Il tratto che nomina (I,4)

Teatro che, loro e noi, ci recitiamo
da una parte all’altra del muro,
con questa lingua segreta dell’invisibile
che ci divide e ci unisce.

Yves Bergeret

Le trait qui nomme
Il tratto che nomina

 

I
La main qui ouvre

sixième séjour, août 2002

I
La mano che apre

sesto soggiorno, agosto 2002

 

Traduzione di Francesco Marotta.

 

4
Théâtre et personnage
Teatro e personaggio

Ce matin, je retourne à Nissanata: une heure de marche depuis Boni, le long de la grande falaise orange de la montagne de l’Ouest, qui s’appelle Banaga(1). Village très pauvre où vivent des Rimaïbé, c’est-à-dire des vassaux des Peul et même, jusqu’à il y a peu de temps, leurs esclaves. Mais les cultivateurs de Nissanata se sont organisés pour développer une remarquable activité de tissage: en saison sèche, on tisse, sur une bonne vingtaine de métiers en plein air, de grandes “couvertures” où des carrés de couleurs sont répartis en damier. Dans plusieurs maisons de terre de ce village j’ai vu certaines des plus remarquables peintures murales de la région: à l’évidence le signe graphique y tend vers l’écriture.

Stamattina ritorno a Nissanata: un’ora di cammino da Boni, costeggiando la grande falesia arancione della montagna a ovest, che si chiama Banaga(1). E’ un villaggio poverissimo dove vivono dei Rimaïbé, servi dei Peul e, fino a poco tempo fa, anche loro schiavi. Tuttavia i contadini di Nissanata si sono organizzati per sviluppare una notevole attività di tessitura: durante la stagione secca, si tessono, su una ventina di telai all’aperto, dei grandi drappi con quadrati colorati disposti a scacchiera. In parecchie case di terra di questo villaggio ho visto alcune tra le più pregevoli pitture murali della regione: in esse il segno grafico tende in modo evidente verso la scrittura.

Hama m’accompagne; si je ne me trompe pas, il ne connaît pas ce village. Je lui ai parlé des peintures que j’y ai vues. J’attends beaucoup de ces retrouvailles et espère convaincre un des peintres du village de commencer un travail avec moi; je n’ai pas, à l’avance, d’idée particulière sur ce que Hama va faire avec nous. Juste avant l’arrivée au village, le chemin longe le pied de l’éboulis tombé de la falaise; des enfants jouent en chantant. Hama insiste alors pour que nous montions dans les rochers voir un “sangaldé”; “c’est très beau, tu vas le voir”, insiste-t-il, “si, allons-y”. Nous ne venons pas ici pour chercher à voir cet animal dont il me semble comprendre, d’après les exhortations d’Hama, qu’il s’agit d’un grand oiseau rare à très longues plumes; il est vrai que plus haut dans une partie sans falaise de cette montagne j’ai vu courir des hardes de singes; c’est vrai qu’un peu plus haut des anciens de Nissanata il y a presque deux ans m’ont conduit jusqu’à une grotte secrète y voir des peintures murales très anciennes, dont ils m’ont peu à peu révélé quelques aspects, en particulier pour des rites Dogon de divination lorsque des Dogon habitaient encore à mi-pente de cette montagne.
A son sommet, l’an passé, j’avais fait une “installation” de poèmes sur des pierres beiges que j’y avais dressées. Cette montagne a décidément quelque pouvoir magique: le signe y court, la couleur y chante. Soudain, à grands cris les enfants, nous indiquent de monter encore un peu vers ce gros rocher marron, là, encore un peu plus haut. Hama court de rocher à rocher: “oui, le “sangaldé” est là, viens vite”. Il est tapi au pied du rocher, je le découvre à mon tour: un énorme porc-épic, sans doute affolé, qui remue à peine et ébouriffe ses très longs piquants noirs et blancs. Hama est totalement émerveillé; l’animal, mais aussi Hama m’émerveillent; cette montagne où courent les merveilles et les légendes m’émerveille.

