en l’air les proues des barques,
c’est fureur et c’est guerre.

Assis nombreux ils s’agrippent
aux bords et aux bancs des barques
c’est clameurs et éclats.

La mort frappe des deux mains,
assis nombreux ils s’ouvrent
dans l’air et dans le corps
des portes et des brèches,
s’y engouffrent
puis remontent hors d’haleine les pentes
de la mémoire et de l’avenir,
l’horizon salé vient se plier
sur leurs genoux.

 

        1.

        I flutti dell’oceano
        scaraventano in alto le prue delle barche,
        è furore ed è guerra.

        Seduti, in tanti, si aggrappano
        ai bordi e alle panche delle barche
        tra grida e fragori.

        La morte colpisce con entrambe le mani,
        seduti, in tanti, essi aprono
        nell’aria e nel loro corpo
        porte e brecce,
        vi si precipitano
        poi risalgono senza fiato i pendii
        della memoria e del futuro,
        l’orizzonte saturo di sale si piega
        sulle loro ginocchia.

 

Cheval Proue, 2

 

2.

Les arbres arrachent leurs racines,
les plient sous les ailes de la colère
et remontent les pentes.

Sur l’échine des vents sont assis, sont debout
les héros qui ouvrirent des brèches dans les montagnes
et détachèrent des morceaux de mort et de banquise.

Les arbres remontent les pentes
vers l’œil des héros.

 

        2.

        Gli alberi si strappano le radici,
        le piegano sotto le ali della collera
        e risalgono i pendii.

        Sulla schiena dei venti stanno seduti, stanno in piedi
        gli eroi che aprirono brecce nelle montagne
        e staccarono pezzi di morte e di banchisa.

        Gli alberi risalgono i pendii
        verso l’occhio degli eroi.

 

Cheval Proue, 3

 

3.

«Je creuse mon berceau dans les montagnes,
dit le vent,
c’est elles qui m’apprennent de quel pas
l’alphabet des images jamais ne se lasse
à descendre remuer la nuit des hommes
pour leur façonner un mythe supportable.»

– «Ecoute ma crainte, répond le cheval,
aux cris des assassins je me cabre.
Mais mon bond est le fils de ta vitesse,
ô vent carnassier, ô vent cristallin,
et même là où mon sabot ripa mon bond reprit foi
rien ne me lasse, j’emporte mon cavalier
par-dessus des abîmes».

La robe du cheval ruisselle de musique, de voix, de chants.
Le cheval est musique, voix, chant.
Cheval vocal chant cheval musique.

 

        3.

        «Scavo la mia culla nelle montagne,
        dice il vento,
        sono loro che mi insegnano con quale passo
        l’alfabeto delle immagini non si stanca mai
        di scendere a rimestare la notte degli uomini
        per costruirgli un mito sostenibile.»

        – «Ascolta il mio timore, risponde il cavallo,
        alle grida degli assassini io mi impenno.
        Ma il mio balzo è figlio della tua velocità,
        o vento carnivoro, o vento cristallino,
        e proprio là dove il mio zoccolo scivolò, il mio salto riprende slancio]
        niente mi sfianca, trascino via il mio cavaliere
        al di sopra degli abissi.»

        La bardatura del cavallo trasuda musica, voci, canti.
        Il cavallo è musica, voce, canto.
        Cavallo vocale canto cavallo musica.

 

Battistero di Poitiers

 

