Lettere dal fango

Yves Bergeret

Lettres du limon
(Venise, octobre 2017)

Lettere dal fango
(Venezia, ottobre 2017)

 

Tratto da Carnet de la langue-espace
Traduzione di Francesco Marotta.

 

De France il est mille fois préférable de se rendre en Italie du Nord en train. Il traverse lentement les Alpes. Sa lenteur puis sa descente régulière de la vallée brumeuse du Pô donnent le rythme de l’initiation et de l’attente. En Moyenne Maurienne il sinue au bord du torrent puissant énorme qui remue les blocs qui ont roulé des cimes deux mille mètres plus haut jusqu’au lit en tumulte. Soudain il contourne la base sud d’une gigantesque montagne calcaire, la Croix des Têtes. Deux mille mètres de dénivellation, par ressauts de roches claires instables, grises ou beige, des tracés de couches sédimentaires froissées et plissées, ondulant dans les hauteurs, sans aucune végétation, des lambeaux de brume contre quelque portion de falaise, enfin à peine visible, clair par-dessus les crêtes en désordre, le ciel. En somme la pensée même de Tintoret. Il n’a jamais de sa vie quitté son quartier de Cannaregio, à Venise. Mais son rêve a voyagé et s’est ancré dans la réalité ici.

Après le tunnel du Fréjus les Alpes décroissent vite; la vallée s’élargit. Les hautes pentes au dessus de Bardonnechia, plus sobres, au dessin simple, offrent entre mille cinq cents et deux mille mètres d’altitude les battements d’ailes dorées d’immenses forêts de mélèzes. Un sourire éthéré, lointain, accueil ou adieu. La distance mélancolique de l’étranger que l’on salue quand il arrive ou quand il part.

*

Dalla Francia è di gran lunga preferibile arrivare in Italia del Nord col treno. Attraversa lentamente le Alpi. La sua lentezza, poi la sua discesa regolare della valle nebbiosa del Po trasmettono il ritmo dell’iniziazione e dell’attesa. Nella Media Maurienne il suo percorso corre sinuoso sulla sponda dell’enorme impetuoso torrente che smuove i massi rocciosi rotolati dalle cime duemila metri più in alto fino al suo alveo tumultuoso. Improvvisamente gira intorno alla base meridionale di una gigantesca montagna calcarea, la Croix des Têtes. Duemila metri di dislivello, attraverso sporgenze di rocce chiare instabili, grigie o beige, tracciati di strati sedimentari accartocciati e corrugati, ondeggianti tra le alture, senza alcuna vegetazione, residui di nebbia addossati a qualche tratto di falesia, e infine, appena visibile, il cielo, luminoso al di sopra delle creste frastagliate. Insomma, la stessa visione di Tintoretto. Il pittore non ha mai lasciato in tutta la sua vita il sestiere di Cannaregio, a Venezia, ma il suo sogno ha viaggiato e si è ancorato qui, in questa realtà.

Dopo il tunnel del Fréjus le Alpi digradano velocemente; la vallata si allarga. Le alte pendici sopra Bardonecchia, più regolari, dal disegno essenziale, offrono tra i millecinquecento e i duemila metri d’altezza il battito d’ali dorate di immense foreste di larici. Un sorriso fuggevole, lontano, di accoglienza o di addio. La distanza malinconica dello straniero che si saluta quando arriva o quando parte.

 

§§§

 

A Venise je suis logé dans un quartier ouvrier de Mestre, de l’autre côté de la lagune. J’aime cet endroit. On va sur l’archipel de l’art ancien par la ligne de bus 7. Le tourisme ne la ronge pas. Très vite, matin et soir, le bus se remplit d’ouvriers, souvent asiatiques, africains et d’Europe orientale; en dehors des heures de pointe des handicapés mentaux dont certains ont été détruits par la drogue y montent aussi. Au terminus côté quartiers historiques dans la lagune, les voyageurs du 7 disparaissent vite, croisant sans bruit les grappes de touristes dont les roulettes des valises tressautent sur les pavés. Tous migrent. Sur la terre ferme seuls les ouvriers du bus ont traversé les immenses chantiers navals où se dressent peu à peu les carènes de paquebots de croisière pour des rêves de pacotille. La nuit les chantiers brillent de milliers de petites lumières. Le ciel nocturne est tombé ici à terre. On ne sait pas s’il va pouvoir se relever.

