Rauco in noi un linguaggio


Jean-Charles Vegliante
Rauco in noi un linguaggio

Interno Poesia, 2021

Traduzione e cura di
Mia Lecomte


Papiers entassés là, stratifications
de mots dans les tranches d’ombre, repentirs
d’où émerge parfois une source vive
un temps couverte, oubliée, qui tout à coup
émeut la poussière du bureau où l’on
relit sans reconnaître mais leur emprise
était une demeure depuis toujours.
Vous prenez alors un cahier neuf ligné
ou à carreaux, laissant par timidité
la première page blanche et recopiant
comme autrefois “au propre” les quelques bouts
de quelque chose qui deviendra peut-être
si l’on peut dire ça – un poème – ou bien
vont rester là perdus, bientôt orphelins.

. . .

Cumuli di carte là, stratificazioni
di parole nei tagli d’ombra, pentimenti
da cui a volte emerge una fonte viva
un tempo coperta, dimenticata, che a un tratto
commuove la polvere dello scrittoio dove si
rilegge senza riconoscere ma la loro tenuta
era dimora da sempre.
Prendi allora un quaderno nuovo a righe
o a quadretti, lasciando per pudore
bianca la prima pagina e ricopiando
come un tempo “in bella” alcuni estremi
di qualcosa che diventerà forse
se si può dire – una poesia – oppure
resteranno là perduti, presto orfani.

*

Carnet chinois


Une mésange s’effraie dans la fenêtre
Son reflet ou cet homme ?
la main qui écrit lente derrière

Sous le visage qu’on croise dans le soir
écho d’un souvenir
d’autres visages jamais revus

Ainsi de l’amour après le premier jour
goûter le soleil qui meurt
derrière la pudeur d’une nue

Exténuants appels aux premières heures
De petits êtres cherchent
ceux dont la nuit les a séparés

La lune est énorme et fragile posée
sur une ligne d’or
qui commence à entamer déjà

son disque pâle presque disparaissant
comme un reste de savon
dans l’eau.

En rêve la rencontre de Xin Qiji
pas si âgé que ça
nous ne comprenons pas nos langues

Si les doigts du sage désignent la lune
c’est pour qu’on ne voie pas
que les mains ont fondu dans l’ombre

L’esprit survit-il dans l’amante mémoire
de quelques (au moins)-uns
ou seul un geste une odeur ces mots ?

Quand le vent secoue comme un fétu les tours
d’humains que l’eau emporte
à quoi sert d’embrasser la beauté ?

Il dit : tu ne désespères pas de ce qui est
là menaçant
mais de ce que nous sommes

Ceux qui sont derrière marchent sur les ombres
abaissent contre terre
vain combat

. . .

Quaderno Cinese


Un passero nella finestra si spaventa
Il suo riflesso o quest’uomo?
la mano che dietro scrive lenta

Sotto il volto incontrato nella sera
eco di un ricordo
d’altri volti mai rivisti

Così dell’amore dopo il primo giorno
godere del sole che muore
dietro il pudore di una nube

Appelli estenuanti alle prime ore
Piccoli esseri che cercano
coloro da cui la notte li ha divisi

La luna è enorme e fragile posata
su una linea d’oro
che già comincia a scalfire

il suo disco pallido sparendo quasi
un residuo di sapone
nell’acqua.

In sogno l’incontro con Xin Qiji
neppure tanto vecchio
non capiamo le nostre lingue

Se il dito del saggio designa la luna
è perché non si vedano
le mani dissolte nell’ombra

Sopravvive lo spirito nell’amorosa memoria
di qualche(almeno)duno
o solo un gesto un odore queste parole?

Quando il vento scuote come un fuscello le torri
di umani che l’acqua trascina
a che serve abbracciare la bellezza?

Dice: non disperi per ciò che sta
là minaccioso
ma per quello che siamo

Chi viene dietro marcia sulle ombre
inclina a terra
vano combattere

*

Habiter l’invisible


Si tu écoutes longtemps
les petits bruits qui fait la demeure
un bruissement bas
continu en dessous
t’emmènera au monde répudié

. . .

Abitare l’invisibile


Se a lungo ascolti
i piccoli rumori emessi dalla casa
un fruscio basso
continuo sottostante
ti consegnerà al mondo ripudiato

*

L’urne où étaient quelques cendres
avec les parfums de ta langue
est brisée. La pluie détrempe
les os futurs du corps de gloire.
Recoller les tessons – traduire…
                                                  tout est silence
                                                  sous les paroles
                                                   étrangères

. . .

L’urna dov’erano alcune ceneri
con i profumi della tua lingua
è rotta. La pioggia imbeve
future ossa del corpo glorioso.
Rincollare i frammenti – tradurre…
                                                       tutto è silenzio
                                                       sotto le parole
                                                       straniere

*

Tout ce que tu peux écrire est effacé
par le crépuscule qui tombe sur vous
parmi les conciliabules vains des hôtes
de cet hôtel dont nul ne détient la clef
Mais la douceur déchirante des feuillages

. . .