       L’analyse de Floriane Sanfilippo

     Yves Bergeret dans le baptistère de Saint Jean à Poitiers, c’est la confrontation d’un poète contemporain de la migration à l’endroit où Charles Martel stoppe l’armée sarrasine en 732. La rupture est totale des deux côtés: dans l’œuvre du poète, qui s’inspire plutôt d’endroits naturels ou lointains (le Mali, la Réunion); dans la perception habituelle du monument. Le baptistère est l’élément central de deux traditions fortement ancrées dans l’imaginaire collectif: il pose mieux que tout autre monument le problème de la possibilité d’un regard neuf face à ces interprétations qui finissent par constituer des obstacles à la création.
     La première interprétation, religieuse, est voulue dès la construction de l’édifice et vise à édifier le croyant. Tout est donc fait pour guider celui-ci vers la vérité de l’Eglise: les écritures, les saints aisément reconnaissables, les couleurs vives forment un message très clair, encore déchiffrable aujourd’hui.
     La deuxième interprétation est historique, elle fait du baptistère une étape de l’histoire de France telle qu’elle a été établie, notamment au XIXe siècle, par la patrimonialisation et par l’école républicaine: le baptistère est acquis par l’Etat dès 1835, au début de la mise en place de la notion de monument historique, et sous la IIIe République, Charles Martel devient un personnage canonique de l’histoire enseignée aux élèves.
     Ces traditions interprétatives vont tellement de soi qu’elles peuvent empêcher le public contemporain de voir et d’entendre autre chose. Les créations précédentes d’Yves pouvaient paraître en rupture moindre, car les cultures qu’elles revisitaient étaient beaucoup plus distantes de ce public occidental. Ici, les a priori sont nombreux, et exigent d’être dépassés par les spectateurs et auditeurs de l’œuvre. En échange, le dépaysement et l’émotion qu’il suscite n’en seront que plus forts. On est au cœur de la démarche de l’art contemporain.

*

     La question des différentes interprétations se pose donc, en particulier celle de la possibilité d’une démarche active dans un lieu que l’on vient visiter, photographier, mais peu questionner.

*

     Dans le cas du baptistère, il est évident d’articuler ce questionnement autour du baptême. Le croyant traverse cette épreuve initiatique et commence une nouvelle vie. Ce sacrement fondamental de l’Église devient pour Yves Bergeret le point de départ d’une nouvelle réflexion: qu’est-ce que le baptême contemporain? Si l’on considère le baptême comme le fait d’entrer dans une deuxième vie, alors certains actes peuvent relever de cette définition, et en particulier le geste de création. Celui-ci marque la naissance d’une œuvre entièrement nouvelle, mais transforme également son auteur, puis le spectateur et auditeur. Dans les deux cas, le passage constitue l’essentiel de l’acte. Il faut, dès lors, dire ce passage, ainsi que le dépouillement qu’il implique, et il faut le dire de manière directe, forte, tout comme la cérémonie du baptême est forte. Transposer l’acte dans la diction fera de celle-ci une parole baptismale c’est-à-dire efficace, permettant la création d’une œuvre.
     Le résultat de ce baptême artistique sera dans un premier temps la naissance de l’œuvre, et dans un second temps la naissance d’une émotion nouvelle, chez les spectateurs-auditeurs de l’œuvre, mais aussi chez les visiteurs du baptistère.