*

A Venezia ho preso alloggio in un quartiere operaio di Mestre, dall’altra parte della laguna. Mi piace questo posto. Si raggiunge l’arcipelago dell’arte antica con la linea di autobus numero sette. Il turismo non la danneggia. Velocemente, mattina e sera, l’autobus si riempie di operai, prevalentemente asiatici, africani o dell’Europa orientale; fuori dagli orari di punta, vi salgono anche dei disabili mentali, alcuni ridotti in quelle condizioni dalla droga. Al terminal, di fianco ai quartieri storici della laguna, i viaggiatori dell’autobus sette si dileguano in tutta fretta, incrociando silenziosi i grappoli di turisti le cui valigie a rotelle sobbalzano sul lastricato. Tutti migrano. Sulla terraferma solo gli autisti hanno attraversato gli immensi cantieri navali dove si costruiscono poco a poco le carene dei transatlantici da crociera per sogni di paccottiglia. Di notte i cantieri sono illuminati da migliaia di piccole luci. Il cielo notturno qui è precipitato a terra. Non si sa se sarà in grado di rialzarsi.

 

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Je suis invité par un festival de Poésie et vidéo, Congiunzioni; une douzaine de poètes et vidéastes italiens et de poètes de pays plus à l’est. Je reste ensuite un peu à Venise afin de poursuivre dialogue avec un des organisateurs, le jeune poète et architecte Giovanni Asmundo, et avec ses amis, architectes aussi, parmi lesquels Dario Lo Bello et Nicolas Moucheront; tous orientés vers l’histoire de l’art et de l’architecture, jeunes, très savants, extrêmement fins et observateurs, oeuvrant à l’Université d’architecture de Venise.

Ils me conduisent sans me le dire au départ vers la source impossible du signe, de la lettre. Source, est-ce tout simplement possible parmi ces eaux boueuses, ces bancs de limon que les vagues lentes recouvrent le plus souvent? Venise n’a pas de grand mythe originel, ni de figure démiurgique et/ou rebelle, tels Prométhée, Ulysse face à Polyphème, la Sibylle de Cumes à Naples, Aphrodite à Chypre, dont la sève remonte de profondeurs millénaires et nourrit encore la sensibilité collective et, d’une certaine manière, la forme et la fonction de la parole. Venise est l’élaboration astucieuse, élastique, raffinée et fourbe de grands marchands à l’estuaire des fleuves du versant sud des Alpes, le débouché des riches marchandises élaborées dans la plaine du Pô; à l’écart parmi les bancs fangeux, inaccessibles pour peu qu’une menace ennemie fasse ôter les pieux d’orientation dans le labyrinthe des chenaux, la république marchande regarde non vers un passé mythique mais vers le futur qui, pour elle, est commerce et commerce; et de même elle reçoit avec précaution les commerçants apportant du lointain des produits précieux. Le récit légendaire fondateur n’est pas son propre. Elle bâtit sur l’instable et l’annulable, sur l’échange de marchandises, très peu sur le rite et la reformulation d’une parole mythique permanente, quand bien même évolutive au fil des siècles. Certes elle réemploie les légendes européennes proches, mais avec prudence et douce ironie. Elle s’emploie à commercer. Les valeurs changent, le sfumato convient. A la place du grand mythe structurant, elle dresse l’image visuelle, repère physique dans l’espace, amer dans les brumes, leurre si un jour il le faut.