Tutto ciò che puoi scrivere è cancellato
dal crepuscolo che scende su di voi
tra i vani conciliaboli degli ospiti
di questo albergo per cui nessuno ha chiave
Ma la straziante dolcezza del fogliame

*

Ici des nomades se pressent le long
du fleuve qui est un canal sans rivage
mais sur le quai les tentes de couleur poussent
et à de certaines heures
                                                      on se bouscule
autour de l’unique point d’eau où vient boire
un merle aussi, très tôt le matin, nuages
d’insectes, détritus, valises cassées,
et partout l’odeur d’une fatigue immense.
Au loin quelque verdure fait qu’on repense
comme une gêne passagère aux forêts
harcelées de mouches, déjà menacés
refuges des enfants, des bêtes en fuite,
des graines que le soleil dessèche.
                                                                            La nuit
longue se tord comme un serpent écorché.

. . .

Nomadi qui si accalcano lungo
il fiume che è un canale senza riva
ma crescono sull’argine le tende colorate
e in alcune ore
                                  ci si spinge
all’unico punto d’acqua cui si abbevera
anche un merlo, di primo mattino, nugoli
di insetti, detriti, valige rotte,
e l’odore ovunque di un’immensa fatica.
Il poco verde di lontano ci resuscita
come un disturbo di passaggio foreste
infestate da mosche, già minacciati
ricoveri di bambini, bestie in fuga,
sementi disseccate al sole.
                                                            La notte
lunga si torce come un serpente scuoiato.

*

Sonnet de la petite faim

Je prends la force du chou nue verte brume,
son silence de poing refermé. La chaste
mie tiède encore, si la tranche de pain
est assez large – il fallait franchir la gueule
du four, aller à tâtons dans la pénombre
«tant qu’on était assez petit» pour les miches
oubliées le long de parois courbes
– fond
sous la dent, et j’aime savoir toute proche
peur passée la docilité d’une viande…
Rares miettes d’un festin qu’on imagine
toujours ailleurs, chez le voisin, avec d’autres
convives que nous ne connaîtrons jamais.
Le repas touche à sa fin, le dessert rêve.
Je bois le soleil pourpre du vin du sud.

. . .

Sonetto del languorino


Traggo forza dalla nuda verza brumosa
il suo silenzio a pugno chiuso. La casta
mollica ancora tiepida, se il tocco di pane
è sufficiente – bisognava superare la bocca
del forno, avanzare tentoni nella penombra
«finché eravamo tanto piccoli» per i pezzi
dimenticati lungo le pareti curve
– si scioglie
sotto i denti, e mi piace sapere ogni vicina paura
passata, la docilità d’una carne…
Briciole rare di un banchetto che si immagina
sempre altrove, da un vicino, con altri
commensali che non conosceremo mai.
Il pasto volge al termine, il dessert sogna.
Bevo il sole porpora del vino del sud.

*

Après

Ce matin aussi, Dieu, Grande
Mère, ou qui d’autre, Lapin
écorché, je vous supplie
de nous oublier – négligeables
et las de subir, de contempler
l’inutile beauté, d’avoir
mal, n’avez-vous pas mieux
à faire –
                    entre vous dans la cour du ciel ?

. . .

Dopo

Anche stamani, Dio, Grande
Madre, o chi altro, Coniglio
scuoiato, Vi supplico
di dimenticarvi di noi – trascurabili
e stanchi di subire, di contemplare
l’inutile bellezza, di provare
dolore, non avete di meglio
da fare –
                     tra di voi nella corte del cielo?

*

Affleure en nous des fois un rauque langage
d’avant, ou bien est-ce une ultime concorde
avec les tristes qui au sol ou dans l’air
nous fuient en criant vainement quelque chose
que nul ne comprend (ni eux-mêmes) – la horde
depuis lors abolie y vibre… et se perd
à nouveau – lastou, merlé, paccod surnagent
puis plus rien, ombres et bêtes silencieuses
sont reparties dans le trou du mur, les lames
du plancher, les creuses bastides du crâne.
Une langueur comme un écho y repose.

. . .

Affiora a volte rauco in noi un linguaggio
d’un tempo, o meglio concordia finale
con i tristi che a terra o nell’aria
rifuggono gridando vanamente qualcosa
che nessuno comprende (neppure loro stessi) –
lì vibra l’orda da allora abolita… e si perde
di nuovo – lastu, merlé, paccod galleggiano
poi più niente, ombre e bestie silenziose
sono ripartite dal foro nel muro, le assi
del pavimento, il casolare cavo del cranio.
Un languore vi riposa come un’eco.

*

(Au fond de moi est un animal sauvage
qui a été blessé à mort une fois
et ne survit, si ça s’appelle survivre,
qu’en se protégeant, me séparant des êtres
chers, vivants et disparus, ou qui voudraient
le devenir – je suppose –, mais on ne
peut pas raisonner le petit solitaire,
compenser l’injustice d’avant les mots.