*

     Ce qui étonne lors de la première entrée dans le baptistère, c’est son encombrement, dû à sa fonction de musée lapidaire mérovingien. Yves Bergeret s’en empare immédiatement comme d’une notion avec laquelle travailler: il est directement lié à l’encombrement du monument par son histoire, ses significations. De multiples époques s’entremêlent: dans la grande salle baptismale du IVe siècle, date de la construction de l’édifice, dans l’abside du VIe siècle, dans le narthex et les absidioles du Xe siècle s’alignent des couvertures de sarcophages mérovingiens, tandis que sur les murs se déroulent les vestiges de fresques du XIIe et du XIIIe siècles.
     Malgré l’aspect hétéroclite, Yves Bergeret relie immédiatement ces éléments architecturaux entre eux: tous les objets présents sont des objets de mort; les couvercles de sarcophages modèlent l’espace, les fresques sur les murs relatent la vie et la mort de Saint Jean-Baptiste, la piscine baptismale évoque la mort de l’ancienne vie du baptisé avant sa mue (aux premiers temps du christianisme, il s’agit le plus souvent d’un adulte; on ne baptise les nourrissons qu’à partir du XIIe siècle).
     La position de ces couvercles constitue une deuxième source d’étonnement: ces dalles mérovingiennes sont presque toutes soulevées, appuyées contre les murs de la pièce baptismale et des absidioles. Cette situation semble au premier abord d’une complète absurdité, les sarcophages étant conçus pour une éternelle horizontalité. A un second niveau, cela évoque l’ouverture des tombes avant le Jugement dernier, qui est la scène du tympan central de la toute proche cathédrale de Saint Pierre et de Saint Paul. L’intention première était sans doute d’ordre pratique, mais ce choix entre en résonance avec la symbolique religieuse de la résurrection des morts et crée un jeu très signifiant. Le dialogue avec ces tombes debout est donc un élément important de l’œuvre.
     En outre, ces dalles ne sont pas lisses, mais gravées de lignes, de signes posés avec une force extraordinaire. Leur simplicité géométrique les rapproche de l’art contemporain, d’autant plus que les croix chrétiennes y sont peu nombreuses, et s’intègrent aux lignes du baptistère tout entier.
     Quel lien possible avec les fresques réalisées presque dix siècles après? L’acte de peindre, au contraire de la gravure, est dépourvu de violence: il s’agit de poser des couches sur un matériau préparé à l’avance; le peintre entretient donc une relation pacifique à la matière. On peut donc voir une certaine complémentarité entre la peinture posée comme un baume et la rudesse des sarcophages.
     Apparaît également une continuité esthétique. Ainsi, les principaux éléments de ces peintures, dans la salle baptismale (l’abside principale a été d’emblée écartée par le poète, en raison de peintures aux thèmes et aux couleurs trop prégnantes), sont des animaux, en particulier des paons, des chevaux et un dragon, soit des éléments relevant du sauvage, du merveilleux, de l’irrationnel; ainsi que des personnages debout, qui semblent danser sur une ligne ondulée. Pour un regard poétique contemporain, ces personnages peints semblent jaillir des tombes, les animaux semblent prêts à bondir… Une nouvelle problématique se dégage alors, celle du pas, du gué que l’on est juste en train de franchir. Ce motif du bond en avant précise le passage que constitue le baptême: ce passage est vu comme un déclic, comme une ouverture sur le point de se produire. L’œuvre se tient au moment de ce basculement, toute la difficulté étant de faire d’un jaillissement le cœur d’une œuvre d’art, qui se déploie, qui dure et dont on peut répéter la lecture.
     Ce bond en avant évoque enfin celui de la proue d’une barque lorsqu’elle entre dans l’eau agitée: elle bondit puis retombe dans les rouleaux avec fracas. L’océan aussi est un baptême: en s’y engageant, on part pour une nouvelle vie.

*

     Yves Bergeret porte sur le baptistère de Saint Jean un regard neuf, et montre la multiplicité des lectures possibles, dès lors qu’on refuse de se plier aux traditions de l’histoire. Les différents éléments ne sont plus l’occasion d’un culte du passé, mais sont considérés comme des supports sur lesquels il y a des signes. Travailler sur ces signes permet de dégager des axes de réflexion, et d’élaborer le poème. L’acte inaugural réalisé par l’artiste, mais aussi, dans un second temps, par le public, se traduit ici par l’adoption d’une démarche contemporaine active. Le baptistère de Poitiers, malgré la nouveauté de son poids historique dans l’œuvre d’Yves Bergeret, est en réalité au cœur de son projet poétique, et de son dialogue avec l’espace.