Le vaporetto nous débarque à Murano. L’église «San Pietro martire» porte à son flanc un grand tableau du Tintoret, deux mètres de large sur quatre ou cinq de haut. Tout y est sombre: un soir d’automne sur la lagune. Baptiste est en train de baptiser le Christ. Sauf le corps humain de Jésus, tout se tient à contrejour. En haut le dieu père est une masse volante où domine le carmin sombre; un ange bleu profond l’assiste. Sous eux, la colombe en contrejour. Encore un peu plus bas, à droite, le baptiseur très sombre et en bas au centre, en contrejour, le corps factice, épais, pâle de Jésus; son corps n’a pas vingt ans, mais au moins quarante. Peu importe la fiction incarnante, peu importe la pâleur grasse de cet homme-dieu. Ce qui compte, c’est la ligne noire qui sinue au long de ses épaules, de sa tête, au long de ses cuisses: une ligne noire, un trait de contrejour sur la lumière aveuglante du vide ou de l’absolu. Ce trait c’est lui qui nomme vraiment le Christ, c’est lui qui nomme et inaugure un éventuel récit épique, un mythe rebelle fondateur. Le début d’une écriture. Ce jeune dieu est le tracé d’une gigantesque majuscule, le début d’une lettre et d’un mot et d’une phrase. Mais Tintoret montre que ce trait noir se campe sur l’eau sombre, sur les roseaux souples, sur les bancs de végétation boueuse. Et déjà le récit s’arrête car par la mi hauteur à gauche du tableau descendent des anges qui vont vêtir le corps irréel de ce jeune dieu-lettre et peut-être le faire rentrer dans le monde opaque de ce qui non pas se dit, mais se fait et s’échange sur la lagune.

Sono stato invitato a un festival di Poesia e video, Congiunzioni, insieme a una dozzina di poeti e videoartisti italiani e di poeti provenienti da paesi più a oriente. Successivamente resto qualche tempo a Venezia per proseguire il dialogo con uno degli organizzatori, il giovane poeta e architetto Giovanni Asmundo, e con i suoi amici, anch’essi architetti, tra i quali Dario Lo Bello e Nicolas Moucheront; tutti interessati alla storia dell’arte e dell’architettura, giovani, molto colti, estremamente intelligenti e osservatori, operanti presso la facoltà di architettura dell’Università di Venezia.

Mi conducono, senza dirmi la meta alla partenza, verso la sorgente inverosimile del segno, della lettera. Ma è veramente possibile una sorgente tra queste acque fangose, tra questi ammassi di limo che le lente onde ricoprono abitualmente? Venezia non può vantare grandi miti originari, non ha figure demiurgiche e/o ribelli come Prometeo, Ulisse di fronte a Polifemo, la Sibilla di Cuma a Napoli, Afrodite a Cipro, la cui linfa risale da profondità millenarie e nutre ancora la sensibilità collettiva e, in un certo modo, la forma e la funzione della parola. Venezia è il frutto della pianificazione astuta, duttile, raffinata e subdola di grandi mercanti all’estuario dei fiumi del versante sud delle Alpi, il punto di approdo per le abbondanti merci prodotte nella pianura padana; isolata tra gli ammassi fangosi, inaccessibile non appena una minaccia nemica la spinge a togliere i piloni di orientamento nel labirinto dei canali, la repubblica mercantile guarda non a un passato mitico ma verso il futuro che, per lei, è commercio e solo commercio; e parimenti accoglie con precauzione i commercianti che portano da lontano mercanzie preziose. Il racconto leggendario fondatore non le appartiene. Costruisce sull’instabile e sul revocabile, sullo scambio di merci, ben poco sul rito e la riformulazione di una parola mitica permanente, quand’anche in evoluzione nel corso dei secoli. Di certo riadatta le leggende europee vicine, ma con prudenza e una garbata ironia. E’ tutta impegnata nei traffici. I valori cambiano, l’evanescenza le si addice. Al posto del grande mito strutturante, inalbera l’immagine visiva, punto di riferimento nello spazio, segnale marittimo nelle nebbie, inganno quando ne ha bisogno.