Hama mi accompagna; se non mi sbaglio, non conosce questo villaggio. Gli ho parlato delle pitture che vi ho visto. Mi aspetto molto da questi incontri e spero di convincere uno dei pittori del villaggio a iniziare un lavoro con me; non ho, per il momento, un’idea precisa di ciò che Hama farà insieme a noi. Poco prima dell’entrata nel villaggio, la strada rasenta la parte inferiore della frana caduta dalla falesia; dei bambini giocano cantando. Hama insiste allora affinché saliamo tra le rocce per vedere un «sangaldé»; «è splendido, devi andare a vederlo», ripete; «va bene, andiamoci». Non siamo venuti qui per cercare di vedere questo animale che, a quanto mi pare di capire dalle esortazioni di Hama, deve essere un grande uccello raro dalle lunghissime piume; è vero che più in alto, su un versante privo di falesia di questa montagna, ho visto correre dei branchi di scimmie; è vero che ancora un po’ più in alto, quasi due anni fa, degli anziani di Nissanata mi hanno condotto fino a una grotta segreta a vedere delle pitture murali antichissime, delle quali un po’ alla volta mi hanno svelato qualche particolare, soprattutto la relazione con i riti Dogon di divinazione, quando alcuni Dogon abitavano ancora a metà del pendio della montagna.
Sulla sua cima, l’anno scorso, avevo realizzato una «installazione» di poemi su alcune pietre brune che avevo disposto in posizione verticale. Questa montagna ha decisamente qualche potere magico: il segno vi corre, il colore vi canta. Improvvisamente, con grandi grida, i bambini ci fanno cenno di salire ancora verso una grande roccia marrone, lassù, ancora un po’ più in alto. Hama corre di roccia in roccia: «sì, il sangaldé è là, vieni, presto». L’animale è annidato alla base della roccia, ora lo vedo anch’io: un enorme porcospino, indubbiamente impaurito, che si muove a fatica e agita i suoi lunghissimi aculei neri e bianchi. Hama è completamente sbalordito; l’animale, ma anche Hama, non finiscono di stupirmi; questa montagna dove circolano meraviglie e leggende mi stupisce.

Lorsque, redescendant, nous entrons entre les maisons du village, on me reconnaît; l’accueil est chaleureux. Un ancien, particulièrement noble et aimable, vient à ma rencontre. C’est lui qui avait pris l’initiative de me conduire dans la grotte aux peintures anciennes tout là-haut. Salutations, thé, salutations encore; je reconnais plus d’un tisserand, certains enfants; beaucoup sont nus, parfois en piètre santé. Je présente Hama. Bientôt on me conduit, avec Hama, revoir les intérieurs de quelques maisons peintes que j’aime tant. Oui, elles sont toujours aussi belles. Dans une maison on a curieusement ajouté des points rouge vif au milieu des effigies humaines blanches peintes sur un fond très noir: pourquoi? Hama écarquille, enthousiasmé, ses yeux. Le fils de l’ancien si noble nous invite à boire le thé chez lui. Il s’appelle Yacouba Tamboura, Tamboura comme presque tous les habitants de Nissanata; aussi noble que son père, extrêmement souriant, son visage exprimant une grande bonté en même temps qu’une réserve élégante. On nous sort, devant la maison de Yacouba, une natte de paille, signe d’honneur: nous nous y asseyons, déchaussés, pour boire le thé. Yacouba, cependant, nous dit d’entrer un moment dans la maison. Un saisissement: elle est entièrement peinte. Je n’y étais encore jamais entré. Près du plafond de branchages, des mouchetis très denses de points bleus, blancs, noirs, ocres et gris; plus bas ce que je comprends immédiatement être des portails en claie ajourée d’enclos à bétail, figurés ici en sortes de peignes blanc crème; plus bas encore, sur une très large bande horizontale, tout un peuple de signes blancs, noirs ou marrons sur un fond presque rose: des outardes et des pintades, des arbustes, des bœufs, des éléphants, des silhouettes de personnages, des signes sans doute abstraits: toute une foule heureuse, aérée, où rien ne se presse ni ne se bouscule, allant toujours vers la gauche. Rythme léger et noble, traits simples allant de leur amble généreux sur le mur, comme j’imaginerais un chant polyphonique roulant parmi les pentes de la montagne entre “sangaldé” et singes, alors qu’en bas les cris et les jeux des enfants rebondissent. La maison de Yacouba est une véritable splendeur. Nous sortons boire le thé, Hama et moi parlons à Yacouba de sa peinture. Il répond peu, gardant son large et si beau sourire. Je sens que je peux enfin lui proposer de réaliser avec moi une bannière poème-peinture. Silence. Puis Yacouba dit à voix douce que c’est un peu difficile à faire. Silence. Il ajoute que ce n’est pas lui qui a peint ici. Silence.

