Le dieu maché-boété

monchoachi-lemiste

Monchoachi

Le dieu maché-boété
(Il dio che cammìn’ sciancheniànn’)

 

***

 

monchoachi

 

Sur Lémistè
livre de Monchoachi,
éditions Obsidiane

Yves Bergeret
3 mars 2013

Le titre en créole pousse d’emblée le lecteur loin de la stable lumière apollinienne. Lémistè: Les mystères. Le livre entraîne le lecteur dans un très âpre tourbillon de gestes rituels et surtout de longues formules sacrées antillaises. Le livre est paroles en tous sens, extrêmement vivantes et actives. Presque aucune contemplation, presque aucune strophe où le temps s’arrête en s’ouvrant vers une sorte d’infini ou d’éternité. Tout ici est proche, odorant, sensible, tactile. Pas d’horizon lointain, pas d’infini océanique, pas de grands ciels. Mais le livre entraîne toujours son lecteur dans l’intensité d’un rite sacré dans un lieu cultuel ou d’un geste sacré de la vie pratique dans la cour et même dans le secret de la maison. Le livre entraîne son lecteur dans la proximité mobile de ce rite ou de ce geste. Continuels gros plans. Nous voici dans les Antilles, dont presque chaque habitant se rappelle la déportation esclavagiste de ses ancêtres. Nous voici parmi cet archipel dont le sacré est syncrétique, mêlant cent pratiques animistes africaines à des traces chrétiennes, voire pré-colombiennes et hindoues. En cinquante huit poèmes tous aussi dynamiques et actifs les uns que les autres ce livre est ou plutôt transmet l’effort incessant et fascinant de l’humanité antillaise pour reconstruire sans fin une pensée, une identité, un sacré, un flux de parole épique et inindividué qui lui soient siens.

Est-ce que ce livre est local? Oui en un sens car par un travail gigantesque d’immersion de l’auteur et de collecte extrêmement patiente dans les îles ce livre réunit une somme considérable de documents populaires oraux et gestuels. Non il n’est pas seulement cela. Il est magnifique par sa dignité éthique, qui, tout en donnant enfin à entendre la voix multiple et habituellement étouffée des peuples des Antilles, montre magistralement que dans cet archipel la modernité universelle se cherche et se joue d’une manière profondément originale par précisément cette polyphonie turbulente de la pensée symbolique.

Est-ce que ce livre est esthétique? Superficiellement peut-être, car l’auteur nous offre une sorte de carnaval endiablé tout en couleurs et en sensations intenses. Non il n’est pas cela, sûrement pas cela. Car pour peu que soigneusement on prenne le temps de le lire et, dirais-je, de le voir et de l’écouter, on comprend que l’on assiste, non, que l’on prend part à des rites magiques, à des envoûtements, à des danses rituelles, à des transes sacrées, à des possessions divinatoires. Ici se fait alors entendre, tout comme lorsque Jean Rouch filme crûment et rudement les rites du peuple songhaï, l’inquiétude de la communauté qui loin de se laisser abattre interroge opiniâtrement les dieux qu’elle se donne. Non ce livre n’est pas du tout esthétique car l’inquiétude de la communauté qui veut constamment la contrecarrer propulse sans cesse la langue dans le rite et dans le contour de l’angoisse. Comme l’ont à la quasi perfection montré Luc de Heusch et le premier René Girard l’usage du sacrifice animiste est le très fréquent pivot du rite de parole. L’auteur de ce livre ci incante cent, deux cents fois le geste du sacrifice animal, sinon celui du sacrifice atténué en un bris végétal ou en un jet de poudre ou de liquide.

Partout est présente dans ce livre la violence. Certes la violence sacrificielle. Mais cette violence ritualisée et contrôlée s’exerce et se prononce en réponse à la déportation et à l’exploitation esclavagistes et en réponse à l’énergie imprévisible et ombrageuse du dieu et des dieux animistes. Violence symbolique réparatrice et compensatrice à la violence du monde passé et présent. Evidemment rien d’esthétique, rien de statique. La manifestation de cette violence aurait pu se laisser aller à quelque esthétisme il est vrai, comme parfois l’expressionnisme allemand ou le futurisme italien s’y sont osé. Mais l’auteur reconduit sans cesse, doucement et avec un entêtement admirable, son lecteur à la dignité du rite et à la responsabilité éthique de la parole sacrée syncrétique.