Il vaporetto ci sbarca a Murano. La chiesa di «San Pietro martire» ospita in posizione laterale un grande quadro del Tintoretto, due metri di larghezza su quattro o cinque di altezza. Un dipinto completamente scuro: una sera autunnale sulla laguna. Giovanni sta battezzando il Cristo. Tranne la figura umana di Gesù, tutto rimane in controluce. In alto il dio padre è una massa volante dove domina il carminio scuro; un angelo blu intenso lo assiste. Sotto di loro, la colomba in chiaroscuro. Ancora un po’ più in basso, a destra, il battista, molto cupo, e in basso, al centro, sempre in controluce, il corpo fittizio, massiccio, pallido di Gesù; un corpo che non ha vent’anni, ma almeno quaranta. E’ poco importante la finzione incarnata, così come il pallore grasso di questo uomo-dio. Ciò che conta veramente è la linea nera che serpeggia lungo le sue spalle, la sua testa, lungo le sue cosce: una linea nera, un tratto di chiaroscuro sulla luce accecante del vuoto o dell’assoluto. E’ questo tratto che designa veramente il Cristo, che indica e inaugura un possibile racconto epico, un mito di ribellione fondatore. L’inizio di una scrittura. Questo giovane dio è il tracciato di una gigantesca maiuscola, l’inizio di una lettera e di una parola e di una frase. Ma Tintoretto mostra che questo tratto nero campeggia sull’acqua scura, sui giunchi flessuosi, sugli ammassi di vegetazione fangosa. E già il racconto si arresta, perché a mezza altezza, a sinistra della tela, discendono degli angeli che vanno a rivestire il corpo irreale di questo giovane dio-lettera e forse a farlo rientrare nel mondo opaco di ciò che non si dice ma si fa e si scambia sulla laguna.

 

§§§

 

Nous nous rendons dans la même île à l’église Santi Maria et Donato. L’humidité remonte du sol, fonce la couleur des briques de bas de mur. La surface du pavement de mosaïque au sol de la nef ondule très légèrement. Des artisans ont déposé vers l’an mille de grosses tesselles colorées, parfois de pierres précieuses réemployées de l’Antiquité, ici et là des morceaux de colonnes en porphyre. Les piliers légers de la nef en montent, la grande vierge en mosaïque de l’abside aussi, mais ce qui se montre puissamment ici c’est le sol en mosaïque: une vaste et libre combinatoire de carrés et rectangles qui semblent le plus souvent abstraits; parfois des bribes d’allusions iconographiques à des légendes bibliques, mais partout ce sont comme des radeaux portés par un immense et jubilant kaléidoscope de couleurs fortes. Les artisans d’il y a mille ans se sont plu sans aucun doute à répandre par-dessus, bien par-dessus le sol limoneux l’agencement de ce grand jeu de cartes et de hasard. Qui prend forme géométrique parfois stable mais toujours courte et déjà annulée ou renversée par la forme d’un rectangle suivant. Il se trouve même parmi ces proliférantes surfaces orthogonales un étrange rectangle manifestant un chaos de tesselles, comme le ciel étoilé avant sa mise en ordre astronomique, puis de nouveau le sol de l’église montre tout le ciel en son profus ordre astronomique accouru se coucher, s’allonger sur le sol boueux de la lagune.