Quando, ridiscendendo, entriamo tra le case del villaggio, mi riconoscono; l’accoglienza è calorosa. Un anziano, particolarmente distinto e cordiale, mi viene incontro. E’ lui che aveva preso l’iniziativa di condurmi nella grotta dalle antiche pitture là in alto. Saluti, tè, ancora saluti; riconosco più di un tessitore, alcuni bambini; molti sono nudi, talvolta in pessime condizioni. Presento Hama. Ben presto mi conducono, insieme a Hama, a rivedere gli interni di qualche casa dipinta che amo particolarmente. Sì, sono sempre veramente belle. In una casa hanno curiosamente aggiunto dei punti rosso vivo in mezzo alle effigi umane bianche dipinte su un fondo nerissimo: per quale ragione? Hama sgrana i suoi occhi per l’entusiasmo. Il figlio dell’anziano così distinto ci invita a bere il tè a casa sua. Si chiama Yacouba Tamboura, Tamboura come quasi tutti gli abitanti di Nissanata; signorile quanto il padre, estremamente sorridente, con un viso che esprime una grande bontà e nello stesso tempo una elegante riservatezza. Sistemano per noi, davanti alla casa di Yacouba, una stuoia di paglia, segno di onore: vi ci sediamo, scalzi, per bere il tè. Yacouba, tuttavia, ci invita ad entrare un momento nella casa. Una grandissima emozione: è completamente dipinta. Non vi ero mai entrato prima. Vicino al soffitto di ramaglie, degli intonaci costellati di punti blu, bianchi, neri, ocra e grigi; più in basso qualcosa che capisco subito rappresentare delle cancellate traforate di graticcio per recinti di bestiame, raffigurate qui in guisa di pettini bianco crema; ancora più in basso, su una larghissima banda orizzontale, una moltitudine di segni bianchi, neri o marroni su un fondo quasi rosa: dei trampolieri, delle faraone, degli arbusti, dei buoi, degli elefanti, dei profili di personaggi, dei segni senza dubbio astratti: tutta una folla felice, ariosa, dove niente si ammassa o si urta, disposta verso sinistra. Ritmo leggero ed eminente, tratti semplici che si muovono con generosa andatura sul muro, come mi immaginerei un canto polifonico riecheggiante lungo i pendii della montagna tra «sangaldé» e scimmie quando dal basso rimbalzano le grida e i giochi dei bambini. La casa di Yacouba è un vero splendore. Usciamo a bere il tè, Hama ed io parliamo a Yacouba della sua pittura. Risponde poco, conservando il suo largo e così bel sorriso. Sento che posso finalmente proporgli di realizzare con me un drappo poema-pittura. Silenzio. Poi Yacouba dice con voce calma che è una cosa un po’ difficile da realizzare. Silenzio. Aggiunge che non è lui l’autore di quei dipinti. Silenzio.

Je lui demande si je peux entrer à nouveau dans la maison: mais oui. Mais d’où vient donc une peinture si heureuse, si unie, si inventive? Yacouba me permet de la photographier. Je propose alors que nous en reportions au crayon les dessins sur le papier: “oui, tu peux”. Hama, Mohamed, un jeune Tamashek de Boni qui écrit de très beaux poèmes et qui vient de nous rejoindre, se partagent les pages d’un cahier d’écolier que je leur propose et dessinent. C’est la première fois qu’Hama dessine sur le papier. Longs moments studieux où Hama, Yacouba, Mohamed et moi, assis sur la terre battue, parlons peu, regardons, regardons la danse des signes sur les quatre murs. Quelque chose de ces signes, quelque chose de cette danse vient dans nos yeux, vient dans nos têtes, une joie silencieuse et profondément heureuse. Au bout de longues demi-heures, je prends cependant la parole pour dire que j’aimerais tant écrire sur un tissu les mots du poème qui iraient avec la danse de ces signes merveilleux. Très simplement, Yacouba et Hama sont aussitôt d’accord pour qu’Hama s’inspirent de ces signes: qu’une œuvre naisse par et avec ces signes, une œuvre heureuse et libre dont l’origine nous est encore mystérieuse. “Revenons après-demain”, propose Hama, qui doit entre-temps cultiver ses parcelles à Boni. C’est alors que Yacouba nous dit que ces peintures sont réalisées par les femmes, non pas une femme, mais les femmes, qui s’accordent lors de certaines fêtes du village pour repeindre ensemble les murs de plusieurs maisons où elles passent en cortège: création collective itinérante. Ces jours-ci, les femmes sont aux champs ou autour du puits et rien ne se passera avec elles.