Car chaque poème de ce livre est un acte. Acte liturgique, dans divers cultes. Acte dramaturgique chaque fois avec une action concrète et avec un enjeu vital dans les grands passages de la vie, naissance, mort, grave maladie, transitions des étapes de la vie, envoûtements et désenvoûtements. Presque tous les poèmes présentent le passage de la personne vers un autre état dans une processus d’initiation ou de transformation: transes, possessions, deuils, c’est-à-dire franchissement temporaire, peut-être même seulement le temps du rite c’est-à-dire ici du poème, vers un autre monde ou vers l’“autre bord” utopique et indispensable comme l’Afrique perdue, le “retour au pays natal” étant à jamais impossible. Chaque poème est un acte, un épisode dramaturgique de transformation et rejoint l’origine du théâtre qui est d’abord dans la communauté un rite sacrificiel performatif face à la brutalité du destin aveugle.

Ce livre ci est frère de très grandes sommes poétiques, celle de la Divine comédie qui explore les balbutiements de la pensée renaissante dans l’Italie médiévale, celle des Quatuors de T. S. Eliott qui déploient les pénombres et les lucidités pessimistes d’une conscience européenne inquiète, celle de Pound qui met en tourbillon les flamboiements et les bredouillements d’un lyrisme critique européen des années 50, celle du Docteur Faustus où par le détour de la prose Thomas Mann déploie l’échec de la lucidité individualiste européenne face à la violence, celle de l’Axion esti où Elytis s’enthousiasme à refonder encore le monde dans la lumière grecque. Aimé Césaire avait magistralement présenté l’inconsolable deuil antillais dans son Cahier d’un retour au pays natal. Ce livre ci va aussi loin; va même plus loin que Césaire ne le fit, car c’était un somptueux diseur qui laissait admirer tout du long du Cahier d’un retour sa virtuosité de poète lyrique. Va bien sûr plus loin que dans les Antilles Glissant dans une certaine confusion et Franketienne dans l’emportement de ses “spirales”, certes déjà admirables l’un et l’autre, ne l’ont fait. Car ce livre ci atteint à l’inindividuation, à la polyphonie des voix, des îles, des rites et des gestes.

Car en fait se pose la question: qui est l’auteur? Monchoachi certes. La couverture du livre le dit. Mais tout autant les anonymes innombrables qui dans le mouvement permanent de l’oralité, du marronnage, de l’illettrisme et de la recréation syncrétique élaborent sans cesse les langues créoles de l’archipel. Monchoachi a été le collecteur inlassable de ces flux de parole et de ces actes dramaturgiques et liturgiques extrêmement vivants. Il est l’organisateur de l’ouvrage et celui qui en a conçu et mis en œuvre l’architecture, certes. Et c’est bien la forme poétique qui est adéquate au projet de l’auteur: car les rituels oraux des cérémonies sacrées et de la vie quotidienne se formulent dans la densité incantatoire de l’invocation aux esprits et dans la psalmodie performative souvent chantée-dansée.

Incantation et psalmodie sont justement le propre de la poésie populaire orale et de l’origine du théâtre. Il est inévitable, de ce fait, que la forme littéraire de cette documentation anthropologique considérable et de cet hommage à la parole polyphonique de la dignité des peuples antillais soit bien celle de la poésie. Il est inévitable que la composition cyclique de cette documentation et de cet hommage soit la grande architecture d’un livre dressé comme un temple vaudou ou un lieu cultuel tourbillonnant de vocalité. Lieu tourbillonnant de vocalité, archipel tourbillonnant d’oralité si bien qu’il est presque impossible et d’ailleurs de peu d’intérêt de savoir où Monchoachi se trouve lui-même. Tel poème est-il entièrement la transcription littéral d’un rituel oral et gestuel? Tel poème est-il en plus la sédimentation d’une appréciation ou d’un jugement que Monchoachi formule pour lui et pour nous? Certes, quand même, Monchoachi pose pour le lecteur attentif quelques pierres claires et stables, repères aussi discrets que puissants, pour que le lecteur comprenne bien l’enjeu du livre, tel le très clair poème VIII qu’il intitule Le dérobement. L’auteur est sans aucun doute cet homme opiniâtre, minutieux, extraordinairement lucide et patient qui sans se camper jamais lui-même à l’avant-scène a mené à bien son projet, un des plus importants et des plus éthiques que je connaisse en littérature contemporaine; sans ego à l’européenne il est ce poète porte-voix de la polyphonie des peuples antillais qui s’inventent leur propre dramaturgie identitaire au cœur et au creux de la violence du monde contemporain.