Soudain je vois mes trois compagnons jeunes architectes, Giovanni, Dario et Nicolas, accroupis examinant attentivement le sol, des accidents parmi la mosaïque, des marques de taille de la pierre. Ils regardent, ils parlent doucement, ils ne sont que concentration, très près du sol. Entre les interstices des tesselles remonte audible à leur très fine écoute, visible à leur très subtile intelligence autre chose, un bourdon du monde, un brouhaha du mouvement de flux et de reflux de la lagune, un bourdon de l’humanité qui travaille et va depuis des siècles et cherche sens et mouvement de sa propre vie entre profus estuaires de l’arc des Alpes et mondes plus lointains qui arrivent, précautionneusement, de la Méditerranée orientale, de Byzance, des Afriques blanche et noire, des Arabies et au delà. Quand ils se relèveront de leur écoute les jeunes architectes porteront sans doute leur réponse au besoin de bâtir, au besoin de transmettre, au besoin de porter quelques nouvelles planches, une autre boussole, un autre mât peut-être à la grande carène que nous n’en finissons pas de construire.

Nella stessa isola ci trasferiamo presso la chiesa dei Santi Maria e Donato. L’umidità risale dal suolo, scurisce il colore dei mattoni alla base dei muri. La superficie del pavimento a mosaico sul piano della navata ondeggia con estrema levità. Alcuni artigiani hanno deposto verso l’anno Mille grandi tasselli colorati, talvolta pietre preziose riutilizzate dall’antichità, qua e là dei pezzi di colonne in porfido. Da qui salgono i pilastri leggeri della navata, anche il grande mosaico della vergine nell’abside, ma ciò che appare in tutta la sua possanza è il suolo a mosaico: una vasta e libera combinazione di quadrati e rettangoli che sembrano prevalentemente astratti; talvolta frammentarie allusioni iconografiche alle leggende bibliche, ma ovunque sono come zattere trasportate da un immenso ed esultante caleidoscopio di intensi colori. Gli artigiani di mille anni fa si sono sicuramente compiaciuti mentre distribuivano sopra, ben al di sopra del suolo fangoso, la disposizione di questo grande gioco di carte e di casualità. Che prende forma geometrica talvolta stabile, ma sempre limitata e già annullata o rovesciata dalla forma di un successivo rettangolo. Si trova anche, tra queste proliferanti superfici ortogonali, uno strano rettangolo nel quale appare una caotica combinazione di tasselli, come il cielo stellato prima della sua sistemazione nell’ordine astronomico, poi di nuovo il pavimento della chiesa mostra l’intero cielo nel suo dinamico assetto astronomico che si corica, si distende sul suolo fangoso della laguna.

Ad un tratto vedo i miei tre giovani compagni architetti, Giovanni, Dario e Nicolas, che accovacciati esaminano con grande attenzione il pavimento, le irregolarità presenti nel mosaico, i segni del taglio della pietra. Guardano, parlano discretamente, sono completamente concentrati, vicinissimi al suolo. Tra gli interstizi dei tasselli risale, percepibile al loro finissimo ascolto, visibile alla loro acutissima intelligenza, qualcosa di diverso, un rimbombo cupo del mondo, un frastuono del moto di flusso e riflusso della laguna, un bordone dell’umanità che lavora e procede da secoli, cerca il senso e il movimento della propria vita tra i larghi estuari dell’arco delle Alpi e mondi più lontani che arrivano, con prudenza, dal Mediterraneo orientale, da Bisanzio, dall’Africa bianca e nera, dall’Arabia e oltre. Quando si rialzeranno dal loro ascolto, i giovani architetti porteranno con ogni probabilità la loro risposta alla necessità di costruire, di trasmettere, di aggiungere qualche nuova tavola, un’altra bussola, un altro albero maestro alla grande carena che non finiamo di realizzare.

 

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Nous allons plus loin sur la lagune. Accostons à l’île Sant’Erasmo. L’île, à ras de l’eau, n’est que végétation et lande parmi les proches bancs de limon. Le ciel s’assombrit. Nous décidons de tenter une première œuvre commune. Dire par quelques mots, quelques traces d’aquarelle, cet espace indéterminé. Sur un parapet de pierres claires quelques gouttes de pluie nous saluent puis s’en vont.

