Il tratto che nomina (VII, 4)

Yves Bergeret

Le trait qui nomme
Il tratto che nomina

 

VII
La peau, l’eau

Remarques sur le onzième séjour au Mali, août 2004

VII
La pelle, l’acqua

Note sull’undicesimo soggiorno nel Mali, agosto 2004

 

Traduzione di Giuseppe Zuccarino.

 

4
Le damier d’action
Peintures dans la maison de Hamidou

Une des grandes surprises de ce séjour est l’ensemble des nouvelles peintures qu’Hamidou a faites chez lui. Il me les montre dès le premier jour. Je retourne ensuite souvent les regarder et les analyser, autant que possible, dans sa maison.

Sur le mur immédiatement à droite de la porte d’entrée, en haut de celui-ci, une curieuse frise, à peu près horizontale: Hamidou la présente comme la figuration des grands poèmes-peintures sur tissu de cinq mètres de large et d’un et demi de haut que nous réalisons depuis trois ans sur les grandes dalles de Bonodama, juste à côté du village, ou sous le grand baobab le plus proche; et ce sont toujours des sortes de fêtes de l’amitié et de la joie, dans un plaisant brouhaha des peintres et de leurs proches, en somme une sorte de cérémonie collective où ensemble les peintres, devancés et guidés par mes mots et par mon geste physique de les peindre, dansent littéralement au sol sur le tissu, avec leurs mains et leurs bras, l’incarnation de leurs signes graphiques, jusqu’à ce que, au bout d’une heure ou deux, la grande œuvre collective soit enfin présente, belle, complexe, allant et rythmée sous le grand ciel.
Hamidou a peint sa frise au mur comme une sorte de filet à larges mailles, dont les poissons, si c’en était, sont des louches faites en demi calebasses qu’il a figurées elles aussi. Etrange peinture, comme posée en palimpseste sur la peinture précédente; le grand tissu de cinq mètres, sorte d’écharpe jetée en travers de l’espace, sorte de filet jeté en travers de l’horizon de l’art que Hamidou ne cesse de rapprocher puis d’éloigner puis de rapprocher sur les murs de sa maison. De l’extrémité inférieure droite de sa frise, Hamidou a peint l’ondulation, qui se développe ensuite parallèlement au tissu vers la gauche, et qui figure, dit-il, le vent. Vent, enfant du poème-peinture.

La grande surprise, et elle est vraiment monumentale, se trouve sur le mur face à la porte d’entrée. Ce mur, qui portait déjà en palimpseste quatre étapes de peintures, très différentes les unes des autres, Hamidou l’a entièrement (sauf tout en haut) recouvert d’une couche légère et pourtant très présente de blanc. Un énorme oiseau, de profil et tourné vers la gauche, debout sur ses pattes qu’il croise, porte sur son dos un “génie”, celui-ci peint de face mais sans jambes : le “génie” lève un bras pour poser sa main sur la tête de l’oiseau. Une large auréole noire coiffe sa tête. De sa bouche sort en belle diagonale épaisse le vent tumultueux. A gauche, sous la tête de l’oiseau, la paume d’une main posée, juste elle, et ses doigts écartés, en aplat noir. A la gauche de cette main le cou et la tête d’un autre oiseau, plus petit, tourné vers le premier et, immédiatement au dessus de lui, c’en est à se demander s’il n’est pas posé sur l’oiseau, un taureau noir. Du poitrail de celui-ci un bras sort, peut-être symétrique au bras que le génie tend sur le grand oiseau. Au dessus de la tête du grand oiseau et de celle du taureau, à la limite du fond blanc, qui n’atteint pas le plafond de la pièce, Hamidou a peint un cercle que se partagent en six portions de cercle égales le noir et le blanc: un ballon, si j’en crois la manière dont les peintres représentent habituellement les ballons. Mais ce cercle-sphère est aussi mille autres éléments aux formes rondes; et d’ailleurs je crois que la femme d’Hamidou est à nouveau enceinte.
L’aspect mythique de ces nouveaux motifs me frappe. Mais je remarque en même temps qu’Hamidou a introduit un peu partout des mots qu’il sait maintenant écrire en lettres latines, avec des caractères “bâtons”, dans une orthographe beaucoup plus phonétique qu’exacte; il s’agit de mots et même parfois de phrases courtes en toro tegu ou en français. Je lis ainsi ces mentions:
Le vent / Merci Yves / Le bal (sans doute pour le ballon) / Les larmes de l’oiseau / La main / La langue / La parole / Yves Hamidou merci le toko la parole /
et d’autres encore que j’ai de la difficulté, non pas à déchiffrer, mais à comprendre.
Hamidou s’est donc rendu maître de la graphie de la lettre latine. Presque du mot. Ses graphies sont toujours horizontales. Leurs emplacements sont francs, parfois larges, toujours sur le fond blanc. Hamidou a ainsi réalisé seul, sans le poète, ce qui est peut-être son premier poème-peinture mural.

Mais voici encore plus étonnant. A l’extrémité gauche de ce mur, Hamidou a composé un damier vertical de vingt-quatre cases, par rangées horizontales de trois et colonnes verticales de huit. Il a donc recomposé, en plus condensé, le damier originel de ses murs, large et si beau, que j’avais découvert en 2001. Rouge, blanc, noir sont les seules couleurs qu’il y utilise. Comme dans les toutes premières peintures que j’ai vues dans la région. Comme celles tracées, peut-être tout simplement au doigt, sur le plafond de l’auvent de Bonsiri. […]

 

 

4
La scacchiera d’azione
Pitture nella casa di Hamidou

Una delle grandi sorprese di questo soggiorno è l’insieme di nuove pitture che Hamidou ha fatto a casa sua. Me le mostra fin dal primo giorno. Torno poi spesso lì a guardarle e analizzarle, per quanto possibile.