 

Yves Bergeret
Su Lémistè di Monchoachi

(Traduzione di Francesco Marotta)

Il titolo in creolo, Lémistè (I misteri), spinge immediatamente il lettore lontano dalla rassicurante luce dell’apollineo. Il libro lo trascina dentro un impetuoso vortice di gesti rituali e soprattutto di lunghe formule sacrali antillane. E’ fatto di parole in continuo movimento, estremamente vive ed espressive. Quasi del tutto assente ogni intenzione contemplativa, rare le strofe dove il tempo si arresta aprendosi a suggestioni di infinitudine o di eternità. Qui tutto è vicino, odoroso, sensibile, tattile; non c’è nessun orizzonte lontano, nessuna immensità oceanica, né cieli sconfinati. Il libro, di conseguenza, conduce a ogni pagina il suo lettore nel fervore di un rito sacro celebrato in un luogo di culto o al cospetto di un gesto sacrale della vita quotidiana in un cortile e anche nel segreto della casa. Lo conduce nella prossimità mobile di quel rito o di quel gesto. E’ una successione ininterrotta di primi piani. Siamo nelle Antille, dove quasi tutti gli abitanti ricordano la deportazione schiavile dei loro antenati. Siamo in questo arcipelago dove il sacro è sincretistico, una miscela di cento pratiche animiste africane e di tracce cristiane, anzi, precolombiane e induiste. In cinquantotto poemi tutti ugualmente dinamici ed efficaci, questo libro è, o meglio trasmette, lo sforzo incessante e affascinante dell’umanità antillana che cerca di ricostruire, senza soluzione di continuità, un pensiero, una identità, una sacralità, un flusso di parola epica e corale che le siano propri.

Si tratta di un libro di impianto localistico? Sì, nel senso che riunisce, grazie all’immenso lavoro d’immersione dell’autore e di meticolosissima raccolta nelle isole, una considerevole messe di documenti popolari orali e gestuali. No, perché non si tratta solo di questo. E’ un’opera magnifica per la sua dignità etica; un’opera che, tutta tesa a restituire finalmente la voce molteplice e solitamente soffocata dei popoli delle Antille, mostra magistralmente come in questo arcipelago la modernità universale si cerchi e si dispieghi in un modo profondamente originale, in particolare attraverso la turbolenta polifonia del pensiero simbolico.

E’ un libro estetizzante? Superficialmente, forse, visto che l’autore ci offre una sorta di carnevale indiavolato fatto di colori e di sensazioni intense. Ma non lo è, sicuramente non è questo. E infatti, se ci si prende il tempo necessario a leggerlo accuratamente e, direi, a vederlo e ad ascoltarlo, si comprende che si sta assistendo, o meglio che si prende parte, a dei riti magici, a dei sortilegi, a delle danze rituali, a delle trance sacre, a delle possessioni divinatorie. In ciò si rende manifesta, allora, proprio come quando Jean Rouch filma con crudo e risoluto realismo i riti del popolo songhaï, l’inquietudine della comunità che, piuttosto che lasciarsi abbattere, interroga con ostinazione gli dèi in cui crede. No, questo libro non è per niente estetizzante, perché l’inquietudine della comunità che cerca costantemente di contrastarla proietta incessantemente la lingua all’interno del rito e nei meandri dell’angoscia. Come hanno mirabilmente mostrato Luc de Heusch e il primo René Girard, il ricorso al sacrificio animista è spessissimo il centro di un rito di parola. L’autore di questo libro incanta cento, duecento volte il gesto del sacrificio animale, oppure quello del sacrificio depotenziato in un’effrazione vegetale o in un getto di polvere o di liquido.