*

Ci dirigiamo più al largo sulla laguna. Facciamo scalo nell’isola di Sant’Erasmo. L’isola, a pelo d’onda, non è che vegetazione e brughiera in mezzo ai limitrofi banchi di fango. Il cielo si oscura. Decidiamo di tentare una prima opera in comune: dire con qualche parola, con qualche tratto di acquerello, questo spazio indefinito. Su un parapetto di pietre chiare uno sprazzo di pioggia ci saluta e si allontana.

 

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Mais déjà arrive un vaporetto qui nous débarque sur l’île voisine du Nouveau Lazaret. Les commerçants du passé et leurs marchandises y passaient une quarantaine sanitaire avant d’entrer dans Venise. Dans un vaste et très long entrepôt de briques les marchands en attente, leurs employés, leurs matelots ont laissé au mur ci et là leurs traces écrites à l’argile rouge s’ils savaient écrire, sinon leurs dessins, leurs sigles. Revient en mémoire l’aube de l’écriture il y a plus de cinq millénaires sur les tablettes des commerçants voyageurs de Sumer. Voyager et écrire pour commercer, mais ici dans l’attente et l’incertitude de la santé. La lagune accède au savoir des hommes par sa propre boue ocre qui signe le passage des lointains étrangers.

Intanto arriva un vaporetto che ci porta sull’isola vicina del Lazzaretto Nuovo. I commercianti del passato e le loro mercanzie vi trascorrevano una quarantena sanitaria prima di entrare a Venezia. In un largo e lungo magazzino in mattoni i mercanti in attesa, i loro lavoratori, i loro marinai hanno lasciato qua e là sul muro le loro tracce scritte in argilla rossa se sapevano scrivere, oppure i loro disegni, le loro sigle. Torna alla mente l’alba della scrittura, più di cinquemila anni fa, sulle tavolette dei mercanti viaggiatori sumeri. Viaggiare e scrivere per commerciare, ma qui nell’attesa e nell’incertezza per la salute. La laguna accede al sapere degli uomini attraverso il suo stesso fango ocra che segna il passaggio degli stranieri venuti da lontano.

 

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Sous le ciel de plus en plus chargé un dernier vaporetto nous reconduit à Venise. Dans le bruit du moteur et les roulements du tonnerre nous terminons notre premier quadriptyque en commun, en quatre exemplaires, un pour chacun.

*

Sotto un cielo sempre più coperto, un ultimo vaporetto ci riconduce a Venezia. Tra il frastuono del motore e il susseguirsi dei tuoni terminiamo il nostro primo quadrittico in comune, in quattro esemplari, uno a testa.

 

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Dans le calme du quartier Cannaregio l’église de la Madonna dell’Orto est grande et simple. Tintoret a entouré le chœur de tableaux dont deux gigantesques, à droite un Jugement dernier sombre, à gauche un Veau d’or en bas tandis qu’en haut Moïse reçoit sur le Sinaï les Tables de la Loi. Ici encore le peintre montre ce que Venise en lagune propose dans un balbutiement rauque. Dans la partie inférieure du tableau prolifère l’animisme, dans ses dimensions visuelles et presque tactiles, tant le veau sacrifiable indique la puissance concrète du sacrifice animiste en se transformant en statue d’or. Mais par-dessus une tenture horizontale et une nuée le ciel devient brusquement la lagune où nagent en contrejour, en apesanteur, des personnages, des nageurs qui apportent les deux tables du décalogue à Moïse nu, dont le corps est lui aussi décalé: il est encore d’un homme de la quarantaine alors que la légende de la traversée du désert en fuyant l’Egypte parle d’un vieillard fatigué et bègue qui répond à la convocation de son dieu unique et transcendant en haut du Sinaï. Moïse est un corps fictif, vide, translucide, qui va s’incarner sous l’effet de l’écriture qu’il va recevoir pour lui et pour son peuple. Les lettres bel et bien écrites sont incisées dans les tables de pierre qui, en contrejour toujours, voltigent dans les eaux de la lagune lumineuse devenue vapeur céleste, tandis qu’en bas du grand tableau se meut avec une solennité mondaine la prolifération de l’animisme, pure oralité.