 

Yves Bergeret, Battistero di San Giovanni a Poitiers

 

       L’analisi di Floriane Sanfilippo

     Yves Bergeret nel battistero di San Giovanni a Poitiers rappresenta un’occasione di confronto tra un poeta moderno della migrazione e il luogo dove Carlo Martello ferma l’armata saracena nel 732. La rottura è totale da entrambe le parti: nell’opera del poeta, che trae piuttosto ispirazione da luoghi naturali o lontani (il Mali, la Réunion); nella percezione abituale del monumento. Il battistero è l’elemento centrale di due tradizioni fortemente ancorate nell’immaginario collettivo: esso pone meglio di ogni altro monumento il problema di un possibile sguardo nuovo rispetto a quelle interpretazioni che finiscono per costituire degli ostacoli alla creazione.
     La prima interpretazione, di carattere religioso, nasce fin dalla costruzione dell’edificio e mira all’edificazione del credente. Tutto è finalizzato, quindi, a guidarlo verso la verità della Chiesa: le iscrizioni, i santi facilmente riconoscibili, i colori vividi formano un messaggio chiarissimo, decifrabile ancora oggi.
     La seconda interpretazione è di carattere storico, e fa del battistero una tappa della storia di Francia, stabilita come tale, in particolare nel XIX secolo, con la sua acquisizione al patrimonio nazionale e attraverso la scuola repubblicana: il battistero è proprietà dello stato a partire dal 1835 e, nel periodo della III Repubblica, Carlo Martello diviene un personaggio canonico della storia insegnata agli studenti.
     Queste interpretazioni tradizionali sono talmente scontate da precludere al pubblico contemporaneo la possibilità di vedere e capire altro. Le creazioni precedenti di Yves potevano apparire meno di rottura, perché le culture che esse rivisitavano erano molto più lontane da questo pubblico occidentale. Ora, invece, i numerosi antecedenti richiedono di essere superati dagli spettatori e dagli ascoltatori dell’opera. In cambio, lo spaesamento e l’emozione che egli suscita ne usciranno sicuramente rafforzati. Siamo nel cuore di un percorso dell’arte contemporanea.

*

     La questione delle diverse interpretazioni si pone dunque, in modo particolare quella del possibile attraversamento attivo di un luogo che viene visitato, fotografato, ma poco indagato.

*

     Nel caso del battistero, è quasi ovvio circoscrivere la questione al tema del battesimo. Il credente attraversa questa prova iniziatica e comincia una nuova vita. Questo sacramento fondamentale della Chiesa diviene per Yves Bergeret il punto di partenza di una nuova riflessione: cos’è il battesimo contemporaneo? Se lo si considera come l’occasione di iniziare una seconda vita, allora talune azioni particolari possono rientrare in questa definizione, in particolare l’atto creativo. Quest’ultimo contrassegna la nascita di un’opera completamente nuova, ma allo stesso tempo trasforma il suo autore, poi lo spettatore e ascoltatore. In entrambi i casi, il passaggio costituisce il nucleo essenziale dell’atto. Bisogna, a partire da quel momento, dire questo passaggio, così come la spoliazione che esso implica, e bisogna dirlo in modo diretto, con forza, quella stessa forza richiesta dalla cerimonia del battesimo. Trasferire l’atto nella dizione la trasformerà in una parola battesimale, cioè efficace, in grado di dar vita alla creazione di un’opera.
     Il risultato di questo battesimo artistico sarà in un primo momento la genesi dell’opera e, in un secondo tempo, la nascita di un’emozione nuova negli spettatori-ascoltatori dell’opera, ma anche nei visitatori del battistero.