La violenza è presente dappertutto in questo libro. Violenza sacrificale, certamente. Ma questa violenza ritualizzata e controllata si esercita e si esprime in risposta alla deportazione e allo sfruttamento schiavista e in risposta all’energia imprevedibile e ombrosa del dio e degli dèi animisti. Si tratta di una violenza simbolica riparatrice e compensatrice della violenza del mondo passato e presente. Quindi, niente di volutamente estetico, niente di statico. E’ vero che la rappresentazione di questa violenza avrebbe potuto produrre qualche soluzione puramente decorativa, come talvolta succede con l’espressionismo tedesco e il futurismo italiano. Ma l’autore riconduce ogni volta il suo lettore, con leggerezza e ammirevole ostinazione, alla dignità del rito e alla responsabilità etica della parola sacra sincretistica.

Ogni poema di questo libro, infatti, è un atto. Un atto liturgico, in svariati culti. Un atto drammaturgico, che si esplica di volta in volta con un’azione concreta e un coinvolgimento vitale nei grandi passaggi della vita, nascita, morte, infermità, trapassi da uno stadio all’altro dell’esistenza, sortilegi ed esorcismi. Quasi tutti i poemi descrivono il cammino della persona verso un’altra condizione, in un processo di iniziazione o di trasformazione: trance, possessioni, lutti, cioè oltrepassamento momentaneo, forse solamente per il tempo del rito, che qui coincide col poema, verso un altro mondo o verso l’ «altra riva», utopica e indispensabile come l’Africa perduta, essendo ormai svanita per sempre la possibilità di un «ritorno al paese natale». Ogni poema è un atto, un momento drammaturgico di trasformazione, e si riallaccia all’origine del teatro che nella comunità è in primo luogo un rito sacrificale performativo per far fronte alla brutalità del destino cieco.

Questo libro è fratello delle grandi summe poetiche: quella della Divina Commedia, che esplora i primi passi del pensiero risorgente nell’Italia medievale; quella dei Quartetti di T. S. Eliott, che mostra le penombre e il lucido pessimismo di una coscienza europea inquieta; quella di Pound, che mette insieme vorticosamente le fiammate e i farfugliamenti di un lirismo critico europeo degli anni Cinquanta; quella del Doktor Faustus, dove attraverso l’espediente della prosa Thomas Mann racconta il fallimento della razionalità individualistica europea di fronte alla violenza; quella dell’Axiòn Estì, dove Elytis con zelo ardente rifonda ancora una volta il mondo alla luce della grecità. Aimé Césaire aveva splendidamente descritto l’inconsolabile lutto antillano nel suo Diario di un ritorno al paese natale. Ma anche questo libro si spinge lontano; va sicuramente più lontano di quanto Césaire, fine dicitore che mostava in tutto il Diario di un ritorno il suo virtuosismo di poeta lirico, abbia fatto. Si spinge sicuramente più lontano di quanto nelle Antille abbiano fatto Glissant, un po’ alla rinfusa, e Franketienne con l’impeto irato delle sue «spirali», poeti entrambi degni, comunque, di ammirazione. Perché questo libro tende alla coralità, alla polifonia delle voci, delle isole, dei riti e dei gesti.

E infatti, da qui scaturisce la domanda: chi è l’autore? Monchoachi, certamente; la copertina del libro lo attesta. Ma altrettanto lo sono gli innumerevoli anonimi che nel movimento permanente dell’oralità, nell’anelito dei fuggitivi alla liberazione dalla schiavitù, nell’analfabetismo e nella rinascente creatività sincretistica elaborano incessantemente le lingue crèole dell’arcipelago. Monchoachi è stato il collettore infaticabile di questo flusso di parola e di questi atti drammaturgici e liturgici estremamente vitali. Di certo egli è l’organizzatore dell’opera e colui che ne ha concepito e realizzato l’architettura, che ha saputo dare una forma poetica adeguata al suo progetto: perché i rituali orali delle cerimonie sacre e della vita quotidiana si formulano nel fervore incantatorio dell’invocazione agli spiriti e nella salmodia performativa spesso cantata-danzata.