Les deux gigantesques tableaux de Tintoret ici, en tout premier lieu celui dont je parle ici, sont les pendrillons dressés pour la grande scène de théâtre profane et religieux que la république des Doges, patriciens commerçants, joue dans son monde indéterminé. L’image est ce qui prend la place de la parole fondatrice, ce qui tolère la fluidité fuyante de la parole passant de l’oralité à l’écriture, mais déjà part s’égarer dans le jeu de la théâtralité rebelle où aucun dieu ni aucun héros ne peut être stable.

Nella quiete del quartiere di Cannaregio la chiesa della Madonna dell’Orto appare grande e semplice. Tintoretto ha circondato il coro di dipinti, tra cui due di notevolissime dimensioni: a destra, un Giudizio Universale oscuro; a sinistra, un Vitello d’oro, nella parte bassa della tela, mentre in alto Mosè riceve sul Sinai le Tavole della Legge. Anche qui il pittore mostra ciò che Venezia sulla laguna propone in un rauco balbettìo. Nella parte inferiore del quadro prolifera l’animismo, nelle sue dimensioni visibili e quasi tattili, al punto che il vitello da immolare indica la potenza concreta del sacrificio animista trasformandosi in una statua d’oro. Ma al di sopra di un drappo orizzontale e di uno sciame il cielo si trasforma repentinamente nella laguna dove galleggiano in chiaroscuro, in assenza di peso, dei personaggi, dei nuotatori che portano le due tavole del decalogo a Mosè, nudo, il cui corpo è anch’esso decentrato: è ancora quello di un uomo di una quarantina d’anni, mentre la leggenda della traversata del deserto durante la fuga dall’Egitto parla di un vecchio stanco e balbuziente che risponde alla chiamata del suo dio, unico e trascendente, sulla cima del Sinai. Mosè è un corpo fittizio, vuoto, trasparente, che va ad incarnarsi sotto l’effetto della scrittura che sta per ricevere per lui e per il suo popolo. Le lettere effettivamente scritte sono incise su tavole di pietra che, sempre in chiaroscuro, volteggiano sulle acque della laguna luminosa divenuta vapore celeste, mentre nella parte bassa della tela procede con una solennità tutta terrena la proliferazione dell’animismo, oralità pura.

Qui i due enormi dipinti di Tintoretto, in primo luogo quello di cui parlo, sono i sipari alzati sulla grande rappresentazione teatrale profana e religiosa che la repubblica dei Dogi, mercanti patrizi, mette in scena nel suo mondo indefinito. L’immagine è ciò che sostituisce la parola fondatrice, ciò che accetta la fluidità sfuggente della parola che passa dall’oralità alla scrittura, ma già corre a nascondersi nel gioco della teatralità ribelle dove nessun dio né alcun eroe può rimanere stabile.

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3 pensieri riguardo “Lettere dal fango”

  1. So di essere ripetitivo (e me ne scuso), ma continuo a ringraziare la Dimora per queste proposte e perché (questa è, almeno, la mia impressione) essa continua a offrire ai lettori progetti di scrittura molto diversi tra di loro per qualità e livello sia etico che storico – non trascurerò di sottolineare come quella di Yves Bergeret sia una ricerca da cui ognuno di noi, in umile silenzio, dovrebbe imparare. Su molte altre “scritture” preferisco tacere.

  2. Antonio carissimo, nel ringraziare Yves per l’intensità della sua ricerca e per il suo sforzo entusiasta di ri-creazione del mondo non saremo mai ripetitivi, credo! Cari saluti per tutti. Rinnovo i miei ringraziamenti a Francesco Marotta per le nuove traduzioni.

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