Avant est un mot illusoire, il n’avance
à rien qu’à avancer notre marche au rien,
quand on ne se retrouve plus sous le vent
d’abordage, le bon courant qui te tient
dressé aux aguets, prêt à accueillir
à mordre à baiser cette ombre du beau.)

(…caler la voile et rouler les cordage, Inferno XXVII)

. . .

(Dentro di me è un animale selvaggio
che una volta fu ferito a morte
e non sopravvive, se sopravvivere può dirsi,
che proteggendosi, separandomi dai cari
esseri, viventi e scomparsi, o che vorrebbero
diventarlo – suppongo –, ma non si può
far ragionare il piccolo solitario,
supplire al torto prima delle parole.ù

Prima è una parola illusoria, non conduce a
nient’altro che a condurre i nostri passi al niente
quando non ci si ritrova più sotto al vento
dell’approdo, la corrente buona che ti tiene
dritto all’erta, pronto ad accogliere
a mordere a baciare quest’ombra di bellezza.)

(…calar le vele e raccoglier le sarte, Inferno XXVII)

*

… ou bien c’est comme en soi noyée de silence
une autre créature qui se retourne
sur le noir où elle ne sait pas qu’elle est :
elle continue de disparaître au noir
sans pouvoir toucher ni sentir ni comprendre
quel corps la maintient dans son interne geôle
avant l’éponge, l’animal, la conscience
que nous pourrions avoir l’un de l’autre en paix.

Mais cela tressaille à peine sous la vague
de lave qui siffle en si visible haine
du fond des souffrants qui ne le savent pas,
impassibles lézards humains d’une autre ère ;
et ça retourne vite au sommeil des grès ;
je ne sais plus ce qui bruit dessous leur langue.

. . .

… o meglio è come in sé annegata di silenzio
un’altra creatura che si rivoltola
nel nero dove non sa di essere:
non cessa di sparire dentro al nero
senza poter toccare sentire comprendere
quale corpo la tenga nel carcere interiore
prima della spugna, l’animale, la coscienza
che potremmo avere l’un dell’altra in pace.

Ma questa sussulta appena sotto l’onda
di lava che sibila in tanto odio palese
dal fondo di sofferenze inconsapevoli,
impassibili lucertole umane di un’altra era;
e subito è di nuovo un sonno d’arenarie;
non ricordo del brusio sotto la loro lingua.


Poeta e traduttore, Jean-Charles Vegliante è stato professore e direttore di ricerca presso la Sorbonne Nouvelle di Parigi e si è occupato criticamente di poetica, traduzione e più ampiamente di ricezione e transfert culturali. Nato a Roma ed emigrato ancora bambino in Francia, bilingue, la sua poesia colta e musicale, raffinata e compassionevole, è il risultato della combinazione della migliore tradizione poetica dei due paesi. È “intreccio e collisione” dei due sistemi linguistici e poetici, come ha scritto Giovanni Raboni: «un poeta che viene da una grande tradizione come quella francese, ma anche, contemporaneamente, da una grande tradizione come quella italiana: esse risultano in qualche modo intrecciate, come se una filtrasse dentro l’altra, e interagisse con l’altra non in momenti successivi, ma in una sorta di compenetrazione assoluta». Il presente volume, curato da Mia Lecomte in occasione del conferimento del Premio Ceppo Internazionale Poesia “Piero Bigongiari”, raccoglie una scelta di testi dalle ultime tre raccolte di Vegliante pubblicate in Francia e alcuni inediti.

. . .

Mia Lecomte (Milano, 1966) è una poetessa e scrittrice italiana di origine francese. Tra le sue pubblicazioni più recenti si ricordano: la silloge poetica Al museo delle relazioni interrotte (2016); la raccolta di racconti Cronache da un’impossibilità (2015); e il libro per bambini Gli spaesati/Les dépaysés (2019). Le sue poesie sono state tradotte in diverse lingue e pubblicate all’estero e in Italia in numerose riviste e antologie; e nelle raccolte For the Maintenance of Landscape. (2012. Trad. Johanna Bishop e Brenda Porster), Nuda proprietate (2020. Trad. Eliza Macadan) e Là où tu as ton corps (2020. Trad. Éric Sarner e Roméo Fratti. Prix Khoury Ghata 2021). Traduttrice dal francese, svolge attività critica ed editoriale nell’ambito della letteratura transnazionale italofona, a cui ha dedicato alcune antologie e il saggio Di un poetico altrove. Poesia transnazionale italofona (1960-2016) (2018). È redattrice del semestrale di poesia comparata «Semicerchio», de «La Traductière», rivista del festival anglo-francese di poesia, e collabora all’edizione italiana de «Le Monde Diplomatique». Nel 2017, con altri studiosi e scrittori attivi tra Francia e Italia, ha fondato l’agenzia letteraria transnazionale Linguafranca. È ideatrice e membro della Compagnia delle poete.

3 pensieri riguardo “Rauco in noi un linguaggio”

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