Nella parte alta del muro che si trova immediatamente a destra della porta d’ingresso, c’è un curioso fregio, quasi orizzontale: Hamidou lo presenta come la raffigurazione dei vasti poemi-pitture su tessuto, larghi cinque metri e alti uno e mezzo, che realizziamo da tre anni a questa parte sulle grandi lastre di Bonodama, proprio a lato del villaggio, oppure sotto il grande baobab più vicino; produrle è sempre una festa dell’amicizia e della gioia, in mezzo allo scherzoso chiasso dei pittori e dei loro parenti, insomma una specie di cerimonia collettiva in cui i pittori, preceduti e guidati dalle mie parole e dal gesto fisico che compio nel dipingerle, fanno letteralmente danzare al suolo sul tessuto, con le mani e le braccia, l’incarnazione dei loro segni grafici, fino a che, dopo una o due ore, la grande opera collettiva sia infine presente, bella, complessa, briosa e ritmata sotto il grande cielo.

Hamidou ha dipinto il suo fregio sul muro come una sorta di rete a maglie larghe, nella quale i pesci sono dei mestoli fatti con mezze zucche, anch’esse raffigurate. Strana pittura, come sovrapposta a palinsesto su quella precedente; il grande tessuto di cinque metri, specie di sciarpa gettata di traverso sullo spazio, specie di rete gettata di traverso sull’orizzonte dell’arte, che Hamidou non smette di allontanare e riavvicinare sui muri della propria casa. Dell’estremità inferiore destra del fregio, Hamidou ha dipinto l’ondulazione, che si sviluppa poi verso sinistra parallelamente al tessuto, e che raffigura, dice lui, il vento. Vento, figlio del poema-pittura.

La grande sorpresa, ed è davvero monumentale, si trova sulla parete di fronte alla porta d’ingresso. Questa parete, che recava già a palinsesto quattro fasi di pittura, molto diverse le une dalle altre, Hamidou l’ha ricoperta per intero (tranne la parte che sta proprio in alto) con uno strato leggero, e tuttavia ben presente, di bianco. Un enorme uccello, di profilo e volto verso sinistra, eretto sulle zampe incrociate, porta sul dorso un “genio”, dipinto frontalmente ma senza gambe; il “genio” alza un braccio per posare la mano sul capo dell’uccello. La sua testa ha una larga aureola nera. Dalla bocca si sprigiona, in una bella e spessa diagonale, il vento tumultuoso. A sinistra, sotto il capo dell’uccello, c’è in tinta unita nera il palmo di una mano posata, da sola e con le dita aperte. A sinistra di tale mano, si vedono il collo e la testa di un altro uccello, più piccolo, girato verso il primo e, subito al di sotto (tanto che ci si chiede se non sia sovrapposto all’uccello) un toro nero. Dal pettorale del toro sporge un braccio, forse simmetrico a quello che il genio tende sull’uccello grande. Sopra le teste di quest’ultimo e del toro, al limite del fondo bianco, che non arriva fino al soffitto della stanza, Hamidou ha dipinto un cerchio, suddiviso in sei porzioni bianche e nere; un pallone, se si pensa alla maniera in cui di solito i pittori raffigurano i palloni. Ma questo cerchio-sfera è anche mille altri elementi dalle forme arrotondate; e d’altronde credo che la moglie di Hamidou sia di nuovo incinta.

Mi colpisce l’aspetto mitico di questi nuovi motivi. Ma al tempo stesso noto che Hamidou ha introdotto un po’ ovunque delle parole, che ora egli è capace a scrivere in lettere latine, con dei caratteri “ad aste” e un’ortografia assai più fonetica che esatta; si tratta di parole, e a volte anche di brevi frasi, in toro tegu o in francese. Leggo così queste scritte:
Il vento / Grazie Yves / Il ballo (senza dubbio per indicare la palla) / Le lacrime dell’uccello / La mano / La lingua / La parola / Yves Hamidou grazie il toko la parola /
e altre ancora che stento non a decifrare, ma a capire.
Hamidou si è dunque impadronito della grafia della lettera latina. E quasi anche della parola. Le sue scritture sono sempre orizzontali. La loro collocazione sulla parete è decisa, talvolta larga, sempre sul fondo bianco. Hamidou ha così realizzato da solo, senza il poeta, quella che è forse il suo primo poema-pittura murale.

Ma c’è qualcosa di ancor più sorprendente. All’estremità sinistra della parete, Hamidou ha composto una scacchiera verticale di ventiquattro caselle, disposte in file orizzontali di tre e in colonne verticali di otto. Ha dunque ricreato, in versione più condensata, la scacchiera originale dei suoi muri, larga e così bella, che avevo scoperto nel 2001. Per farlo, ha utilizzato tre soli colori: rosso, bianco e nero. Come nelle primissime pitture che ho visto nella regione. Come quelle tracciate, forse semplicemente col dito, sul soffitto della tettoia di Bonsiri. […]

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Le damier d’action

La scacchiera d’azione

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