Incantesimo e salmodia sono a ragione gli elementi caratterizzanti la poesia popolare orale e l’origine del teatro. E’ inevitabile, allora, che la forma letteraria di questo ragguardevole documento antropologico e di questo omaggio alla parola polifonica che dice la dignità dei popoli antillani sia proprio quella della poesia. E’ inevitabile che la composizione ciclica di questo documento e di questo omaggio sia la grande architettura di un libro costruito come un tempio vudù o un luogo cultuale di prorompente vocalità. Luogo brulicante di vocalità, arcipelago brulicante di vocalità a tal punto che è quasi impossibile, e d’altronde di poco interesse, sapere dove Monchochi situi se stesso. Un poema del genere si risolve tutto nella trascrizione letterale di un rituale orale e gestuale? Un poema del genere è, in più, soltanto la sedimentazione di una valutazione e di un giudizio che Monchoachi formula per lui e per noi? E’ certo, comunque, che Monchochi posa per il lettore attento qualche pietra chiara e stabile, un punto di riferimento tanto discreto quanto potente, affinché comprenda pienamente la sfida del libro, come avviene esplicitamente nel poema VIII, che egli titola Il sottrarsi. L’autore è senza alcun dubbio quest’uomo tenace, minuzioso, straordinariamente lucido e paziente che, senza mai porsi al centro dell’attenzione, ha saputo portare a buon fine il suo progetto, uno dei più importanti e dei più etici che io conosca nella letteratura contemporanea; senza esibire il suo io, come avviene in tanta letteratura europea, egli è il poeta portavoce della polifonia dei popoli antillani che s’inventano la loro particolare drammaturgia identitaria nel cuore e nel vuoto della violenza del mondo contemporaneo.

3 pensieri su “Le dieu maché-boété”

  1. continuo qui (i miei soliti pasticci da neofita di blog)
    Dicevo: dopo la lettura di questa recensione lo farei di nuovo.
    Dice bene Bergeret; è un libro magnifico, denso di bellezza e crudezza, denso di “mondo”.
    No, non è solo “un libro di impianto localistico” e nello stesso tempo lo è.. è un libro che a partire da un luogo riesce a parlare di ogni luogo e popolo del mondo. È un libro che “cammina” e parla. Di loro, di noi tutti.
    Cosi come Monchoachi è sì un poeta creolo ma allo stesso tempo il tedoforo della fiamma di ogni lingua e di ogni cuore.
    Permettetemi di riportare qui un passo tratto da un suo piccolo libro (La cage où se tient la lune), che per me fa da sfondo al mondo poetico di Monchoachi:

    “Le poète, comme l’Indien, l’oreille tendue collée au sol. Il perçoit ce qui a eu lieu et résonne encore et ce qui vient.
    Il vient des couleurs fauves de Carême a s’affoler.
    Il entend parler créole dans un gosier créole (ce qui est rare et émouvant).
    Il note cette singulière manière que nous avons de nous dévisager.
    La géographie est un “montrer”. Elle est figure. Comme toute écriture, elle est d’abord marquage, empreinte faite en marchant.
    Elle est ensuite le relevé du marqué, des signes et de ce qu’ils indiquent là.
    Qu’y a-t-il de plus catastrophique que l’écriture et la terre?
    Comme la langue la géographie est un lieu symbolique. Une métaphore. [..] Où se tient la Caraïbe? Quel est sont lieu?
    Lieu d’errance, lieu de renouement, lieu où advient un monde, c’est-à-dire le lieu d’une d’éclosion.
    En réalité, la Caraïbe est une atopie.
    Lieu où advient un monde comme un rêve [..] car la terre allait “désaccordée”, “de plusieurs petites choses” “s’irritant et plus vite”, et il était urgence “ce grand cri” pour clore l’ancienne astreinte [..], effacer les traces de “l’orbe révolu”, son “hypostase”: l’arrogance et la “naïveté du savoir”; et une langue telle, et une habituation nouvelle où apprendre la “beauté aride”, tout entier dans ta beauté, Apocalyptica.
    Héraclite dit que “le plus bel ordre du monde est comme un tas d’ordures rassemblées au hasard”.
    Le monde, c’est toujours l’incontournable, l’obscur.”

    Ed è questo mondo, bello e s-graziato, che Minchoachi meravigliosamente ci racconta nel suo libro.
    E che Bergeret ci resistuisce in tutta la sua maestosità. Grazie, Bergeret. (quanto di simile c’è nel valore etico della vostra poetica!!)
    Correndo il rischio di essere ripetitiva, ancora grazie a F. Marotta per la sua traduzione.

  2. Grazie per il commento e per la graditissima attenzione nei confronti del blog. Se decide di tradurre e di inviarci, quando vuole, qualche testo di Monchoachi (o anche altro), glielo pubblicheremo con grande piacere.

    M.S.

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