Gli chiedo se posso entrare di nuovo nella casa: me lo concede. Da dove viene dunque una pittura così festosa, così compatta, così inventiva? Yacouba mi permette di fotografarla. Chiedo allora se possiamo riportarne a matita i disegni su carta: sì, è possibile. Hama, Mohamed, un giovane Tamashek di Boni che scrive dei bellissimi poemi e che ci ha raggiunti, si dividono le pagine di un quaderno scolastico che gli porgo e disegnano. E’ la prima volta che Hama disegna sulla carta. Lunghi momenti di studio nei quali Hama, Yacouba, Mohamed ed io, seduti sulla terra battuta, parliamo poco, guardiamo e riguardiamo la danza dei segni sulle quattro mura Qualcosa di questi segni, qualcosa di questa danza entra nei nostri occhi, entra nelle nostre teste, una gioia silenziosa e profondamente serena. Trascorso un certo lasso di tempo, dico tuttavia che mi piacerebbe molto scrivere su un tessuto le parole di un poema che si accorderebbero con la danza di questi segni meravigliosi. Yacouba e Hama, molto semplicemente, concordano anzitutto sul fatto che Hama tragga ispirazione da questi segni: che un’opera nasca per mezzo e con questi segni, un’opera felice e libera la cui origine ci è ancora sconosciuta. «Ritorniamo dopodomani», propone Hama, che nel frattempo deve coltivare i suoi appezzamenti a Boni. E’ allora che Yacouba ci dice che quelle pitture vengono fatte da donne, non una donna, ma le donne, che si accordano durante certe feste del villaggio per ridipingere insieme i muri di parecchie case presso le quali passano in corteo: una creazione collettiva itinerante. In questi giorni le donne sono impegnate nei campi o intorno al pozzo e non sarà possibile realizzare niente con loro. […]

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(1) Note de novembre 2010: le nom de cette montagne change selon l’ethnie de celui qui la nomme, ou Banaga, ou Zuku, ou Kongori, etc.

(1) Nota del novembre 2010: il nome di questa montagna cambia secondo l’etnia di chi la nomina, Banaga, o Zuku, o Kongori etc.

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3 pensieri riguardo “Il tratto che nomina (I,4)”

  1. Quando si dice che la letteratura moltiplica le possibilità di vita di ognuno. Bergeret ci porta a sintonizzarci verso la sua profonda umanità. E ci insegna il mondo. Nino

    1. Cher Nino Iacovella, je vous prie de m’excuser de vous répondre en français.

      Tout d’abord je vous remercie.
      En particulier parce que vous saisissez en quelques mots une dimension essentielle, je crois, de ce qui s’est passé là-bas il y a à peine plus de quinze ans. La région était une mosaïque d’au moins six ethnies en paix. (La guerre du grand banditisme djihadiste la ravage actuellement). Il y a quinze ans je partageais là-bas totalement la vie des habitants les plus pauvres. Nissanata est un village d’esclaves de Peul. L’écriture n’y existe pas. Le monde des objets matériels accumulés et de la reproduction mécanique des objets n’existe pas. Ce qui fait ce monde sans objet et dont, en plaine, le socle est le sable, c’est la parole et la parole seule. Les métiers à tisser de la saison sèche étaient très petits et extrêmement sommaires, quelques branchettes et c’est tout. Mais toute la dignité et l’identité humaines, tout le lien et le fonctionnement de cette communauté n’existaient que par et dans la parole. Même si la traditionnelle réserve peul (la “pulaku”, qui se perçoit ici très bien dans l’attitude de Yacouba) prévalait, la moindre phrase était un acte et bâtissait l’espace et la personne. La parole la plus dense pouvait être celle du maître, mais on ne le voyait quasiment jamais ; la parole la plus dense était celle que psalmodiait en l’ornant Soumaïla Goco (souvent présent sur la Dimora del tempo sospeso) ; elle était performative et dynamiquement appréciée. Autrement tout dit, dans cette oralité, tout était littérature : l’humanité était littérature, c’est-à-dire parole consciente mettant en forme éthique le réel, l’espace, la personne et les liens entre tous.

      Or ce que j’écris en langue française et ce que, à son tour, Francesco Marotta écrit magnifiquement dans la langue italienne, vient se resserrer, s’isoler, se mettre à distance dans, justement, cette écriture qui court constamment le risque de perdre son humanité. Le risque de devenir un objet esthétisant, narcissique, consommable, dans un monde desséché où s’accumulent à la place de la parole des objets reproduits à l’infini.

      Je voudrais absolument que notre prose écrite, celle de Marotta, la mienne, restent fidèles à l’humanité de l’oralité.

      Yves Bergeret

  2. Non c’è rischio; l’umanità resta legata alla parola scritta, al vento e al sale che la porta fino a noi rendendoci parte di essa. L’umanità è nella parola che si posa, che parla e che, quando arrriva all’altro, crea spazio, legame, narrazione, e dunque letterature.
    Qualsiasi uso si possa fare di tale narrazione esso non spezzerebbe il cerchio che esiste tra parola e umanità.

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