*

     Ciò che stupisce fin dalla prima entrata nel battistero è l’ingombro dovuto alla sua funzione di museo lapidario merovingio. Yves Bergeret se ne appropria prontamente come di una nozione con la quale lavorare: egli è in piena sintonia con lo spazio ricolmo del monumento per la sua storia, i suoi significati. Svariate epoche si mescolano nella grande sala battesimale del IV secolo, data della costruzione dell’edificio, nell’abside del VI secolo; nel nartece e nelle absidiole del X secolo sono allineate le coperture dei sarcofagi merovingi, mentre sui muri si susseguono i resti degli affreschi del XII e XIII secolo.
     Malgrado un’apparenza tanto composita, Yves Bergeret collega immediatamente questi elementi architettonici gli uni agli altri: tutti gli oggetti presenti sono oggetti di morte, le lastre a copertura dei sarcofagi modellano lo spazio, gli affreschi raccontano la vita e la morte di San Giovanni Battista, la piscina battesimale evoca la fine della vecchia vita del battezzato prima della sua trasformazione (nei primi tempi del Cristianesimo, si trattava quasi sempre di un adulto; si battezzano i neonati solo a partire dal XII secolo).
     La posizione di questi coperchi costituisce una seconda fonte di stupore: queste lastre merovinge sono quasi tutte sollevate, appoggiate contro i muri della sala battesimale e delle piccole absidi. Una situazione che sembra a prima vista completamente assurda, dal momento che i sarcofagi sono concepiti per una perenne orizzontalità; successivamente, questa disposizione evoca l’apertura delle tombe prima del Giudizio finale, che è la scena riprodotta nel timpano centrale della prospiciente cattedrale di San Pietro e di San Paolo. La prima intenzione era sicuramente di ordine pratico, ma questa scelta entra in risonanza con la simbolica religiosa della resurrezione dei morti e crea un effetto altamente significativo. Il dialogo con queste tombe verticali è dunque un elemento importante dell’opera. Inoltre, queste lastre non sono levigate, ma incise da tratti, da segni impressi con una forza straordinaria. La loro geometrica semplicità le avvicina all’arte contemporanea, tanto più che le croci cristiane vi compaiono in numero ridotto e si integrano con le linee del battistero nella sua interezza.
     Quale legame è possibile rintracciare con gli affreschi realizzati dieci secoli prima? L’atto del dipingere, al contrario dell’incisione, è privo di violenza: si tratta di posare degli strati su un materiale preparato in precedenza; il pittore intrattiene quindi una relazione pacifica con la materia. E’ possibile perciò scorgere una certa complementarità tra la pittura deposta come un unguento e la rudezza dei sarcofagi.
     Si palesa anche una continuità di tipo estetico. Infatti, i principali soggetti di queste pitture, nella sala battesimale (l’abside principale è stato subito scartato dal poeta, in ragione della presenza di dipinti dai temi e dai colori particolarmente espressivi), sono animali, in particolare pavoni, cavalli e un dragone, cioè elementi rilevanti della natura selvaggia, del meraviglioso, dell’irrazionale; così come i personaggi in piedi, che sembrano danzare su una linea ondulata. A uno sguardo poetico contemporaneo, quei personaggi dipinti paiono levarsi all’improvviso dalle tombe, gli animali sembrano sul punto di saltare… Una nuova problematica si evidenzia allora, quella relativa al passo, al guado che si è sul punto di attraversare. Questo motivo del salto in avanti precisa il passaggio rappresentato dal battesimo: un passaggio visto come uno scatto, come un’apertura sul punto di prodursi. L’opera si realizza nel momento di questa oscillazione e ogni difficoltà si riduce a fare di questa manifestazione il punto centrale di un’opera d’arte che si sviluppa, che dura e di cui si può ripetere la lettura. Il salto in avanti evoca infine quello della prua di una barca quando entra nell’acqua agitata: salta, poi ricade nei flutti con fragore. Anche l’oceano è un battesimo: affrontandolo, si parte verso una nuova vita.

*

     Yves Bergeret porta uno sguardo nuovo sul battistero di San Giovanni, e mostra la molteplicità di letture possibili nel momento in cui ci si rifiuta di sottostare alle tradizioni della storia. I differenti elementi non sono più l’occasione per un culto del passato, ma sono considerati come supporti che recano incisi dei segni. Lavorare su questi segni permette di far scaturire motivi di riflessione, e di elaborare il poema. L’atto inaugurale realizzato dall’artista, ma anche, in un secondo momento, dal pubblico, si traduce qui nell’adozione di un percorso contemporaneo attivo. Il battistero di Poitiers, nonostante la novità rappresentata dal suo peso storico nell’opera di Yves Bergeret, è in realtà al centro del suo progetto poetico e del suo dialogo con lo spazio.

 

YB al battistero di San Giovanni

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