Otto tra(s)duzioni da “Journal du canal”

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Dans l’éparpillement
se nomme
l’élan de la vie

Yves Bergeret

Poèmes du Journal du canal (2011)

Tra(s)duzioni di Francesco Marotta

Yves Bergeret, Journal du canal
1
Il passe ses doigts
dans les branches

il chante éparpillé
parmi les arbres,
le plaisir;

il ne se retourne pas
sur lui-même,
il passe
dans la divinité muette du bois.

            1. 1
            1. Accarezza i rami
            1. con le dita

dissemina il suo canto
tra gli alberi,
il piacere;

senza voltarsi
indietro,
trascorre
nella muta sacralità del bosco.

Yves Bergeret, Journal du canal
2
Elle voudra,

elle traverse
et accroît,

elle s’assied
dans le regard,

elle aime
sans pardonner,
la lumière.

Elle s’agenouille à la souche
et s’allonge dans la parole:

la lumière
n’entre pas dans l’eau
mais revient sur ses pas
dans une phrase
composée seulement
de verbes.

            1. 2
            1. Colma di desiderio,

attraversa lo spazio
e si accresce,

prende dimora
nello sguardo,

ama
senza perdonare,
la luce.

Si inginocchia ai piedi di un ceppo
e si distende dentro la parola:

la luce
non si disperde nell’acqua
ma torna sui suoi passi
in una frase
composta soltanto
di verbi.

Yves Bergeret, Journal du canal

3
Le vent boit la sève.
La terre caresse la roche.
La racine s’empresse.
Le pollen s’impatiente.
La lumière supplie.

«Calmez-vous,
dit la main hâtive,
je vous comprends
et tous je vous prends
dans la giclée de traits
dont j’éclabousse la feuille.»

            1. 3
            1. Il vento beve la linfa.
            1. La terra accarezza la roccia.
            1. La radice si affretta.
            1. Il polline freme impaziente.
            1. La luce supplica.

“Calmatevi,
dice la mano veloce,
vi capisco
e vi accolgo tutti
nello zampillo di segni
con cui abbaglio la foglia”.

Yves Bergeret, Journal du canal
4
Les branches grondent,
le gui fronce
mais le ciel qui passe
entre les troncs frémit.

Les branches clament,
le lierre chante
mais la lumière qui rampe
dans le corps des troncs
reprend les syllabes du mythe.

Les branches bourdonnent,
la mousse prophétise
mais le vent émiette les reflets
dans le cœur qui danse
en rumeur
sans nombre.

            1. 4
            1. I rami stormiscono,
            1. il vischio si arriccia
            1. mentre il cielo freme
            1. passando fra i tronchi.

I rami gridano,
l’edera canta
mentre la luce che si avvinghia
al corpo degli alberi
ripete le sillabe del mito.

I rami frusciano,
il muschio presagisce
mentre il vento sparge i riflessi
nel cuore che danza
in un brusio
senza fine.

Yves Bergeret, Journal du canal
5
L’eau n’insiste pas
mais garde les âmes des morts
que saluent les branches
et le chant des oiseaux
à rebours.

L’eau n’insiste pas
mais emmène les âmes des morts
jusqu’aux bourgeons
penchés sur elle,
jusqu’au pollen
éperdu dans le vent.

            1. 5
            1. L’acqua non insiste
            1. eppure conserva le anime dei morti
            1. che salutano i rami
            1. e il canto degli uccelli
            1. controcorrente.

L’acqua non insiste
eppure trasporta le anime dei morti
fino ai germogli
che verso di lei si tendono,
fino al polline
disperso nel vento.

Yves Bergeret, Journal du canal
6
Un tronc une branche
un pas un rire

un tronc une branche
quelle phrase cherche
qu’on l‘écoute?

une branche son reflet
l’oreille toute au ciel

qui parle à contre lumière?

            1. 6
            1. Un tronco un ramo
            1. un passo una risata

un tronco un ramo
quali parole cerca
per farsi ascoltare?

un ramo il suo riflesso
l’orecchio teso verso il cielo

chi parla controluce?

Yves Bergeret, Journal du canal
7
Dans l’éparpillement
se nomme
l’élan de la vie
qui disperse les dieux effrayés,
amenuise la certitude
et relie en mille eaux vives
les graines de la parole.

            1. 7
            1. Nella disseminazione
            1. si riconosce
            1. lo slancio vitale
            1. che disperde divinità sgomente,
            1. assottiglia la certezza
            1. e congiunge in mille acque vive
          1. i semi delle parole.

Yves Bergeret, Journal du canal
8
Puis la ligne
se retire
et salue
par connivence
et par acquiescement
les rideaux d’arbres de la berge
qui replongent
à l’envers du lointain.

            1. 8
            1. Poi il segno
            1. si ritira
            1. e saluta
            1. con complicità
            1. e assenso
            1. le cortine d’alberi sull’argine
            1. che si rituffano rovesciati
          1. nella lontananza.

Foresta bretone

4 pensieri riguardo “Otto tra(s)duzioni da “Journal du canal””

    1. Merci à vous, cher Emilio Ferro.
      Ce cycle de poèmes remonte à une demi douzaine d’années ou peut-être même un peu plus. Je crois que Francesco Marotta et moi arrivons ici à une sorte de musique de chambre fine, sensible, discrète, équilibrée ; et je crois que, maintenant où tant de violence fait son insupportable vacarme de mort à nos portes, il est important aussi d’écouter, ce réécouter cette musique.

      Yves Bergeret

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